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Sociologie du travail


  • (Artous dir). Marx : Le travail et l'émancipation textes choisis

    Pour qui veut tenter de comprendre les phénomènes sociaux liés au travail, il est encore essentiel de se plonger dans Marx. Les débats sur ce terrain, théoriques ou politiques, depuis trente ans le montrent bien. Les tenants de la libération par le travail en même temps que ceux qui veulent libérer l'homme du travail se réfèrent à Marx. Un choix de textes exhaustif de Marx sur le travail serait immense.
    Nous avons choisi en parallèle avec le livre de Bruno Trentin, et donc en décalage aussi, le lien entre travail et émancipation. Marx a multiplié les textes, analysant les bouleversements du travail portés par le développement du capital jusqu'à son époque et dans un avenir envisagé par lui.
    Le travail de type artisanal est remplacé par un " travailleur collectif " et d'une division du travail totalement structurés par le capital. Le point d'arrivée est le " machinisme " qui transforme les producteurs en simple appendices de la machine. Ainsi, en suivant les progrès du capitalisme et du mouvement ouvrier, il empruntait souvent de nouvelles voies critiques, remaniant sans cesse sa pensée, des premiers textes des Manuscrits de 1844 jusqu'à la Critique du programme de Gotha, en passant par les pages inspirées des Grundrisse et du Capital.
    Le développement du taylorisme semble illustrer ces analyses. Les formes ont pu évoluer, mais la domination du capital sur la production reste marquée par un mouvement de dépossession de l'intelligence des salariés, mouvement nécessaire à la mise en oeuvre d'un procès de production devenu collectif.
    L'émancipation du et par le travail reste donc toujours à l'ordre du jour. Mais, comme Marx le soulignait déjà, la réduction du temps de travail peut permettre un développement du " temps libre " : d'un même mouvement le travail s'émancipe du capital, et le travailleur s'émancipe du travail.

    Tables des matières :
    Introduction d'Antoine Artous sur Marx :
    le travail et la question de l'émancipation : émanciper le travail et s'émanciper du travail.
    Textes de Marx :
    extraits des Manuscrits de 1844,
    les Grundrisse,
    textes du Capital,
    textes de la critique du programme de Gotha,
    et d'autres textes.

    édition : septembre 2016

    12,00 €
  • Beaud Pialoux : Retour sur la condition ouvrière

    Que sont devenus les ouvriers ? Objet de toutes les attentions depuis la révolution industrielle jusqu'aux années 1980, les travailleurs d'usine n'intéressent plus grand monde après l'échec du projet communiste et l'effondrement de leurs bastions industriels. Brisée dans son unité, démoralisée, désormais dépourvue de repères politiques, méprisée par ses enfants. la classe ouvrière vit un véritable drame - à l'écart des médias. Les ouvriers continuent pourtant d'opposer avec un succès relatif certaines de leurs traditions de résistance à la dynamique qui les détruit. Cette remarquable enquête, sensible et documentée, fait toute sa place à la parole ouvrière pour rendre hommage à ces hommes et à ces femmes dont la dignité est aussi imposante que celle dont firent preuve leurs parents à l'heure des victoires. Treize ans après sa première édition, alors que le monde ouvrier n'en finit plus de subir l'impact dévastateur de ce capitalisme financiarisé dans le cadre duquel une petite minorité de puissants actionnaires dicte sa loi aux managers et aux peuples, cet ouvrage n'a rien perdu de son actualité. Il permet de comprendre la réalité ouvrière d'aujourd'hui et peut servir de garde-fou contre la dénégation plus ou moins subtile de son existence dans l'espace public. 490 pages édition augmentée en poche : mars 2012

    15,50 €
  • Benanav Aaron : L'automatisation et le futur du travail

    Intelligence artificielle, robots, big data, machine learning : l’automatisation semble sur le point de changer la face du monde et de mettre fin au travail humain. C’est du moins ce que s’entendent à dire les techno-futuristes de la Silicon Valley et les technophobes les plus critiques. Aaron Benanav pense au contraire que nous donnons trop de poids à l’automatisation dans nos discours par rapport à son influence réelle. Selon lui, la crise de l’emploi ne s’explique pas en vertu de l’automatisation de l’économie, mais par le ralentissement de la croissance mondiale. S’il n’y a pas lieu d’attendre des technologies qu’elles nous libèrent du travail et de la misère, où donc placer nos espoirs ? Contre les propositions de revenu universel qui auraient vocation à entretenir une humanité devenant tendanciellement inutile, Benanav fait le rêve audacieux d’une société d’abondance, fondée sur la conquête de l’appareil productif et le partage du travail nécessaire. édition : Divergences 2022

    15,00 €
  • Beynel Robert : La raison des plus forts, chroniques du procès de France-Télécom

    Le 6 mai 2019 s'est ouvert le procès France Télécom. Didier Lombard, ex-président du groupe, comparaissait aux côtés de son ancien bras droit, Louis-Pierre Wenès, et de l'ex-directeur des ressources humaines Olivier Barberot pour des faits de harcèlement moral ayant conduit à de multiples suicides entre 2007 et 2010. Au premier rang des parties civiles, le syndicat Sud Solidaires, à l'origine de la plainte contre la direction de l'entreprise en 2009.
    Porte-parole du syndicat, Eric Beynel a lancé une démarche éditoriale inédite de suivi du procès conviant chaque jour une personnalité (scientifique, écrivain, chercheur, artiste), à écrire ou dessiner un "rapport d'étonnement" . Ces contributions ont été mises en ligne quotidiennement par le syndicat, en collaboration avec le journal en ligne Basta. Qu'ils soient écrits par un auteur de polar ou un juriste, ces textes dégagent une incroyable puissance.
    En mettant en scène ces chroniques, ce livre propose un véritable objet de littérature, chaque audience constituant un épisode haletant, une plongée dans l'espace ritualisé, tragique, du tribunal, dans la salle 2. 01 du palais de Justice flambant neuf de la porte de Clichy. A gauche le camp des avocats des parties civiles, à droite celui des prévenus, qui déborde d'avocats, deux fois plus nombreux.
    Au centre des débats, des hommes, des femmes immolés, défenestrés sur leurs lieux de travail, pendus à leur domicile... Les dirigeants de France Télécom paraissant patauger dans leurs explications, et leurs contradictions...

    édition : juin 2020

    21,90 €
  • Bouquin Stephen : La valse des écrous, travail capital et action collective dans l'industrie automobile

    Les voitures encombrent les villes et les routes, tandis que des groupes industriels de stature mondiale s'affrontent pour préserver ou accroître leurs parts de marché. La Valse des écrous présente les conditions réelles de cette concurrence au sein du secteur de l'automobile, depuis longtemps un laboratoire d'innovations managériales et technologiques et qui garde une place de première importance dans les statistiques économiques. L'auteur envisage les liens entre les transformations du travail, l'accumulation du capital et l'action collective. Il réexamine les réalités contemporaines à partir des modèles d'analyse de l'industrie automobile et passe en revue les débats sur la lean production et les «modèles productifs». Il analyse la rationalisation productive et notamment la manière dont se mettent en place l'automatisation, le travail en groupe (teamwork), les organisations du temps de travail et la flexibilité. Autant de «nouveautés» sont le signe de fortes contradictions que la permanence d'oppositions et de résistances, latentes ou ouvertes, met en lumière. Malgré un rapport de forces défavorable aux collectifs de travail, l'action collective des ouvriers de l'automobile continue à agir et à peser sur les décisions du management. Parmi les enquêtes et les études de terrain qu'il a menées durant une dizaine d'années, Stephen Bouquin s'est plus particulièrement attaché à présenter les enjeux des transformations du travail chez Renault Véhicules Industriels, dans la banlieue de Caen, et chez Volkswagen, en Belgique. Stephen Bouquin est historien et sociologue, chercheur au laboratoire CNRS Georges Friedmann (Université Paris I) et maître de conférences à l'Université Picardie Jules Verne. 310 pages édition : mai 2006

    23,33 €
  • Cockshott : Une histoire du travail, de la préhistoire au XXIè siècle

    Pourquoi les êtres humains ont-ils un jour décidé de cultiver la terre ? La révolution industrielle aurait-elle pu se produire sous l'Empire romain ? L'agriculture du Moyen Âge était-elle peu efficace ? Le capitalisme stimule-t-il vraiment le progrès scientifique ? Voici quelques-unes des questions simples et étonnantes auxquelles ces pages apportent des réponses parfois inattendues. Alliant l'histoire des sociétés, de l'économie et des sciences, Paul Cockshott élabore une histoire de l'humanité qui débute au temps de la révolution néolithique et s'achève en s'interrogeant sur une future ère post-énergies fossiles. Défendant une vision matérialiste de l'histoire, la richesse de cet ouvrage réside dans son analyse historique vaste et détaillée qui bouscule nos idées reçues sur les sociétés passées et actuelles. Illustré de nombreux schémas, photographies, graphiques et tableaux, ce livre s'adresse aux lecteurs de tous horizons du simple curieux au spécialiste. édition : novembre 2022

    26,00 €
  • Coutrot : Libérer le travail

    La moitié des Français expriment un mal-être au travail. Une organisation néo-taylorienne soumise au rendement financier est en train de détruire notre monde commun. Cette machine à extraire le profit écrase le travail vivant : celui qui mobilise notre corps, notre intelligence, notre créativité, notre empathie et fait de nous, dans l'épreuve de la confrontation au réel, des êtres humains.
    Contre les « réformes » néolibérales du travail, on a raison de lutter. Mais pour défendre les conquêtes du salariat et prendre soin du monde, il nous faut repenser le travail. Nous avons besoin d’un souffle nouveau, d’un « avenir désirable ». La liberté, l’autonomie, la démocratie au travail, doivent être replacées au cœur de toute politique d’émancipation.
    La gauche politique et syndicale a trop longtemps privilégié le pouvoir d’achat au pouvoir d’agir dans le travail. Paradoxalement, les innovations dans ce domaine sont d’abord venues des managers : « l’entreprise libérée » inspire des initiatives patronales souvent futiles et parfois stimulantes. Des consultants créatifs proposent des modèles « d’entreprise autogouvernée » plus audacieux que les rêves autogestionnaires les plus fous. Mais surtout, des expériences multiples fleurissent un peu partout inspirées du travail collaboratif, du care, de la construction du commun, qui sont autant d’écoles d’une démocratie refondre.
    Et si on libérait le travail, vraiment ? C’est possible : ce livre en fait la démonstration !
    Thomas Coutrot est économiste et statisticien du travail. Il a été porte-parole d’Attac et co-fondateur des Économistes atterrés.

    édition : mars 2018

    20,00 €
  • Cukier : Le travail démocratique

    Cet ouvrage propose de répondre au problème d’un possible « travail démocratique » : comment associer une démocratisation des activités productives et une production de nouvelles institutions démocratiques ?
    Sur la base d’analyses empiriques du monde du travail contemporain, il montre que la démocratisation intégrale des activités dans l’entreprise est socialement légitime, théoriquement concevable et politiquement nécéssaire. Il analyse le sens démocratique de la critique ordinaire du travail, et questionne les modèles pour concevoir un travail démocratique, ainsi que ses enjeux politiques, qui concernent notamment le droit du travail, les luttes féministes et la transition écologique.
    Enfin, il examine les expérimentations (coopératives, autogestionnaires, conseillistes) de démocratie dans l’entreprise, et propose à la discussion des voies institutionnelles qui permettraient de mettre le travail au service non pas de l’accumulation capitaliste mais de la démocratisation de la société.

    édition : décembre 2017

    24,00 €
  • Curie Raymond : Le travail social à l'épreuve du néo-libéralisme

    Dans les années 70 on a beaucoup parlé de contrôle, dans les années 80 et 90 est apparu le mot partenariat, avec les années 2000 il est de plus en plus question d'intervention. Alors où en est le travail social à l'heure actuelle ? Peut-il s'adapter aux évolutions des politiques libérales ? Ne seraient-ce pas ses formes de contrôle qui ont changé ? Pour l'instant, c'est la rationalisation des choix budgétaires qui domine dans les différents services, associations et institutions du secteur. Comme l'a expliqué longuement Pierre Bourdieu, le développement d'une mondialisation globalisée exige deux orientations principales : tout d'abord, une ouverture de tous les secteurs, y compris les services publics, à la logique du marché et de la concurrence, mais en parallèle, une répression accentuée avec une logique de pénalisation des problèmes sociaux. Deux logiques différentes apparaissent au niveau du secteur social dans les pratiques : l'intervention sociale et le travail social. Les gouvernements qui se sont succédé au pouvoir depuis le milieu des années 80 ont soutenu de plus en plus une logique d'intervention sociale plus intéressante au niveau économique, basée sur la compétence, le transitoire, le suivi, la logique de service avec un travail en direction d'une population et en s'adressant surtout aux symptômes des problèmes. Alors que les professionnels du travail social défendent toujours la qualification, le long terme, l'accompagnement, la relation d'aide avec un travail articulant l'individuel et le collectif et en recherchant les causes des problèmes. Avec la loi de rénovation sociale de 2002, la première logique tend à se développer dans toutes les branches du secteur social, alors comment réagir en tant que professionnel du social, quelles priorités défendre ? Ce livre tente d'y répondre en articulant réflexions théoriques et réalités de terrain. Raymond Curie est sociologue et formateur à l'Institut de travail social de Lyon / Caluire ainsi qu'à l'Université Lyon II (Sciences de l'éducation et Sociologie) dans le cadre d'un partenariat pédagogique. Il collabore à plusieurs revues d'informations et de recherche sur l'actualité sociale. Parution avril 2010, 152 pages

    15,00 €
  • Dejours : Conjurer la violence, travail, violence et santé

    TABLE AVERTISSEMENT 7 TERMINOLOGIE 9 La violence 9 La violence justifiable ? 12 La santé 1 4 L'emploi et le travail 1 CHAPITRE PREMIER. Travail, emploi et santé 17 Le travail : une épreuve pour la subjectivité 18 Travail et reconnaissance 20 Reconnaissance et santé mentale 22 Centralité du travail et sous-emploi 23 Défaut de reconnaissance du travail et psychopathologie 24 Violence et entente 26 CHAPITRE II. Violence, travail et emploi 30 La violence comme instrument du pouvoir dans le monde du travail 30 Le harcèlement sexuel, 31 - Violence, apprentissage et bizutage, 31. - Travail clandestin et sous-traitance, 32 La violence sociale et ses incidences sur les activités de service 34 Incidences du chômage sur la violence des adolescents et des jeunes gens, 35. - Les cibles de la violence sociale, 37. - Les réactions à la violence, 42. - Responsabilité de l'organisation du travail dans l'aggravation de la violence des usagers, 46 CHAPITRE lII. Quand la violence est une conséquence des rapports sociaux de travail 50 La violence « coutumière » 51 Inégalité, iniquité et genèse de la violence dans le travail 54 Les conséquences de la violence sur la santé de victimes 58 Violence et santé des auteurs de la violence 59 Problèmes pratiques 60 CHAPITRE IV. Comment la violence se déclenche dans le travail 63 La réduction des effectifs 63 Les « réformes de structure », les restructuration et les « concentrations » La flexibilité 67 La pression exercée par l'évaluation individualisée des performances 67 L'évaluation, 67. - La qualité totale, 69. - Pathologies post-traumatiques et pathologies de la peur, 70 Le travail clandestin 71 CHAPITRE V. Quelles conditions favorisent la conjuration de la violence ? 74 La responsabilité politique 74 La politique de l'emploi, 75. - La législation du travail, 75 Les conditions de la coopération et 1 espace de discussion 77 La responsabilité des dirigeants d entreprises 81 La responsabilité des organisations syndicales et des organismes paritaires 83 Un exemple a contrario : l'affaire Malèvre et la violence contre les malades 84 Travail et culture 89 Travail et espace public 89 CHAPITRE vI. Le traitement de la violence au travail .. 92 Traiter les conséquences de la violence 94 La victimologie, 94. - Les dispositifs assurantiels, 95. - La gestion du stress, 95. - La psychopathologie du travail, 96. - Les consultations « souffrance et travail », 97 Les interventions dans l'entreprise : Les CHSCT, 97. - Le service de santé au travail, 100 - L'inspection du travail, 101. - Les services spécialis"s dans la prévention et le traitement de la violenne. 101 Les interventions à 1 extérieur de l'entreprise : Le travail social, 102. - Le droit du travail, 103 - La police, 106. - Les prisons, 110. - Le travail et l'emploi CHAPITRE VII. Préconisations Mieux connaître le phénomène de la violence . Les besoins en matière de développement des connaissances, 113. - Investigations qualitatives ou quantitatives?114. - Structurer le milieu de recherche, 115 -Autres voies pour la recherche, 117 Agir sur les causes de la violence Orientations, 119. - Obstacles, 120. Agir à l'intérieur de l'entreprise, 125 Agir à l'extérieur de l entrerprise ANNEXES Violence, emploi et santé chez les travailleurs sociaux, par Brigitte BOUQUET 131 Le non-emploi 131 L'enquête du Conseil supérieur du travail social auprès de 20 000 travailleurs sociaux 135 Les violences subies directement, 135. - Les violences institutionnelles, 136 La victimologie, par Jean-Jacques CHAVAGNAT Le vécu traumatique Les conduites à tenir- La dissociation post-traurftatique L'état de stress aigu post-traumatique L'état de stress post-traumatique Particularités cliniques selon la nature et la durée du processus de victimation L'évaluation clinique initiale Prise en charge en victimologie Le debriefing Les groupes de parole La chimiothérapie L'hypnose La désensibilisation et le retraitement par mouvements oculaires (MDR) Les prises en charge psychothérapiques Comment le travail peut-il conjurer la violence ?, par Nicolas FRIZE 145 Le travail en prison : état des lieux 145 Le surveillant travailleur, 145. - Le détenu travailleur, 146 L'expérience du Studio du temps à la centrale de Saint-Maur 148 Les figures psychopathologiques de la culpabilité objective, par Lise GAIGNARD 151 Madame Discrimination 155 Violence de l'organisation du travail et retournement de la violence contre soi, par Dominique HUEZ 172 Histoire médicale de M. Sanshistoire 173 Éléments postérieurs à la dernière consultation médicale de médecine du travail du 29 mars 2000 de M. Sanshistoire 176 Synthèse médicale 179 Constats du médecion du travail pour l'année 2000 182 Le droit et la violence au travail, par Michel MINÉ ... 185 Les causes du développement de la violence à travers l'isolement du salarié 185 Les réponses du droit 187 Retour sur l'affaire Malèvre, par Michel Zaoul 191 Vulnérabilité, par Jean-Michel CHAUMONT 194 La vulnérabilité ou des vulnérabilités ? 198 Case n° 1: vulnérabilité avouable liée aux conditions de travail 203 Case n'2 : vulnérabilité inavouable liée aux conditions de travail 204 Case n'3 : vulnérabilité avouable liée à des situations de travail 208 Case n'4 : vulnérabilité inavouable liée à des situations de travail 209 Face aux vulnérabilités : les stratégies de défense et leurs ambivalences 211 Un cas de violences au travail, par Marie GRENIER-PEZÉ 226 Harcèlement moral, violence ou domination ? Santé mentale au travail et action, par Jean-Claude VALETTE _ 277 Deux histoires de cas individuels 278 Une histoire de cas collectif' 280 Le harcèlement moral : l'« objet et l'effèt » 281 Le « harcèlement moral » qui a « pour objet » 282 Le « harcèlement moral » qui a « pour effet » 283 La caractérisation de l'organisation du travail à l'œuvre dans le « harcèlement moral » 284 À propos de la violence en situation de sous-emploi : récit et tentative d'analyse, par Emmanuel RENAULT Des hypothèses étiologiques dans les trois cassusceptibles d'être du « harcèlement moral » 285 L'action en santé mentale au travail, ou la prévention du risque psychosocial : un dispositif compréhensif et de négociation collective 288 L'accueil des personnes 289 Glossaire, par Éric HAMItAOUI 292 BIBLIOGRAPHIE 303 DE LA COMMISSION 309 320 pages édition : septembre 2007

    9,70 €
  • Dejours : L'Evaluation du travail à l'épreuve du réel, critique desfondements de l'évaluation

    Selon l'esprit du temps, tout, en ce monde, serait évaluable. Ce qui se dérobe à l'évaluation serait donc suspect de collusion avec la médiocrité ou l'obscurantisme. Le travail n'échappe pas à cette logique et son évaluation objective est à la base des nouvelles méthodes de gestion, de management et d'organisation du travail. Pourtant, l'investigation clinique du travail suggère qu'une part essentielle de l'activité humaine relève de processus qui ne sont pas observables et résistent donc à toute évaluation objective. Source de difficultés qui augmentent la charge de travail, l'évaluation des performances a aussi des effets pervers (sentiments d'injustice ou conduites déloyales entre collègues). Il se pourrait qu'une bonne part de la souffrance et de la pathologie mentale dans le monde du travail soit liée aux nouvelles formes d'évaluation...................... Après des études de médecine, médecine du travail, ergonomie, psychiatrie, psychanalyse et psychosomatique, ainsi qu’une formation à la recherche (Action RESACT : Recherche sur l’Amélioration des Conditions de Travail — DGRST), a entrepris des recherches sur les frontières de la psychanalyse, avec les sciences biologiques et avec les sciences sociales................ 85 pages édition : mars 2003

    9,50 €
  • Dejours : Suicide et travail : que faire?

    Pourquoi le travail conduit-il certains d'entre nous à se suicider ? Que signifient ces actes, quel message adressent-ils à ceux qui restent ? Que s'est-il passé dans le monde du travail pour que des suicides soient perpétrés jusque sur les lieux du travail ? En quoi consistaient les protections qui permettaient naguère de conjurer ce fléau ? Que faire après un suicide ? Quelles investigations convient-il de mettre en oeuvre pour élucider les étapes du processus conduisant à la mort ? Quelles transformations de l'organisation du travail peut-on envisager pour reconstruire le tissu social et les solidarités sans lesquelles il n'y a pas de prévention du suicide possible ? Ce livre rassemble les principales données cliniques et théoriques sur le suicide au travail. Prenant appui sur une intervention menée après plusieurs suicides sur un même site, les auteurs proposent une série de principes sur lesquels il est possible de fonder une action rationnelle 130 pages édition : septembre 2009

    12,50 €
  • Dejours : Travail vivant 1 : Sexualité et travail

    Aliénation, suicide : on sait que le travail peut produire le pire. Mais qu'il puisse aussi générer le meilleur, qu'il puisse être facteur d'accomplissement de soi et d'émancipation, une majorité de gens en doutent encore. C'est pourtant la voie explorée dans ce livre magistral qui propose, grâce à une nouvelle théorie du travail, de penser politiquement l'organisation de celui-ci.

    Ce premier volume analyse les rapports entre travail, corps et sexualité. Il montre que le travail de production est une épreuve pour la subjectivité tout entière d'où peuvent émerger de nouvelles habiletés, à la condition toutefois que cette épreuve soit relayée par un deuxième travail, de soi sur soi, ou de transformation de soi.

    Parution janvier 2013
    Poche | 224 pages.

    9,15 €
  • Dejours : Travail vivant 2 : Travail et émancipation

    Autre volet de la nouvelle théorie du travail proposée par Christophe Dejours, ce livre montre que l'organisation du travail a des incidences qui vont bien au-delà du seul monde du travail. Au travail, on peut en effet apprendre le respect de l'autre, la prévenance, la solidarité, la délibération, les principes de la démocratie. On peut aussi y apprendre l'instrumentalisation de l'autre, la duplicité, la déloyauté, le chacun-pour-soi, la lâcheté, le mutisme. De sorte que l'organisation du travail s'offre toujours comme un lieu d'apprentissage de l'implication ou de la désertion des espaces politiques...
    Poche | 256 pages. | Parution janvier 2013

    9,15 €
  • Dejours : Travail, usure mentale

    Article tiré de "libertaire.free.fr" : L’organisation du travail exerce sur l’Homme une action spécifique dont l’impact est l’appareil psychique. Dans certaines conditions, une souffrance émerge qui a pu être imputée au choc entre une histoire individuelle porteuse de projets, d’espoirs et de désirs et une organisation du travail qui les ignore. Cette souffrance, de nature mentale commence quand le rapport Homme - Travail est bloqué c'est-à-dire quand la certitude que le niveau atteint d’insatisfaction ne peut plus diminuer. De plus, contre la peur au travail, comme contre l’insatisfaction, des stratégies défensives sont élaborées par les Hommes de sorte que la souffrance n’est pas immédiatement repérable. Ainsi déguisée ou masquée, la souffrance ne peut-être décelée qu’au travers d’une enveloppe formelle propre à chaque métier, qui constitue sa symptomatologie. Cependant, dans certains cas la souffrance s’avère propice à la productivité. Non pas tant la souffrance elle-même que les mécanismes de défense déployés contre elle. De même, il est possible que le contenu d’un travail puisse être source de satisfaction sublimatoire : lorsqu’il est librement organisé, ou délibérément choisi et conquis ou lorsque les exigences intellectuelles motrices et psychosensorielles de la tâche s’accordent spécifiquement avec les besoins du travailleur considéré, on parle alors de « plaisir de fonctionnement ». Mais il faut reconnaître que la tendance générale à la division accrue du travail, dont le système Taylorien est la caricature, compromet les possibilités en même temps qu’elle étrique le choix et la marge laissée au libre aménagement de la tâche. LES HYPOTHESES La souffrance change avec les différents types d’organisation du travail mais ne disparaît jamais pour autant. Elle se présente en France comme à l’étranger sous des formes nouvelles : TMS (troubles musculo-squelettiques), LER (lésions avec efforts répétitifs), le karôshi souvent fatal, le burn-out où dévouement et disponibilité sont poussés à l’extrême, le harcèlement moral, etc.). Face à ces contraintes organisationnelles liées à une productivité toujours plus accrue, générant ainsi ces nouvelles souffrances au travail, hommes et femmes, sont-ils capables d’inventer des stratégies individuelles et collectives de défense spécifique ? La « normalité », comme équilibre entre souffrance et défense, est – elle possible sachant qu’elle n’est jamais définitivement acquise et doit constamment être réajustée et renégociée ? MODES DE DEMONSTRATION C. DEJOURS aborde le sujet de la souffrance dans ce qu’elle a d’appauvrissant à travers divers exemples historiques, en partant du mouvement ouvrier et du rapport entre travailleurs, patrons et Etat. Ainsi, il parcourt à travers ces divers exemples, les différentes organisations de travail du XIX ème siècle à nos jours et analyse en quoi elles sont contraignantes ou pas à la santé psychique de l’Homme. Avec le sous prolétariat sont nées les premières idéologies défensives contre le travail répétitif et aliénant spécifique au système taylorien. Le taylorisme fait l’objet dans cet ouvrage d’une étude particulière concernant ses conséquences sur la santé mentale et du corps. Pus il montre en quoi ces attitudes défensives se sont banalisées que l’on soit dans l’atelier, au bureau ou dans l’entreprise et en quoi ses stratégies sont utiles à l’équilibre du travailleur pour ne pas sombrer dans la souffrance, la maladie, l’exclusion ou la mort. Il explique également en quoi la psychodynamique du travail est depuis quelques années perçue comme l’instrument de révélation et d’analyse de la souffrance au travail dans des entreprises profondément remaniées par les nouvelles formes d’organisation du travail. Celle-ci analyserait les destins de cette souffrance en fonction des conditions qui président à sa transformation en plaisir ou à son aggravation pathogène. Lors de son premier essai, C. DEJOURS voyait dans l’intervention ergonomique une réelle efficacité sur l’amélioration des conditions de travail, aujourd’hui, elle ne constituerait qu’un soulagement limité car reste en deçà de l’organisation du travail contrairement à la psycho-dynamique du travail qu’il propose comme outil pour agir dans l’entreprise à travers sa méthodologie, exposée ici en troisième partie. RESUME DE L’OUVRAGE I. L’histoire de la santé des travailleurs A. Le XIXème siècle et lutte pour la survie Période de développement du capitalisme industriel caractérisée par l’accroissement de la production, par l’exode rural et par la concentration de populations urbaines nouvelles. La lutte pour la santé à cette époque s’identifie à la lutte pour la survie : « vivre, pour l’ouvrier, c’est ne pas mourir » (Guérin). Le mouvement hygiéniste est en quelque sorte la réponse sociale au danger, mais celui – ci désigne les moyens mis en œuvre pour préserver la santé des classes aisées et non celle de la classe ouvrière. L’académie des sciences morales et politiques a pour rôle de rétablir dans le domaine des faits moraux et politiques, l’autorité de la science, du droit et de la raison. Parallèlement à ce mouvement, apparaît le mouvement des « grands aliénistes » suscité par la curiosité pour ces phénomènes insolites par leur ampleur que sont la « déviance » et les atteintes individuelles à l’ordre social. Le développement de l’hygiène, les découvertes de Pasteur un peu plus tard, les recherches en psychiatrie sont en quelque sorte le versant positif de l’activité médicale. C’est sur elle que s’appuie la réponse sociale à l’explosion de la misère ouvrière. Mais la médicalisation du contrôle social ne saurait suffire, et c’est en fait aux ouvriers eux-mêmes que l’ont doit les principales améliorations matérielles de la condition ouvrière. Les revendications ouvrières accèdent à un niveau proprement politique. On conçoit alors que les luttes ouvrières de cette période historique aient essentiellement 2 objectifs : le droit à la vie et la construction de l’instrument nécessaire à sa conquête : la liberté d’organisation. B. De la première guerre mondiale à 1968 Le mouvement ouvrier a acquis des bases solides et atteint la dimension d’une force politique qui ira croissant dans les rapports de force. Ainsi l’organisation des travailleurs s’est traduite par la conquête primordiale du droit de vivre même si les conditions d’existence sont loin d’être unifiées pour l’ensemble de la classe ouvrière. Se dégage alors un front spécifique concernant la protection de la santé et plus particulièrement du corps. Sauver le corps des accidents, prévenir les maladies professionnelles et les intoxications par les produits industriels, assurer les travailleurs de soins et de traitements convenables dont bénéficiaient jusqu’à présent surtout les classes aisées, tel est l’axe autour duquel se développent les luttes sur le front de la santé. La guerre de 1914-1948 est une période où la ponction faite par les morts et blessés dans le réservoir de main d’œuvre, les efforts de reconstruction, la réinsertion des invalides dans la production forment les conditions d’un bouleversement du rapport homme - travail. C’est aussi l’introduction du taylorisme comme technologie d’assujettissement du corps et de disciplinarisation. L’organisation scientifique du travail fait naître des contraintes physiologiques inconnues jusque là, notamment les contraintes de temps et de rythme de travail. En clivant radicalement travail intellectuel et travail manuel, ce système neutralise l’activité mentale des ouvriers. C’est un corps exploité, sans défense, qui devient ou risque de devenir un « corps malade ». Le mouvement ouvrier bien qu’existant n’est pas encore capable de faire contrôler l’application des lois. La guerre permet tout de même quelques progrès autour de la journée de travail, de la médecine de travail et de la réparation des affections contractées au travail. Lors de la seconde guerre mondiale, le mouvement ouvrier continue à développer son action pour l’amélioration des conditions de vie (durée de travail, retraites, salaires, vacances) et simultanément il dégage un front propre concernant la santé. Pour celui-ci, la cible de l’exploitation serait le corps, victime du travail industriel. Le mot d’ordre de la réduction de la journée de travail a fait place en 1968 à la lutte pour l’amélioration des conditions de travail, pour la sécurité, pour l’hygiène et pour la prévention des maladies. C. Troisième période : après 1968 Apparaît après 1968, la lutte pour la protection de la santé mentale. Cette lutte s’explique par l’essoufflement du système taylorien sur le terrain économique qui conduit à lui chercher des solutions de rechange ; sur le terrain du contrôle social où ce système organisationnel ne fait plus la preuve de sa supériorité puis sur le terrain idéologique où le système taylorien est dénoncé comme déshumanisant par les ouvriers mais aussi par une partie du patronat. Les années 70 voient éclater des grèves sauvages et des grèves d’OS. On y retrouve la lutte contre la société de consommation et contre l’aliénation. Mai 1968, marque pour certaines publications la reconnaissance par le patronat de la nécessité de prendre en compte les revendications qualitatives de la classe ouvrière. La lutte pour la survie condamnait la durée excessive du travail. La lutte pour la santé du corps conduisait à dénoncer les conditions de travail. La souffrance mentale résulte, quand à elle, de l’organisation du travail. Désormais s’affrontent, sans intermédiaire, la volonté et le désir des travailleurs à l’injonction du patron concrétisée par l’organisation du travail. II. Essai de psychopathologie du travail A. les stratégies défensives 1. Cas du sous prolétariat Il s’agit de cette fraction de la population qui occupe les bidonvilles ou les taudis généralement rejetés de la périphérie des grandes villes. L’idéologie de la honte : la honte constitue une véritable idéologie élaborée collectivement, une idéologie défensive contre une anxiété précise, celle d’être malade ou plus exactement d’être dans un corps hors d’état. Pour l’homme, la maladie correspond toujours dans l’idéologie de la honte à l’arrêt de travail hors cette population souffre de sous emploi. Ainsi, celui - ci tait sa souffrance car la maladie c’est l’effondrement du corps en tant que force capable de produire du travail. Ainsi la première issue est l’alcoolisme, situation individuelle qui correspond à une fuite en avant vers une déchéance plus rapide et un destin mental particulièrement grave en raison de l’utilisation rapide de l’argent qui ne permet plus d’assurer une alimentation convenable. La deuxième issue est représentée par l’émergence d’actes de violence « antisociale », le plus souvent désespérés et individuels. La troisième issue c’est la folie, la dépression. Enfin, faute de pouvoir faire usage de ces différentes « portes de sortie », le risque est la mort. Fonctions de l’idéologie défensive : Ainsi l’idéologie défensive a tout d’abord comme but de masquer, contenir et occulter une anxiété particulièrement grave. Deuxièmement, c’est au niveau de l’idéologie défensive en tant qu’elle est un mécanisme de défense élaboré pour un groupe social particulier que l’on doit chercher une spécificité. La spécificité de l’idéologie défensive de la honte résulte d’une part de la nature de l’anxiété à contenir, d’autre part de la population qui participe à son élaboration. Troisièmement, ce qui caractérise une idéologie défensive c’est qu’elle est dirigée non pas contre une angoisse issue de conflits intra - psychiques de nature mentale, mais qu’elle est destinée à lutter contre un danger et un risque réel. Quatrièmement, l’idéologie défensive pour être opératoire doit obtenir la participation de tous les intéressés. Celui qui ne contribue pas ou qui ne partage pas le contenu de l’idéologie défensive est tôt ou tard exclu (dans le cas du sous – prolétariat, isolement progressif conduisant à la mort par l’intermédiaire des maladies physiques ou mentale). Cinquièmement, une idéologie défensive pour être fonctionnelle, doit être dotée d’une certaine cohérence (refus d’être soigné, refus de la contraception). Sixièmement, l’idéologie défensive a toujours un caractère vital, fondamental, nécessaire. Elle remplace les mécanismes de défenses individuels et les met hors d’état. 2. Les mécanismes de défense individuels contre l’organisation du travail Dans le modèle taylorien, on assiste, certes, à une dépossession d’un savoir mais aussi à une dépossession de la liberté d’organisation, de réorganisation ou d’adaptation du travail. Le travail taylorisé engendre davantage de divisions entre les individus que de points de rassemblement, les ouvriers sont confrontés un par un, individuellement et dans la solitude aux contraintes de productivité. On aboutit alors à une différenciation de la souffrance d’un travailleur à l’autre. Du fait du morcellement de la collectivité, cette souffrance appelle des réponses défensives individuelles et non collectives. L’auteur du système a ignoré des désordres liés à l’appareil mental dans son organisation scientifique du travail. Elle n’autorise aucune évasion mentale, le travailleur est victime de paralysie mentale même en dehors de son lieu de travail. « Le temps hors travail serait ni libre ni vierge et constituerait un continuum du temps de travail ». Ainsi dans ce système, l’ouvrier devient l’artisan de sa propre souffrance. B. Quelle souffrance ? 1. Insatisfaction et contenu significatif de la tâche Les deux maîtres symptômes de la souffrance sont l’ennui et la peur. Mais la souffrance se caractérise par l’image d’indignité née du contact forcé avec une tâche désinvestie. Autre vécu, le sentiment d’inutilité qui renvoie à l’absence de désignation et de destination du travail. La tâche n’a plus de signification humaine. Rares sont ceux qui croient encore au mythe du progrès social, ou de la participation à une œuvre utile. S’élèvent alors les plaintes sur la déqualification : plus une tâche est honorable et complexe, plus elle nécessite un savoir-faire, des risques et des responsabilités. Ainsi le vécu dépressif condense en quelque sorte les sentiments d’indignité, d’inutilité et de déqualification, en les amplifiant. Cette dépression est dominée par la fatigue. « La souffrance commence quand l’évolution du rapport au niveau de qualification - aspiration est bloquée ». Entre en ligne de compte dans le contenu significatif du travail, la production, comme fonction sociale économique et politique. Même si l’engagement personnel dans le but social de la production n’est pas possible, il n’y a jamais de neutralité des travailleurs par rapport à ce qu’ils produisent. Le rapport est le plaisir ou le déplaisir. Le poste de travail a lui-même une signification par rapport aux conflits dans l’usine aux même titre que les mutations de postes et de ce fait à une valeur par rapport aux luttes actuelles ou latentes. Tel poste équivaut à « être dans la botte du chef » ou au contraire à « être dans son collimateur ». Reste la signification relationnelle du travail hors de l’usine, le travailleur peut parler de sa tâche, parfois il préfère cacher à autrui le contenu de son travail. Le salaire quand à lui est synonyme de « faire vivre sa famille, rembourser les dettes, gagner des vacances » mais aussi contient « des rêves, des fantasmes et projets de réalisation possibles ». 2. Insatisfaction et mode opérationnel prescrit Etude de l’efficacité ergonomique : Différentes techniques sont utilisées sur le terrain à cet effet : observation directe du spécialiste, mesures d’ambiance, repérage clinique…, réponses à des « fiches de postes ». Dans un deuxième temps sont parfois repérées et classées les principales contraintes du travail. Dans un troisième temps, le coût des mesures correctrices proposées peut être discuté avec la direction de l’entreprise et un compromis est adopté qui constituera la base des travaux d’aménagement du poste. Ensuite a lieu un bilan de l’intervention par l’équipe ergonome. Les avantages qui en résultent pour les travailleurs constituent « la positivité de la pratique ergonomique ». Même si cette intervention ergonomique a quelques résultats positifs, il n’est pas toujours facile de prévoir les effets d’une « amélioration objective » des conditions de travail. En effet, cette érosion du pouvoir bénéfique « de l’amélioration des conditions de travail » résulte en fait de plusieurs causes concourantes : l’accoutumance, la révélation d’autres nuisances jusque là masquées, le fait que sur le fond rien n’a changé. De plus, le soulagement apporté par la correction ergonomique est récupéré par l’organisation du travail : l’allègement de la charge de travail permet d’intensifier la productivité : de ce fait, ce qui a été gagné est repris de l’autre. L’important est de comprendre la simultanéité du plaisir et du besoin. Dans le vécu des travailleurs, l’inadaptation entre les besoins issus de la structure mentale et les composantes de l’activité se traduit par une insatisfaction ou par une souffrance, voire par un état d’anxiété rarement traduit en mots par le travailleur lui – même. Le point d’impact de la souffrance issue de l’inadéquation des composantes de l’activité aux aptitudes et aux besoins du travailleur est d’abord le corps et non l’appareil mental. Par contre l’insatisfaction en rapport avec le contenu significatif de la tâche engendre une souffrance dont le point d’impact est avant tout mental. L’insatisfaction résultant d’un mode opératoire prescrit inadapté à la structure de la personnalité n’est autre qu’une « charge de travail psychique ». Le conflit n’est autre que celui qui oppose l’homme à l’organisation du travail (dans la mesure où le mode opératoire prescrit de travail résulte de la division du travail). Au centre du rapport santé - travail, l’appareil psychique serait en quelque sorte chargé de représenter et de faire triompher les aspirations du sujet dans un aménagement de la réalité susceptible de produire simultanément des satisfaction concrètes (la santé du corps) et des satisfactions symboliques (désirs ou motivation). C. La peur La peur ou l’angoisse répond à un aspect concret de la réalité et exige des systèmes défensifs spécifiques. Celle-ci est présente dans tous les types de tâches professionnelles y compris dans les tâches répétitives et les emplois de bureau. 1. Les signes directs de la peur Nettement désignées par les ouvriers comme source de danger pour le corps, ce sont bien et avant tout les conditions de travail qui sont accusées (les vapeurs, la pression, les températures, le bruit,…) en bref les conditions physiques ou chimiques de travail. D’après le discours des ouvriers, ces conditions sont nocives pour le corps. Le rapport corps - conditions de travail ont des répercutions sur le niveau mental, charge psychique inhérente au travail dangereux. La peur relative au risque peut être amplifiée par la méconnaissance des limites exactes de ce risque ou par ignorance des méthodes de prévention efficaces. Les ouvriers ont le sentiment pénible que l’usine est susceptible d’échapper à tout moment à leur contrôle. Ils ont la conviction que l’usine cache en elle une violence explosive et mortelle. Et enfin, elle montre l’étendue de la peur qui répond au niveau psychologique à tout ce qui dans le risque n’est pas contrôlé par la prévention collective. 2. Les signes indirects de la peur : l’idéologie défensive de métier dans le bâtiment Dans cette branche, les dangers ont une réalité et une importance dont les nombreux accidents mortels peuvent témoigner. Pourtant, il existe un phénomène connu sous le nom de résistance des ouvriers aux consignes de sécurité. Tout se passe comme s’ils étaient inconscients du risque qu’ils encourent et comme s’ils y trouvaient un certain plaisir. Mais ceci est une parade ; le vécu de peur existe effectivement, mais il n’apparaît qu’exceptionnellement à la surface. Il est contenu par les systèmes de défense. Si ce n’était pas le cas, les ouvriers ne pourraient continuer leurs tâches plus longtemps ; ils deviendraient inefficaces au plan de la productivité. Les attitudes de dénégation et de mépris du danger sont une simple inversion de la proposition relative au risque. Cette stratégie ne suffit pas ; la performance personnelle et autres concours de bravoure et d’habileté s’ajoutent au risque du travail. Seule la participation de tous à la stratégie défensive en assure l’efficacité symbolique. Aussi le refus et les résistances rencontrés dans le bâtiment ne sont-ils pas le fait d’une inconscience ou d’une immaturité supposées, mais bien d’une conduite délibérée visant à supporter précisément un risque qui ne serait pas pleinement atténué par des mesures de sécurité dérisoires par rapport à son importance. Le système défensif requiert ainsi une grande cohésion et une solidarité à l’épreuve de la mort. L’idéologie défensive est fonctionnelle au groupe et est le garant de la productivité. 3. La peur dans les tâches soumises à cadence Cette peur est particulièrement visible chez les travailleurs qui débutent à un nouveau poste. Mais même lorsque le coup de main a été acquis, aux prix d’efforts et de souffrance avec le temps et l’expérience, le résultat est toujours remis en cause par la montée en cadence qui surviendra un jour ou l’autre, ou en raison des changements de poste imposés par l’encadrement pour « boucher les trous » là où manquent des ouvriers en arrêt de travail. La situation de travail des ouvriers aux pièces est entièrement traversée par le risque de ne pas tenir la cadence et de « couler ». De plus, ils se rendent bien comptent des risques pour leur corps qu’impliquent les conditions physiques, chimiques et biologiques de leur travail. Ils se sentent ronger de l’intérieur. Cette anxiété est partie intégrante de la charge de travail et use la santé mentale des travailleurs. 4. Peur et « relation de travail » « L’inégalité dans la division du travail est une arme redoutable dont se servent les chefs au gré de leur agressivité, de leur hostilité ou de leur perversité ». C’est ce qu’on appelle le pouvoir. La discrimination qu’opère la hiérarchie est particulièrement exemplaire dans le secteur tertiaire et des employés de bureau. Honte et culpabilité sont suscitées en n’importe quelle occasion. Toute information acquise sur une personne peut être réutilisée contre elle comme moyen de pression ; information rendue parfois publique activant ou réactivant ainsi les conflits et les rivalités entre employés. Comme les rythmes de travail sont plus difficiles à faire respecter que sur un chaîne, rivalité et discrimination assurent à la surveillance une grande puissance. Un système de suspicion et d’espionnage se constitue. A l’absence d’intérêt du travail s’ajoute l’anxiété résultant des relations humaines profondément parasitées par l’organisation du travail - frustration, peur doivent être vécues dans l’isolement de la solitude affective ce qui a pour effet de la majorer encore. 5. Les différentes formes de peur C. DEJOURS recense 3 grandes rubriques représentant la peur. - la peur relative à la dégradation du fonctionnement mental et de l’équilibre psychoaffectif c'est-à-dire qui résulte de la « déstructuration » soit la discrimination, la suspicion ou l’implication forcée dans des relations de violence et d’agressivité avec la hiérarchie, et celle relative à la « désorganisation » du fonctionnement mental soit l’insatisfaction au travail traduite par une paralysie de l’imagination ou une dépersonnalisation. - la peur relative à la dégradation de l’organisme qui résulte du risque pesant sur la santé physique : risque d’accidents graves, maladies professionnelles, raccourcissement de la durée de vie… - la peur engendrée par « la discipline de la faim ». Les travailleurs exposent leur équilibre et leur fonctionnement mental à la menace que contient le travail pour faire face à une exigence impérieuse : survivre. Cette peur de la mort est appelée « discipline de la faim » par certains auteurs. D. La souffrance exploitée L’abrasion de la vie mentale propre aux ouvriers est utile à la mise en place d’un comportement condition favorable à la production. La souffrance mentale apparaît dans ce cadre comme l’intermédiaire nécessaire de l’assujettissement du corps. 1. Exploitation de la frustration En vertu d’un processus qui transforme l’agressivité en culpabilité par l’intermédiaire d’un retournement contre soi se met en place un cercle fermé où la frustration alimente la disciplinarisation. Le travailleur devient l’artisan de son propre conditionnement. Telle est la première issue offerte à l’agressivité réactionnelle, à la frustration. La peur est d’un côté la « courroie de transmission » de la « répression », de l’autre, irritation et tension nerveuse sont les moyens de tirer un « surtravail ». La souffrance psychique devient l’instrument même de l’obtention du travail. « Le travail ne produit pas la souffrance, c’est la souffrance qui produit le travail ». Ce qui est exploité par l’organisation du travail, ce n’est pas la souffrance elle-même mais plutôt les mécanismes de défense déployés contre cette souffrance. La frustration et l’agressivité qui en résultent ainsi que la tension et l’énervement sont spécifiquement exploités pour monter les cadences. 2. Exploitation de la peur Il existe une certaine ignorance des ouvriers concernant les risques du métier qui n’ont jamais été prévus. De même chez les cadres qui ignorent le fonctionnement de l’entreprise et ses installations. Quand survient un accident qui n’a pas été prévu, le plus souvent ce n’est pas par défaut de précaution mais parce que personne n’en avait auparavant l’expérience. Cette ignorance qui recouvre le fonctionnement de l’entreprise joue un rôle fondamental dans la constitution du risque et dans la peur des travailleurs. La frontière entre la peur et l’angoisse est d’autant plus facilement franchie que cette ignorance sur le travail est plus grande : en effet, l’ignorance consciente sur le procès de travail augmente la peur parce qu’elle rend le risque de plus en plus redoutable. En outre, l’ignorance facilite l’émergence de l’angoisse. L’activité professionnelle, le métier, le savoir-faire et le savoir en général représentent un des mécanismes de défense fondamentaux dans l’économie psychique. Mode de résolution de certains conflits et régulation de la vie psychique, le travail est pour certains sujets un moyen privilégié d’équilibration. « L’habituation » La peur est utilisée par la direction comme un véritable levier pour faire travailler les ouvriers en rappelant sans cesse les dangers auxquels ils sont confrontés. Elle maintient volontairement les ouvriers dans un état d’alerte. La peur partagée crée en plus une véritable solidarité d’efficacité pour la productivité. Le risque ainsi crée spontanément l’initiative, favorise la multivalence et permet l’économie d’une véritable formation que la direction ne pourrait se fournir. Peur et ordre social dans l’entreprise La peur est un instrument de contrôle social dans l’entreprise et représente une forme totale, complète et originale d’exploitation. La peur est consciemment instrumentalisée par la direction pour faire pression sur les ouvriers, pour les contrôles et pour les faire travailler. Au total la peur augmente la productivité et exerce une pression sur l’ordre social et stimule le processus de production des « ficelles » indispensables à la marche de l’entreprise. Il en est de même en ce qui concerne la peur dont la valeur « fonctionnelle » vis-à-vis de la productivité peut conduire à son utilisation comme technique organisationnelle de commandement. E. Organisation du travail et maladie 1. La maladie mentale Trois composantes du rapport homme - organisation du travail dans l’apparition d’une décompensation peuvent être prises en compte : la fatigue qui fait perdre l’appareil mental, la souplesse de ses « rouages » ; le système « frustration - agressivité » réactionnelle qui laisse sans issue une part importante de l’énergie pulsionnelle ; l’organisation du travail en tant que courroie de transmission d’une volonté étrangère qui s’oppose aux investissements pulsionnels et aux sublimations. L’organisation du travail ne peut être considérée comme source de maladie mentale. Par contre, le seul fait de diminuer la contrainte organisationnelle suffit à faire disparaître toute expression visible de la souffrance. La solution à la souffrance mentale et la fatigue est le processus de médicalisation, car celles-ci sont irrecevables dans l’entreprise ; seule la maladie physique est acceptée. En effet, la médicalisation vise en outre la déqualification de la souffrance dans ce qu’elle peut avoir de mental. 2. La maladie somatique Lorsque les défenses caractérielles et comportementales ne trouvent pas à s’exercer pendant le travail, le risque est celui d’une accumulation d’énergie pulsionnelle qui ne trouve pas à se décharger. Les maladies somatiques surviennent surtout chez les individus présentant une structure mentale caractérisée par la pauvreté ou l’inefficacité des défenses mentales. La libre organisation du travail devient une pièce essentielle de l’équilibre psychosomatique et de la satisfaction. Plus une organisation du travail est rigide, moins elle permet d’aménagements favorables à l’économie psychosomatique individuelle. Le blocage durable du fonctionnement mental que peut causer l’organisation du travail et particulièrement le système Taylor, est une cause majeure de maladie somatique. Cliniquement, la mise en échec du fonctionnement mental et l’inadéquation de l’organisation du travail aux besoins de l’économie psychosomatique ne se traduirait pas immédiatement par une maladie somatique mais pas la fatigue. La fatigue est à la fois psychique et somatique. Elle ne procède pas seulement d’un organe ou d’un appareil. La fatigue peut aussi trouver son origine dans l’inactivité. L’inactivité fatigante parce qu’elle n’est pas une simple mise au repos, mais au contraire une répression - inhibition de l’activité spontanée. La fatigue, l’adaptation difficile à un rythme de production élevé peuvent provoquer des perturbations des défenses de l’organisme. II Méthodologie en psychopathologie du travail A. La pré - enquête Une demande d’enquête ne peut être retenue que si elle émane des travailleurs eux-mêmes. Plusieurs objectifs doivent être atteints lors de cette enquête : - il faut réunir des informations sur le procès de travail et sa transformation ou ses mutations ; - il faut avoir accès à l’entreprise c'est-à-dire pouvoir visiter et y rechercher l’aspect humain et non économique ; - Il faut procéder à une approche de l’organisation du travail c'est-à-dire une approche des conflits entre travailleurs et encadrement. - B. L’enquête Elle rassemble un groupe de travailleurs et un groupe de chercheurs. Le thème de la recherche est donné explicitement, ici il s’agit d’établir la relation entre organisation du travail et souffrance psychique. Des questions sont posées aux travailleurs puis s’en suit un commentaire verbal des travailleurs. On observe souvent des contradictions entre les dires de chacun mais toute réponse est intéressante pour le chercheur. Ceci touche à la déontologie de l’enquête, elle exige d’interpréter les défenses collectives sans pour autant faire acte de violence. Car la mise à nue de la souffrance et de la dimension subjective de l’exploitation peut parfois être intolérable et menacer des individus où le groupe tout entier dans son rapport aux contraintes organisationnelles et occasionne ensuite de sérieuses difficultés lors du retour à la situation de travail. La subjectivité du chercheur est donc directement engagée dans la technique de l’enquête. C. La demande, le groupe homogène et le collectif L’analyse de la demande en fait la « faisabilité » de l’enquête. Il faut connaître l’auteur de la demande, le contenu de la demande, l’explicitation des risques qu’implique l’enquête, l’interlocuteur de la demande, puis reste la question matérielle de l’enquête. La recherche est toujours une « recherche – action » : c’est la demande et son contenu qui définissent le collectif étudié. D. Le matériel de l’enquête Le matériel de l’investigation en psychopathologie du travail est constitué par les commentaires (et les défaillances des commentaires) complétés et rattachés au contexte, en recherchant notamment ce qui vient en quelque sorte les contrebalancer ou les contredire, ces couples de contraintes étant interprétés par rapport au binôme souffrance/défense (à bien distinguer du couple souffrance/plaisir) E. L’observation clinique Il s’agit non seulement de restituer les commentaires des travailleurs sur la souffrance, mais de les articuler au fur et à mesure avec le commentaire subjectif du chercheur et de donner accès ainsi à la dynamique propre à l’investigation. La rédaction de l’observation se fait à partir de l’enquête elle-même dans l’après-coup, essentiellement à partir de la mémoire du chercheur. L’intérêt de l’observation est de rendre transparentes les bases sur lesquelles ont été proposées les interprétations ; ce travail pourra être repris par d’autres chercheurs qui pourront à la lumière de leurs propres enquêtes proposer de nouvelles interprétations de l’observation. F. La méthode d’interprétation Il s’agit de rendre compte de l’écart existant entre parole des travailleurs et expérience des chercheurs. Les premiers sont impliqués dans l’enquête au titre de salariés, les seconds y conservent un rapport d’extériorité. Le chercheur est quelqu’un qui « ne sait pas », auquel le travailleur accepte éventuellement de s’adresser pour lui expliquer et lui faire comprendre ce qu’il ignore. G. Validation et réfutation La validation se fait d’abord pendant l’enquête ou lors du déroulement même de l’investigation. Une synthèse des résultats de l’enquête est restituée. Une nouvelle discussion a lieu après remise du rapport où on peut évaluer les réactions des travailleurs et procéder à des modifications et des corrections du rapport final. Il semble que la critique peut surtout porter au niveau théorique et au niveau méthodologique mais pas souvent sur le matériel clinique directement. H. Méthodologie et théorie psychopathologique du travail La psychopathologie de travail s’appuie sur le modèle de l’homme et de la subjectivité qui est emprunté à la psychanalyse. Ce qu’il s’agit d’étudier, c’est la place des sujets dans le rapport au travail et plus précisément l’espace laissé au sujet pour se service du travail comme « reconnaissance métaphorique » à la scène de l’angoisse et du désir, ou au contraire les entraves que le travail oppose à cette résonance métaphorique car c’est un élément déterminant du pouvoir structurant du travail au regard de l’économie psychique des travailleurs. III. Addendum A. Addendum 1993 : de la psychopathologie à la psychodynamique du travail La psychopathologie du travail était définie comme « l’analyse de la souffrance résultant de la confrontation des hommes à l’organisation du travail ». Une autre définition semblerait plus appropriée aujourd’hui : « analyse psychodynamique des processus intersubjectifs mobilisés par les situations de travail ». C. DEJOURS renonce alors à focaliser sa recherche sur les maladies mentales pour la déplacer sur la souffrance et les défenses contre la souffrance. 1. Un regard rétrospectif sur la psychopathologie du travail Douze ans après, la psychopathologie du travail est devenue d’abord une pratique originale, au sens fort du terme de pratique, c'est-à-dire une modalité d’intervention sur l’organisation du travail soumise à des règles méthodologiques et déontologiques strictes, relevant de la raison pratique. Mais la psychodynamique du travail n’est pas seulement une modalité d’intervention sur le terrain, elle a continué d’être une discipline produisant des connaissances. 2. Un nouveau regard sur l’organisation du travail L’élaboration de l’organisation du travail réelle implique de s’écarter de la lettre des prescriptions et de passer par des « interprétations ». L’essentiel des problèmes soumis à l’analyse psychodynamique des situations de travail provient précisément de la méconnaissance et parfois du désaveu des « difficultés concrètes » auxquelles les travailleurs sont confrontés du fait de l’imperfection irréductible de l’organisation du travail. Celle-ci apparaît comme un compromis. Construire un compromis passe par le jeu social ; donc l’organisation réelle du travail est un produit des rapports sociaux. 3. Une nouvelle définition du travail « Le travail, c’est l’activité déployée par les hommes et les femmes pour faire face à ce qui n’est pas déjà donné par l’organisation prescrite du travail » (P. Davèzes, 1991). Le nouveau regard sur l’organisation du travail conduit à refuser la division traditionnelle entre travail de conception et travail d’exécution. Tout travail est toujours conception. La définition du travail qui en découle insiste de ce fait sur la dimension humaine du travail. Le travail est par définition humain puisqu’il est convoqué là où précisément l’ordre technologique - machinal est insuffisant. Coopération et confiance dans le travail La coopération est un élément important à l’intégration de l’organisation du travail : c’est la volonté de personnes de travailler ensemble et de surmonter collectivement les contradictions naissantes de l’organisation du travail. Cette coopération pour exister a besoin de relations de confiance. Cependant, l’organisation du travail réelle ne peut être neutre vis-à-vis de la confiance : confiance ou méfiance, coopération ou incohérence ; telles sont les alternatives. Mobilisation subjective du travail La psychodynamique du travail a progressé sur la mobilisation subjective face au défi que constitue l’organisation du travail et suppose : - des efforts d’intelligence ; - des efforts d’élaboration pour construire des opinions sur la façon la meilleure d’arbitrer les contradictions et de régler les difficultés de l’organisation du travail ; - des efforts pour s’impliquer dans le débat d’opinions nécessaires à la délibération qui doit procéder ou accompagner les choix en matière d’organisation du travail. La reconnaissance et le travail En contrepartie de la contribution qu’il apporte, le sujet attend une rétribution. Il veut être reconnu pour le travail qu’il a accompli. Si la dynamique de la reconnaissance est paralysée, la souffrance ne peut plus être transformée en plaisir et ne peut plus trouver de sens. Ainsi la psychodynamique du travail complète l’analyse de la souffrance et des stratégies défensives par l’analyse de la souffrance et de transformation en plaisir par la reconnaissance. Le travail a partie liée avec la souffrance et la reconnaissance. Si la reconnaissance fait défaut, les sujets s’engagent dans des stratégies défensives pour éviter la maladie mentale, avec des conséquences sérieuses pour l’organisation de travail. 4. La méthodologie et l’action. La première particularité de cette méthode est de ne recourir ni aux questionnaires ni aux interviews. Elle passe d’abord par l’implication dans l’enquête de travailleurs constitués en collectifs à un moment donné. La deuxième particularité résulte de l’originalité des faits à construire scientifiquement. « L’intelligence des agents est souvent en avance sur la conscience qu’ils en ont. » 5. L’analyse du langage Le statut du langage écrit et parlé dans le travail fonctionne sur 3 niveaux : - c’est un médiateur entre le chercheur et les travailleurs ; - le langage fonctionne comme médiateur entre les travailleurs eux-mêmes car c’est par lui que l’expérience vécue du travail peut être mis en partage parmi les membres du collectif des travailleurs. C’est aussi un « opérateur de construction du collectif même ». - le langage et notamment écrit peut être utilisé comme traceur de l’action. (rapport d’enquête, comptes rendus CHSCT, …) - 6. Le concept psychodynamique L’analyse psychodynamique se déploie au niveau concret et porte électivement sur le drame vécu, son contenu et son sens pour celui qui le vit. REEL TRAVAIL EGO AUTRUI SOUFFRANCE RECONNAISSANCE Aliénation mentale Aliénation sociale Si le sujet est coupé du réel et de la reconnaissance par autrui, il est renvoyé à la solitude de la folie classique connue sous le nom d’ « aliénation mentale ». Si le sujet entretient par son travail un rapport avec le réel, mais que son travail n’est pas reconnu par autrui, même si ce travail est dans un rapport de vérité avec le réel, il est là aussi condamné à la solitude aliénante. F. Sigaut désigne cette situation « d’aliénation sociale ». Le sujet risque de basculer dans une folie qu’on confondra peut-être avec l’aliénation mentale, pour peu qu’il proteste et essaie de réclamer son dû (paranoïa), ou finisse par perdre confiance en lui et à douter de la réalité à laquelle il est confronté, parce que personne ne la reconnaît (dépression). L’essentiel de la psychopathologie du travail se déploie dans le secteur de l’aliénation sociale. REEL EGO AUTRUI Aliénation culturelle Enfin, lorsque le sujet fait reconnaître ses actes par autrui, mais que cette reconnaissance se joue de part et d’autre dans un monde psychique qui a perdu ses liens avec le réel, alors, selon F. Ségaut, on parle d’ « aliénation culturelle ». C’est le cas des cadres qui débattent de questions de gestion et de management qui sont complètement coupés du réel du travail ; des incidents graves ne remontent pas toujours jusqu’à eux B. Addendum 2000 : nouvelles formes d‘organisations du travail et lésions par efforts répétitifs (LER). Dès les années 70, la souffrance qui se développe dans le secteur tertiaire n’est plus ignorée par personne dans le monde occidental. 1. Souffrance psychique et fragilisation somatique Les effets spécifiques de la répétitivité sous contrainte de temps sont apparus dès le début des années 80. La première cible des contraintes répétitives se situe au niveau du fonctionnement mental. La tâche répétitive provoque d’abord un sentiment d’ennui, de lassitude, d’absurdité. Toute activité de pensée risque à terme de devenir un obstacle à la productivité donc la pensée devient inutile. 2. Pourquoi l’épidémie de LER ? Trois éléments peuvent être pris en considération qui sont directement en rapport avec l’évolution de l’organisation du travail dans le secteur des services : - la sédentarité dans la saisie de données et les tâches informatisées qui accroît les contraintes musculo - tendineuses ; - le rapport direct avec les clients car génère de l’agressivité. Cette agressivité doit être inhibée (le client n’est pas directement responsable de la situation de travail) ce qui accroît le recours à la répression pulsionnelle et à la culpabilité. Par ce système, la présence des clients dans la situation de travail favorise l’utilisation de l’auto - accélération et de la répression. - l’augmentation des cadences sous la pression de la menace. 2 cas possibles : - par amour pour son travail, un sujet peut dépasser ses propres limites sans s’en rendre compte. - un sujet va dépasser ses propres limites mais cette fois sous la pression d’un consentement obtenu sous l’exercice de la menace. 3. Souffrance physique, souffrance psychique et souffrance morale. L’utilisation de la menace au licenciement, associée à de nombreuses autres formes de menaces sur les différents constituants de la sécurité matérielle des travailleurs, contribue à produire de la « précarisation ». La précarisation désigne l’ensemble des effets en retour de la précarité sur ceux des travailleurs qui bénéficient encore d’un contrat de travail. En effet ceux-ci vivent sous la menace que leurs « privilèges » leur soient retirés. La peur n’est pas qu’imaginaire, elle correspond effectivement à l’exercice d’une menace parfois délibérée de la part de l’encadrement, selon des méthodes de management plus ou moins sophistiquées. Il faut voir ici le rapport de domination non pas de ceux qui subissent mais de ceux qui l’exercent. Il faut que les opérateurs en grand nombre y apportent leur concours, à tous les niveaux de la hiérarchie et pas seulement au niveau des cadres de direction. Le problème posé est celui du consentement à participer à des actes d’injustice contre autrui ou de manipulation occasionnant de la souffrance à autrui, actes que pourtant on réprouve. CONCLUSION : CRITIQUE ET ACTUALITE DE LA QUESTION La souffrance au travail est un phénomène qui existe depuis toujours et n’est pas près de disparaître. Elle apparaît seulement sous des formes différentes liées aux nouvelles organisations de travail. Pourtant on peut se demander si l’organisation du travail a bien changé depuis Taylor ; si elle s’est modifiée sur la forme du fait des nouveaux métiers et de la mondialisation, elle reste cependant la même sur le fond. En effet, autrefois Taylor utilisait des techniques de commandement, aujourd’hui, on utilise des techniques de discrimination. Ainsi, on observe une généralisation de la peur dans l’entreprise devenant un véritable système de management : c’est d’abord la peur de la précarisation, c'est-à-dire la peur permanente d’être licencié si l’on n’est pas jugé performant. En effet, en raison de la conjoncture économique actuelle et de l’ampleur du chômage, un responsable peut facilement rappeler à son employé que s’il n’est pas plus « productif » qu’il pourra être rapidement remplacé. La seconde grande peur est liée à l’évaluation permanente des salariés et de leur « rentabilité ». Si bien qu’il arrive parfois que certains salariés apportent du travail à la maison soit pour achever leur travail soit pour montrer qu’ils participent activement aux objectifs de l’entreprise dans le but de « se faire bien voir ». D’après C. DEJOURS, la souffrance au travail ne fait pas « craquer » les salariés ; ils tentent de s’en accommoder en développant des mécanismes de défense individuelle et en se résignant, voire en s’associant eux-mêmes à ce processus : le salarié sous pression qu’il soit employé ou cadre, transfère cette pression à ses collègues ou subordonnés, et se met à son tour à faire souffrir. Mais comment parvient-on à obtenir des gens qu’ils apportent le concours à des actes que cependant ils réprouvent ? Comment un être humain peut élaborer une stratégie de défense qui vise, pour moins souffrir, à neutraliser, voire à paralyser la pensée de ceux qui travaillent et qui souffrent ? Le processus désigné par C. DEJOURS semble fonctionner tel un cercle sans fin où chacun harcèle l’autre et harcèle à son tour dans l’entreprise. Or, il arrive un moment où la chaîne se casse. En effet, il est possible que le salarié, qui fait l’objet de persécutions, puisse ne pas avoir la volonté ou la force de résister à de perpétuelles réprimandes sur la qualité de son travail, d’être mis à l’écart dans un « placard » ou de ne pas être soutenu par ses propres collègues qui eux-mêmes préfèrent se protéger d’une situation similaire. Ayant le sentiment d’être un incompris et de ne pouvoir se sortir seul de cet enfer, il peut parfois en arriver au pire, ses stratégies défensives n’ayant alors, plus aucun effet . Le rôle du médecin du travail, lorsque le salarié se confie ou se plaint à lui, est de dire à l’entreprise que ces concepts de rentabilité individuelle sont infondés et lui montrer que la course à l’évaluation permanente et à la performance, détruisent les salariés et, à terme, nuisent à l’entreprise et que par conséquent : « on ne pourra pas restreindre indéfiniment le travail à des groupes de plus en plus pressurés et de moins en moins nombreux, d’abord parce que la masse de travail à accomplir dépasse la disponibilité de ceux qui le font, et ensuite parce que la qualité commence à s’en ressentir »(Souffrance en France). Cependant si la France représente le seul pays où le harcèlement moral serait en progression, et les plaintes déposées de plus en plus nombreuses ; selon Michèle DREDA, il faut distinguer « harcèlement moral et contraintes du travail ». De même Marie France HIRIGOYEN, dans son livre Harcèlement moral : démêler le vrai du faux, fait une mise au point sur les abus dans l’utilisation du terme « harcèlement moral » qui doit être « distingué du stress, de la gestion des conflits ou de la maltraitance managériale ». Il faut relativiser les effets néfastes du travail, d’ailleurs il peut également être considéré comme l’activité transformatrice de la nature destinée à satisfaire les besoins. Ainsi pour certains grands philosophes du XIX ème siècle, le travail peut avoir des vertus : En effet pour A. COMTE « le travail est la mise en jeu de toutes les richesses naturelles ou artificielles que possède l’Humanité dans le but de satisfaire tous les besoins ». De même K. MARX, dans le livre 1 du Capital décrit le travail comme « un acte qui se passe entre l’homme et la nature. L’homme y joue lui-même vis-à-vis de la nature le rôle d’une puissance naturelle. Les forces dont le corps est doué,… il les met en mouvement, afin de s’assimiler des matières en leur donnant une forme utile à la vie ». Aujourd’hui pour certains auteurs, le travail peut rimer avec bonheur; ainsi selon M. THEVENET, le travail peut être « source de plaisir » même là où on l’attend le moins (Plaisir de travailler). Ou tout au moins si le travail ne crée pas le bonheur, il peut y contribuer. C. DEJOURS admet lui-même que le travail peut être favorable à l’équilibre mental et à la santé du corps, il peut même conférer à l’organisme une résistance accrue à la fatigue, à certaines maladies… Il suffit que « les exigences intellectuelles, motrices ou psychosensorielles s’accordent avec les besoins du travailleur considéré » ou que « le contenu du travail soit source d’une satisfaction sublimatoire ». Professeur de psychologie au CNAM, psychanalyste et psychiatre, Directeur du laboratoire de psychologie du travail, Christophe DEJOURS est l’un des principaux spécialistes de la psychopathologie et de la psychodynamique du travail. 300 pages réédition : mai 2008

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  • Desbordes : Management circus

    Si de récentes flambées de suicides au travail ont ému l'opinion publique et suscité des témoignages de toutes sortes, il reste à comprendre qu'elles sont le symptôme d'un dérèglement plus vaste, plus ancien, qui a commencé d'atteindre le métabolisme social dès le début de l'après-guerre pour ne cesser ensuite de se propager dans le contexte des mutations profondes de la postmodernité. Pour autant, on aurait tort de prêter à ce phénomène un caractère involontaire ou accidentel. Partant d'un terrain d'investigation qu'il a longuement étudié - le nucléaire -, Jean-Philippe Desbordes explore les volontés et stratégies managériales qui, depuis près de cinquante ans, ne cessent d'infiltrer le monde de l'entreprise pour mécaniser l'humain et plier ses "ressources" aux exigences d'un économisme de plus en plus prédateur, jusqu'au sein même de la fonction publique, c'est-à-dire de l'Etat. On trouvera donc ici, au-delà des drames singuliers ou des paroles alarmées, une analyse sur le long terme et des clefs essentielles pour comprendre le processus en cours. .......................... 155 pages édition : mars 2012

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  • Devetter : Du balai, essai sur le ménage à domicile et le retour de la domesticité

    Résumé tiré du site de la revue Alternatives économiques : ------------------------------- Les services à la personne sont-ils un gigantesque réservoir d'emplois ou une régression vers la domesticité ? Pour les femmes de ménage chez les particuliers, sujet du livre, la réponse est sans ambiguïté. Elles ont de mauvais emplois, physiquement pénibles, avec des durées de travail insuffisantes pour en vivre, des horaires contraints et de faibles rémunérations. On le savait déjà, mais l'apport des auteurs est de montrer qu'il est illusoire de faire croire que l'on peut faire un vrai métier de ce qui est considéré comme " un sale boulot " par les femmes qui les emploient. Il est matériellement impossible de faire ce travail à temps plein, il n'offre aucune perspective de progression professionnelle et pas plus de reconnaissance. ----------------------------- Pour compléter un tableau plutôt noir, les généreuses aides publiques aux employeurs sont d'autant plus scandaleuses qu'elles bénéficient à plein aux couches les plus aisées. Et ce, alors qu'il existe des besoins non satisfaits pour de vrais métiers de service, comme les assistantes maternelles et les aides à domicile pour les personnes âgées. Un ouvrage riche et utile,------------------------- 148 pages édition : mars 2011

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  • Doumayrou : La fracture ferroviaire

    La France est le théâtre depuis le 18 octobre 2007 d’une nouvelle « bataille du rail ». Les cheminots, comme d’ailleurs nombre d’agents des autres grands services publics (EDF, GDF, Transports urbains), se sont massivement mobilisés pour défendre leur régime de retraite menacé par une mesure gouvernementale prise sans réelle négociation. Mais ils ont bien d’autres raisons de s’inquiéter. La stratégie mise en œuvre depuis quelques années par la direction de l’entreprise soutenue par les pouvoirs publics vise un seul objectif : la rentabilité. Le TGV est le vecteur essentiel de cette stratégie au service de ceux qui veulent aller vite et loin.
    L’incontestable réussite technologique de cette politique et les gains de temps qu’elle permet laissent sous le boisseau des réalités moins reluisantes : jungle de tarifs en constante augmentation, correspondances chaotiques, délaissement des lignes secondaires de plus en plus transférées aux régions, réseau classique en déshérence et dégradation accélérée du réseau ferré classique. La SNCF, qui a choisi de concurrencer l’avion, ressemble de plus en plus à une compagnie aérienne qui dessert les métropoles en traversant à 300 km heure des territoires délaissés.
    Loin de tout fatalisme, le livre de Vincent Doumayrou démontre que cette stratégie n’est pas la seule possible. La Belgique, l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche ont adopté à bien des égards d’autres modes de développement fondés sur la densification de leurs réseaux, des tarifs souvent plus bas, des correspondances harmonisées, des dessertes régulières et nombreuses.
    A l’inverse, la politique suivie par la SNCF laisse la voie libre au « tout route » avec les conséquences écologiques que l’on sait. La fracture ferroviaire s’élargit de plus en plus. Est-il encore temps pour un service public fragilisé et menacé, de la résorber ?
    L’auteur : Vincent Doumayrou, 35 ans, est passionné de chemin de fer. Il collabore régulièrement au site www.intermodalite.com spécialisé dans les transports ferroviaires.
    tiré du Monde Diplomatique d'octobre 2007
    165 pages édition : septembre 2007

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  • Durand Marcel : Grain de sable sous le capot, résistance et contre culture ouvrière

    D'autres ouvriers auraient pu écrire cette chronique de la chaîne à Peugeot-Sochaux, quej'ai signée dup2kmy ek magie Durand pour ne pas m'approprier cette mémoire collective. Je prenais des notes à l'occasion d'événements marquants : prises de gueule avec le chef, rigolades entre collègues, débrayages, grèves. Je voulais garder une trace de cette vie à la chaîne, décrire l'ambiance du travail. Pour moi. Pour les copains de galère aussi. Pour faire une sorte d'album de famille de la dizaine de vrais copains de la Carrosserie. Huit heures par jour au boulot, ce n'est pas rien. Même si on résiste, la chaîne déteint sur nous. En ville, on continue de courir comme si on était toujours à s'agiter autour des carcasses de bagnoles. On parle fort parce que les machines ne s'arrêtent jamais de nous vriller les oreilles. On laisse des plumes au boulot. Plusieurs copains y ont laissé leur peau. Ecrit par un ouvrier de Sochaux qui a passé trente ans en chaîne, ce livre raconte la vie au jour le jour d'un OS de base. ll montre comment l'usine ne cesse d'exercer sa violence et comment une résistance, à la fois spontanée et organisée, se manifeste sous des formes toujours nouvelles face aux innovations du "management". La singularité de ce texte tient à ce quil nous fait entendre la voix d'un "ouvrier ordinaire", c'est à dire celui qui d'habitude n'est pas entendu parce qu'il n'a paqs de légitimité particulière pour prendre la parole. L'auteur, Hubert Truxler (alias Marcel Durand) incarne la figure du travailleur récalcitrant, conscient qu'il vaut autant que les autres. 430 pages édition : octbre 2006 Reédition : La Brèche 1990

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  • Fond. Copernic : Travailler tue et toute impunité

    Travailler tue en toute impunité... Le constat est sans appel : le travail rend malade et tue. Le nombre de maladies professionnelles a explosé, passant de 13 658 en 1996 à 52 979 en 2005. La course au profit, de moins en moins entravée, sème la maladie et la mort. La mise en danger d'autrui par des choix de politique économique bénéficie d'une incroyable mansuétude. Les condamnations restent rares, et trop souvent symboliques. Trop souvent les procédures relatives aux accidents mortels du travail sont classées sans suite. Trop souvent les condamnations ne touchent que les employeurs en bout de chaîne de sous-traitance, tandis que les grands donneurs d'ordre, dont la responsabilité dans l'organisation du travail est pourtant essentielle, ne sont qu'exceptionnellement concernés. La Fondation Copernic analyse dans ce livre le contexte d'une telle mansuétude. Elle propose des pistes pour faire de la question de la santé au travail une question politique au sens plein du terme. Travailler tue aujourd'hui impunément : pour combien de temps encore ? 120 pages édition : juillet 2009

    7,00 €
  • Fond.Copernic : Le code du travail en sursis

    Le Medef rêve d’un salarié totalement flexible, soumis, sans protection. Ce rêve avance sous le masque souriant du «consensus» et du «dialogue social» entre «partenaires sociaux». Il convient de dévoiler ce subterfuge.
    La négociation collective est et demeure une source indispensable, essentielle au droit du travail. Mais lorsqu’on prétend la substituer à la loi et aux grandes protections du droit du travail, ce n’est plus de dialogue mais de destruction qu’il s’agit.
    Cette tendance à la vampirisation de la loi par la négociation collective a déjà permis que de nombreux salariés ne sachent même plus, d’une semaine sur l’autre, à quels horaires ils vont travailler.
    Aujourd’hui, il est question de poursuivre, voire de parachever, ce mouvement et d’autoriser la destruction non plus seulement des rythmes de travail et de vie, mais la destruction par accord collectif de la représentation du personnel, du droit du licenciement, et finalement de l’ensemble du droit du travail.
    Cette «Note de la Fondation Copernic» a pour objectif d’ébaucher les voies d’une contre-offensive et de redonner toute sa place au débat démocratique sur les droits des salariés.
    édition : novembre 2015

    5,00 €
  • Friot : Puissances du salariat

    Quelle est l’origine de notre modèle social ? Comment le prolonger à l’heure de l’offensive contre les droits sociaux ? Cet ouvrage renouvelle radicalement la lecture de notre histoire sociale et permet une tout autre compréhension de notre présent. Il montre la mutation qu’a connue le salaire à travers la sécurité sociale financée par la cotisation. Le salaire socialisé est au fondement des puissances du salariat contre la mainmise du capital sur le travail et sur nos vies. Cette nouvelle édition comporte trois chapitres inédits qui complètent la première édition de 1998. L’ensemble restitue dans toute sa cohérence la pensée novatrice de Bernard Friot. À la fois récit et théorie de la socialisation du salaire, il montre comment le modèle salarial s’est construit en France des années vingt aux années quatre-vingt. En quoi il a constitué un progrès et une incontestable réussite. Et comment se sont malgré cela imposées des représentations rétrogrades de ce modèle, tant dans le discours académique que dans les pratiques comptables. En proposant une autre histoire du salaire et de la protection sociale, Puissances du salariat donne les outils théoriques et factuels permettant de reprendre la marche vers l’émancipation. 440 pages édition : septembre 2012

    11,80 €
  • Génération Précaire : Parcours du combattant stagiaire

    Tout le monde ou presque montera un jour au front avec son premier stage... Génération Précaire s’adresse aux étudiants de premier cycle et leur présente un panorama des usages, des possibilités et des abus...C’est un guide critique et offensif à lire avant de mettre le doigt dans le système des stages. Métaphores militaires mais pas de défaitisme pour notre guide des stages : cet état des lieux rassemble notre expérience de jeunes diplômés mais aussi notre expertise gagnée sur ce terrain nouveau du ’stagariat’. Simple stagiaire sorti de la tranchée des études et pas encore rendu au bunker de l’emploi stable, nous avons évolué "à découvert" en territoire précaire. Ce guide est le carnet de route d’éclaireurs qui espèrent être aussi des démineurs. Vous y lirez entre autres : mode d’emploi, conseils, éclairages auprès d’acteurs professionnels et des propositions pour une réforme de l’université qui ne nous laisse pas en rase campagne et sans munitions... 195 pages édition : juillet 2007

    3,60 €
  • Groison : En finir avec les idées fausses sur les fonctionnaires

    Sur la base d'arguments étayés par de solides références, cet ouvrage répond point par point à ces idées fausses entretenues par les partisans d'un néolibéralisme débridé qui fait croire que le marché est la solution à tous les problèmes.
    Aux antipodes de cette propagande, ce livre fait connaître ce qu'est vraiment la fonction publique, ses divers statuts, les obligations des fonctionnaires, la réalité de leur rémunération, le nombre de travailleurs précaires.
    Il démontre que la qualité des services publics et leur efficacité ne sont pas des handicaps des atouts pour la santé économique et sociale de la France. Un haut niveau de santé, des infrastructures de transports qui prépare la transition écologique, un service public d'éducation de qualité accessible à tous, une administration qui a les moyens de service les besoins des usagers, tous ces facteurs concourent à un bien vivre ensemble et à cohésion sociale et économique d'un pays.

    édition : octobre 2014

    5,00 €