Harvey : Le capitalisme contre le droit à la ville

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Que peut bien vouloir dire « droit à la ville » ?</br> Cette interrogation est
indissociable d’une multitude d’autres questions. Quelle ville voulons-nous ? Quel genre de personnes voulons-nous être ? À quelles relations
sociales aspirons-nous ? Quelle vie quotidienne trouvons-nous désirable ?
Quelles valeurs esthétiques défendons-nous ? Quel rapport à la nature souhaitons-nous promouvoir ? Quelles technologies jugeons-nous appropriées ? </br>Le droit à la ville ne se réduit ainsi pas à un droit d’accès individuel aux ressources incarnées par la ville : c’est un droit à nous changer nous-mêmes en changeant la ville de façon à la rendre plus conforme à nos désirs les plus fondamentaux.</br>
C’est aussi un droit plus collectif qu’individuel, puisque, pour changer la ville, il faut nécessairement exercer un pouvoir collectif sur les processus d’urbanisation. Il importe dans cette perspective de décrire et d’analyser la manière dont, au cours de l’histoire, nous avons été façonnés et refaçonnés par un processus d'urbanisation toujours plus effréné et étendu, animé par de puissantes forces sociales et ponctué de violentes phases de restructurations urbaines par « destruction créative », ainsi que par les résistances et les révoltes que ces restructurations suscitaient.</br>
On saisira alors toute l’actualité de la thèse d’Henri Lefebvre : le processus urbain étant essentiel à la survie du capitalisme, le droit à la ville, autrement dit le contrôle collectif de l’emploi des surplus dans les processus d’urbanisation, doit devenir l’un des principaux points de focalisation des luttes politiques et de la lutte des classes. (Cet essai est une version développée et enrichie d’un article publié dans La Revue Internationale des Livres et des Idées n° 9, janvier-février 2009.)</br>

David Harvey enseigne l’anthropologie à l’université de New York. En 1969, il publie Explanation in Geography, qui devient rapidement un ouvrage central de la géographie scientifique. Figure majeure de la théorie sociale, il est reconnu comme celui qui a intégré la dimension géographique à l’analyse marxiste du capitalisme. Il est notamment l’auteur de Géographie de la domination (Les prairies ordinaires, 2008) et Géographie et capital. Vers un matérialisme historico-géographique (Syllepse, 2010).</p>
95 pages
édition : août 2011