Carnets du ghetto de Varsovie

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Une des questions les plus controversées autour de l'extermination des Juifs d'Europe concerne le rôle des Judenrâte, ces conseils de notables juifs nommés par les Allemands pour assurer l'administration des ghettos et des communautés. Les carnets rédigés de septembre 1939 à juillet 1942 par l'ingénieur Adam Czerniakôw, président de la communauté juive de Varsovie, sont un témoignage extraordinaire sur cette réalité tragique.</br> Rien de ce qui constitue la vie publique mutilée du peuple juif de Varsovie n'échappe à ses notations. La persévérance admirable des activités religieuses, économiques et culturelles du ghetto trouve en Czerniakôw à la fois un organisateur dévoué et un historien scrupuleux. S'il n'omet jamais de mentionner les actes de terreur perpétrés par les Allemands au cours de ces années, ce qui scande les pages du journal, c'est la lutte quotidienne pour la vie et la dignité dans une atmosphère de chantage et de famine sciemment organisée par le système de rationnement nazi.</br> C'est quand il comprend enfin ce que signifie l'ordre d'expulsion de milliers d'habitants du ghetto qu'on lui demande de signer - et qui s'applique également aux enfants, dont le sort lui tient particulièrement à coeur - que Czerniakôw tire le bilan de ses illusions et de son impuissance tragique et met fin à sa vie en juillet 1942. La préface de Raul Hilberg - le plus grand spécialiste mondial de la Shoah - et Stanislaw Staron éclaire le contexte socio-historique et la signification morale d'un texte qui constitue un document exceptionnel pour l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et un aperçu bouleversant sur l'énigme de ce que Hannah Arendt a appelé la «banalité du mal ».</p>

« Ce document exceptionnel est l'inexorable descente aux enfers des Juifs, la relation quotidienne d'une mort inéluctable, avec son cortège de misères, de tragédies, de bassesses, d'héroïsme. » ACTUALITÉ JUIVE</p>

« Avec la traduction en français des carnets d'Adam Czerniakôw [...] c'est une pièce maîtresse de la "bibliothèque de la catastrophe" qui devient enfin accessible au lecteur français. » LE MONDE</p>

285 pages

Edition : 2003