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Politique


  • "Extrême"? identités partisanes et stigmatisation des gauches en Europe (18è-20è)

    En inventant la droite et la gauche comme forme de positionnement politique, la Révolution française voit poindre, aux confins d'un échiquier ainsi redéfini dès la fin de 1789, des formes de radicalité qui ont contribué à rendre le débat plus tendu. En même temps que la politique naît une forme "d'extrémisme" à droite comme à gauche, qui se caractérise par une grande attention théorique tout autant que par des pratiques de rupture avec le débat supposé plus calme des Assemblées.

    Les actes de ce colloque se proposent d'interroger la notion "d'extrême" depuis son apparition dans le débat révolutionnaire jusqu'à ses plus récentes manifestations, en France ou en Italie par exemple, où une gauche radicale a pu se manifester et continue d'exister sous différentes formes. Ce sont de multiples facettes de cette réalité mouvante qui sont ici proposées et étudiées. Qu'en est-il d'une définition précise de "l'extrême" ? Est-ce une posture idéologique revendiquée dans une Assemblée représentative ? Ou bien, de par sa radicalité, ne peut-elle se déclarer que dans un espace autre, celui de la militante, de la société civile et de l'action sociale ? Est-elle une réalité homogène ou bien à son tour traversée de nuances, voire d'oppositions qui la divisent ? Ne serait-elle pas plutôt une réalité et un mot imposés par ses détracteurs inquiets ou agressifs, sous la forme d'un stigmate visant à décrédibiliser depuis deux cents ans ceux dont la politique est dite "d'extrême gauche"? "Extrême" devient alors un stigmate qui permet de ranger sous un même mot le terroriste, le partageux, la pétroleuse, ou le militant syndical trop actif.

    Qu'en est-il des acteurs de cette radicalité de gauche ? Qu'en est-il des systèmes de représentations qui, depuis plus de deux cents ans, tentent de la marginaliser au nom d'une politique du bon sens, au nom d'un centre modéré rejetant à sa périphérie celles et ceux qui sont considérés comme des dangers pour l'ordre public et social ? Il s'agit ici d'ouvrir des pistes pour inscrire dans l'histoire du politique cette réalité de la gauche "extrême", ces combats d'images, ces luttes de mots, autour d'une pensée et d'une pratique de gauche dont on essaie de savoir si elle est "extrême" parce que décalée par des discours dominants faisant de la modération l'objet de l'ordre politique.

    édition : mai 2012, 370 pages

    18,00 €
  • 1956 communiste - Le glas d'une espérance

    Au début de l'année 1956, à travers le monde, de nouvelles voies semblent s'ouvrir: le communisme entreprend de se réformer, le tiers monde émerge sur la scène internationale, la guerre froide recule. le mouvement de libération nationale et donc la décolonisation s'étendent. Mais du côté du communisme, les espoirs nés au XXe Congrès du Parti communiste de l'URSS pendant l'hiver vont sombrer dès l'été et l'automne. Plusieurs partis communistes, et non des moindres, condamnent - ou ignorent - la déstalinisation lancée par Nikita Khrouchtchev, et pour finir les chars soviétiques écrasent la révolution hongroise dans Budapest. Roger Martelli interroge le cours de cette « année terrible » dans un brillant essai historique appuyé sur les archives récemment ouvertes en Russie et dans les pays de l'est européen, dont il publie ici les plus exceptionnelles. Il centre sa réflexion sur les perspectives esquissées puis ruinées par les communistes en 1956 tant pour le devenir de la planète que pour le leur propre. Courageux en février, Khrouchtchev fait rapidement retraite, renonçant à trancher entre les conservateurs et les réformateurs communistes, manquant ainsi sa déstalinisation. De sorte qu'en novembre le désastre de Budapest referme les perspectives de renouvellement ouvertes au début 1956. 220 pages édition : octobre 2006

    18,00 €
  • Alexandra et Caroline Frénod Guibet : On ne va pas y aller avec des fleurs, violence politique et femmes

    Quand on me demande "Comment vous accommodez-vous de la violence ? " , je rétorque : "Et vous ? Quelles guerres légitimez-vous ? Quelle violence trouvez-vous juste ? " Qu'est-ce que c'est, la violence ? Il y a celle, aveugle, sans but, que les gens utilisent parce qu'ils n'ont plus d'autre solution. Et il y a celle qui provient de l'Etat, que beaucoup trouvent normale. Pour ma part, j'ai grandi dans une société violente, mais je ne suis pas quelqu'un qui aime en user. Ca ne me procure absolument aucun plaisir. A un moment de leur vie, neuf femmes, âgées aujourd'hui de 25 à 74 ans, ont participé à des luttes politiques impliquant des affrontements. Action directe, les Brigades rouges, la Rote Armee Fraktion mais aussi ETA, les Black blocs ou le Kurdistan : si les contextes et les époques diffèrent, elles ont toutes en commun d'avoir usé d'une violence politique qu'elles jugeaient nécessaire. Dans les entretiens ici rassemblés par Alexandra Frénod et Caroline Guibet Lafaye, elles racontent ce qui les a amenées à prendre cette décision, comment elles l'ont vécue et ce qu'implique le choix de cette violence quand on est une femme édition : septembre 2022

    21,00 €
  • Allavena : L'hypothèse autonome

    Multiplication des zones à défendre, résurgence du black bloc, insurrection des gilets jaunes : la France contemporaine est le théâtre d’importants conflits sociaux et politiques. On aurait tort cependant d’y voir la main de cette ultra-gauche qui hante l’imaginaire policier. Ce qui se joue dans la multiplication des occupations, dans l’exigence d’horizontalité et le rapport pragmatique à la violence, c’est l’actualisation de l’hypothèse autonome formulée dans la seconde moitié du xxe siècle. L’autonomie n’est en effet ni un mouvement, ni une idéologie.
    Née, dans l’après-guerre, en opposition au renoncement des organisations politiques et syndicales à prendre effectivement le parti des dominé.e.s, elle représente la tentative sans cesse réinventée de concilier libération individuelle et émancipation collective, à l’heure où le système capitaliste et sa discipline se sont disséminés dans toutes les facettes de la vie.

    Des « années de plomb » italiennes au mouvement des squats, en passant par les luttes antinucléaire, homosexuelle et féministe, Julien Allavena retrace la généalogie de cette hypothèse stratégique, au ras des expériences qu’elle a nourries. Il met ainsi au jour ses apories originelles et fraye les voies de leur dépassement. Julien Allavena
    Julien Allavena est doctorant en sciences politiques à l’université Paris 8. couverture (c) Sylvain Lamy

    édition : septembre 2020

    18,00 €
  • Amable : L'illusion du bloc bourgeois

    Jusqu'aux années 1980, la politique sous la Ve république s'est caractérisée par l'opposition entre deux blocs, respectivement de gauche et de droite. Depuis, la vie politique française est en situation de crise : ces blocs se délitent. L'éloignement des partis de gouvernement de l'ensemble des classes populaires semble inexorable qui laisse sur la touche, d'un côté, artisans, commerçants, très petits entrepreneurs déçus par une droite jugée trop timide dans la réforme libérale et, de l'autre, ouvriers et employés, hostiles aux réformes dont est porteuse une unification européenne d'inspiration libérale à laquelle le parti socialiste est farouchement attaché.
    La présidence Hollande n'est ainsi pas une anomalie dans l'histoire de la gauche de gouvernement mais la vaine tentative poursuivie depuis les années 80 de constituer un Bloc bourgeois enraciné dans la pensée " moderniste " et l'abandon des classes populaires

    En réaction, le pôle " souverainiste ", hostile à l'UE et à la monnaie unique, plutôt protectionniste, est traversé par des contradictions majeures portant principalement sur le marché du travail et la protection sociale.
    Les perspectives de la politique et de l'économie française, et même l'avenir du " modèle français ", dépendent donc de l'issue d'une crise politique qui n'est donc pas liée à des querelles d'appareils et encore moins de personnes, mais à la difficulté de former un nouveau bloc dominant. Elle est loin d'être terminée.

    édition : mars 2017.

    10,00 €
  • Amable et Palombarini : Où va le bloc bourgeois ?

    Dans ce livre d'entretiens, Bruno Amable et Stefano Palombarini, économistes et auteurs de L'Illusion du bloc bourgeois (Raisons d'agir, 2017), reviennent sur les hypothèses qu'ils formulaient sur la configuration sociale et politique singulière qui rendait possible l'élection de Macron en 2017 et les confrontent à la réalité de son quinquennat. A partir des résultats des élections de 2022, ils analysent les contradictions du bloc bourgeois et sa reconfiguration en un "bloc de droite 2. 0" , néolibéral et autoritaire, décortiquent les reconfigurations à l'oeuvre à droite et à gauche et s'interrogent sur les conditions d'émergence d'une "gauche de rupture" susceptible d'être majoritaire et de batailler l'hégémonie au projet néolibéral. édition : octobre 2022

    12,00 €
  • Arfi et Lhomme : Le contrat, Karachi, l'affaire que Sarkozy voudrait oublier

    Enquêter sur l’affaire de Karachi, c’est un peu comme essayer d’ouvrir un coffre-fort enfoui dans les sous-sols de l’État. Rares sont ceux qui veulent faire le casse avec vous.L’affaire de Karachi débute le 8 mai 2002. Ce jour-là, à six mille kilomètres de Paris, onze ingénieurs et techniciens français de la Direction des constructions navales (DCN) sont tués dans un attentat à la voiture piégée au Pakistan. Al-Qaida est immédiatement désigné comme responsable. Très vite, la raison d’État s’empare du dossier. Comme dans une poupée russe, une deuxième affaire va s'emboîter dans la première. Les employés de la DCN morts à Karachi travaillaient à l'exécution d'un contrat d'armement signé en toute hâte le 21 septembre 1994 par le gouvernement d’Édouard Balladur. Un an avant l'élection présidentielle. Nom du contrat : Agosta. Montant de l’opération : 825 millions d’euros. Derrière Agosta se cache en réalité une incroyable affaire de corruption internationale où l’on voit défiler intermédiaires sulfureux, commissions occultes, paradis fiscaux et appétits politiques voraces. Après plus de deux ans d’enquête, les auteurs livrent aujourd’hui de nombreux témoignages et documents inédits sur une affaire d’États dont ils ont pu établir que l'un des principaux acteurs est un certain Nicolas Sarkozy. Un ouvrage aux multiples révélations qui jette une lumière crue sur le business étatique des ventes d’armes et son corollaire, le financement occulte de la vie politique française. Le trou noir de la République. 365 pages édition: mai 2010

    24,00 €
  • Arfi Laske : Avec les compliments du guide

    Fruit de six années d’enquête, Avec les compliments du Guide retrace pour la première fois, grâce à des témoignages et des documents inédits, l’histoire secrète de compromissions à visages multiples avec la Libye de Kadhafi, une dictature.

    De la corruption aux mensonges sur l’intervention militaire de 2011, des morts suspectes qui tétanisent les témoins aux dessous d’une enquête parsemée d’embûches pour les juges et les policiers, Fabrice Arfi et Karl Laske révèlent les coulisses d’un naufrage français sans précédent

    édition : octobre 2017

    20,00 €
  • Badiou : De quoi Sarkozy est-il le nom ?

    Les détracteurs du « gouvernement Sarkozy » devront s’y résoudre : ce n’est pas plus dans l’examen de la personnalité de son « chef » que dans le compte des ralliements qu’il suscite qu’ils trouveront le moyen d’en précipiter la chute. Le philosophe Alain Badiou pose que, face à la brutalité (historiquement inscrite et idéologiquement fondée) des lois actuelles, la gauche ne peut qu’assumer à son tour l’héritage de ses valeurs essentielles, celles que le gouvernement et ses amis se plaisent à désigner comme obsolètes, irresponsables, ou même dangereuses. Ce n’est qu’ainsi qu’une véritable politique d’émancipation pourra à nouveau émerger. "« Entre nous, ce n'est pas parce qu'un président est élu que, pour des gens d'expérience comme nous, il se passe quelque chose. J'en ai assez dit sur le vote pour que vous sachiez que s'il s'est en effet passé quelque chose, on ne trouvera pas ce dont il s'agit dans le registre de la pure succession électorale. [...] On s'expérimente un peu aveugle, légèrement incertain, et finalement quelque peu dépressif. Oui, chers amis, je flaire dans cette salle une odeur de dépression. Je pose alors que Sarkozy à lui seul ne saurait vous déprimer, quand même ! Donc, ce qui vous déprime, c'est ce dont Sarkozy est le nom. Voilà de quoi nous retenir: la venue de ce dont Sarkozy est le nom, vous la ressentez comme un coup que cette chose vous porte, la chose probablement immonde dont le petit Sarkozy est le serviteur. » Alain Badiou Écrivain, philosophe, professeur de philosophie à l'École Normale Supérieure, Alain Badiou a récemment publié Logiquedesmondes . Le présent volume est le quatrième de la série « Circonstances », dans la collection Lignes. 160 pages édition : octobre 2007

    14,20 €
  • Bantigny Ludivine : "La plus belle avenue du monde"

    "Voie royale" ou "voie de gloire " , les Champs-Elysées sont l'objet de fantasmes qui les dépeignent depuis des siècles en avenue du luxe mondial, du plaisir et du pouvoir. En réalité, c'est un espace contesté, traversé par une forte conflictualité politique et sociale.
    La "prise" des Champs par les Gilets jaunes, de samedi en samedi, l'a plus que jamais révélé. Face aux superlatifs et à la cohorte de noms prestigieux qui dessinent une véritable mythologie, ce livre invite à déplacer le regard et à en explorer les coulisses, à contrechamp : la pauvreté et la précarité au coeur de l'opulence, le travail invisible, jusque dans l'intimité des palaces, les arrière-salles et les scandales du Fouquet's, jusqu'à son pillage.

    Recherche inédite à l'appui, fondée sur des archives foisonnantes et de nombreux entretiens, il plonge dans l'ambiguïté et la tension singulière des Champs-Elysées : avenue aristocratique et populaire, luxueuse et déviante, ostentatoire dans ses habits d'apparat, mais mise à nu parfois dans les moments de révolte et d'insurrection. Les Champs sont un concentré de richesses, de démesure et d'inégalités.
    Mais aussi un lieu intensément politique, comme une métaphore du monde tel qu'il est et tel qu'il est disputé, attaqué, refusé. "La plus belle avenue du monde" serait-elle aussi la plus rebelle ?

    édition : mars 2020

    21,00 €
  • Bantigny Ludivine : L'ensauvagement du capital

    Je lis le mot d’« ensauvagement » à longueur de journée, de colonnes, de slogans. Alors je reviens à Césaire qui décrivait l’Europe coloniale suçant comme un vampire le sang, les terres, les biens et la dignité même, ravalant l’humanité au rang amer des bêtes de somme. Ensauvagement : ce mot n’est pas réservé au passé. Il peut désigner la prédation qui enrégimente le vivant dans la sombre loi du marché. Le capitalisme a toujours été ensauvagé : ses origines sont tachées de sang. édition : décembre 2022

    4,50 €
  • Bantigny Ludivine : La France à l'heure du monde

    En quinze chapitres nourris des travaux les plus neufs en histoire, sociologie et sciences politiques, Ludivine Bantigny dresse un bilan éclairant des évolutions durant les quarante dernières années. Une histoire très contemporaine dont l’horizon est marqué par la mondialisation, le libéralisme économique et la conscience de crise. Quelle pertinence à réfléchir encore en termes nationaux au temps de l’apparent effacement des frontières ?
    De François Mitterrand à Emmanuel Macron, de la crise du creuset républicain aux conditions de travail, des genres de vie aux réflexions sur « l’omniprésent », ce livre fait la part égale au politique, aux transformations sociales et aux imaginaires, dans un monde devenu multipolaire. Une fois refermée la page des années 1968, une époque nouvelle est née. Elle n’est pas encore close. Ce volume affronte de plein fouet les défis de la contemporanéité, avec un ton personnel et engagé.

    Ludivine Bantigny est maîtresse de conférences habilitée en histoire à l’Université de Rouen. Son travail porte sur les engagements politiques et les mouvements sociaux. Elle a notamment publié 1968. De grands soirs en petits matinsédition poche : juin 2019

    11,80 €
  • Baubérot : La laïcité falsifiée

    Classiquement considérée comme un des principaux marqueurs de la gauche, la laïcité aurait-elle viré à droite, voire à l’extrême droite ? La question se pose depuis le « débat sur la laïcité » de l’UMP, les effets de manche de la droite populaire et les références répétées de Marine Le Pen à la séparation de la religion et de l’État.
    De nombreuses personnalités dénoncent cette dérive sans véritablement réussir à la réfuter. Protester contre la « stigmatisation » des musulmans – souvent le vrai motif de cette nouvelle posture « laïque » – est bien sûr nécessaire. Mais en rester là se révèle totalement insuffisant, car cette nouvelle laïcité de droite se pare de valeurs partagées comme la démocratie, l’égalité des sexes et la liberté d’expression. Il est donc urgent d’analyser, point par point, comment la laïcité peut être ainsi falsifiée et pourquoi on fait dire aussi facilement à la loi de séparation de 1905 le contraire de ce qu’elle a réellement dit.
    C’est ce que fait Jean Baubérot dans cet essai, où il démonte les mécanismes de la nouvelle laïcité et montre que, pour la promouvoir, il faut oser mettre en cause les structures dominantes de la société ellemême. Dans deux chapitres conclusifs passionnants, il propose un « programme républicain pour refonder la laïcité » et une libération des cléricalismes d’aujourd’hui, grâce à la recherche d’un art de vivre : la « laïcité intérieure ».

    10,00 €
  • Baubérot : Les 7 laïcités françaises

    Avec la loi de séparation des Églises et de l'État (1905) et son inscription dans la Constitution (1946 et 1958), la laïcité apparaît comme une référence importante en France.
    Depuis le début du XXIe siècle, elle est de plus en plus invoquée, et une très grande majorité de Français affirment qu'ils y sont «attachés». La plus grande confusion règne pourtant sur le sens de ce terme. De plus, hier valeur essentielle de la gauche, elle est de plus en plus omniprésente dans le discours politique de la droite et de l'extrême droite.
    En fait, nous explique Jean Baubérot, il n'existe pas de «modèle français» unique de laïcité mais des visions divergentes qui s'affrontent dans un rapport de forces toujours évolutif. Ainsi le contenu de la loi de 1905 a représenté un enjeu entre quatre conceptions différentes de la laïcité. Celles-ci ont subsisté en s'adaptant, alors que trois «nouvelles laïcités» ont apparu.
    Ces sept laïcités, l'auteur nous les décrit en les qualifiant :
    -laïcité antireligieuse,
    -laïcité gallicane,
    -laïcité séparatiste stricte,
    -laïcité séparatiste inclusive,
    -laïcité ouverte,
    -laïcité identitaire
    -et laïcité concordataire.

    Pour finir, Jean Baubérot expose les mutations de la laïcité depuis la fin du XIXe siècle et propose des hypothèses sur son devenir.

    édition : avril 2015

    12,00 €
  • Berardi : Tueries, forcenés et suicidaires à l'ère du capîtallisme absolu

    Le terrorisme suicidaire frappe aujourd’hui aussi bien à Columbine ou Utøya, que dans les rues de Paris. Sa violence multiforme surgit de partout et repousse chaque fois les frontières de l’horreur. Soutenir que ces assassins sont des forcenés ou encore les soldats fous d’une armée ennemie ne suffit plus à comprendre un phénomène aussi effarant.
    Franco « Bifo » Berardi s’intéresse ici à la psychopathologie, mais aussi aux origines économiques et politiques de ces meurtres de masse de plus en plus fréquents. Il démêle minutieusement l’enchevêtrement de désespoir, de ressentiment, de nihilisme et d’affirmation identitaire et de quête de célébrité qui pousse ces hommes à faucher la vie des autres avant de mettre fin à la leur. En ressort cet examen d’un corps social déchiqueté par le pouvoir absolu du capitalisme, pouvoir qui nous confine à une impasse, entre dépression et violence.
    Un état des lieux dont il faut prendre acte pour pouvoir à nouveau poser la question « Que faire ? » et chercher, dans la noirceur, d’éventuelles lignes de fuite.

    édition : janvier 2016

    20,00 €
  • Blanc Chery Naudin : Les historiens de garde

    De Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national.

    À la publication du Métronome de Lorànt Deutsch, les médias saluent unanimement le travail d’un passionné d’histoire sachant se mettre au niveau du public.
    Pourtant, son approche fait l’apologie de la monarchie, évoque avec nostalgie un passé fantasmé et réduit les révolutions à des instants de terrorisme sanglant.
    Les travaux de Lorànt Deutsch participent au retour en force de récits orientés, portés, notamment, par des conseillers politiques comme Patrick Buisson (ancien directeur de Minute, directeur de la chaîne Histoire) qui a travaillé à la publication du Paris de Céline avec le comédien, mais aussi par des personnalités médiatiques comme Franck Ferrand, Éric Zemmour ou Michel Onfray.
    Les auteurs s’inquiètent ici du réveil de cette histoire nationale dont Lorànt Deutsch est le poste avancé. Nationale, car il n’y est question que de la France au sens le plus étroit du terme.
    Nationale, car l’histoire n’y est envisagée que comme un support au patriotisme le plus rétrograde. Alors que les sciences historiques ne cessent de s’ouvrir à des horizons plus larges, cet essai tire la sonnette d’alarme contre les replis identitaires diffusés par ces « historiens de garde », en analyse les causes lointaines et propose de multiplier les initiatives en vue de rendre plus accessibles à tous des études historiques de qualité.

    édition : octobre 2016

    10,00 €
  • Blanchet : Les mots piégés de la politique

    «Laïcité, radicalisation, incivilités, communautarisme, Je suis Charlie.» Philippe Blanchet livre ici une édifiante dénonciation des contenus implicites dissimulés dans ces mots et expressions piégés par nos politiques, sous couvert de la défense d'une certaine vision de la « République ».
    Une analyse cruciale pour s'armer face à la propagande et à l'endoctrinement véhiculés par ces mots détournés.

    édition : mai 2017

    12,90 €
  • Bosc : Le peuple souverain et la démocratie

    Les événements politiques récents ont démontré que pour le plus grand nombre les questions de justice sociale sont indissociablement liées à l'idée de démocratie. Dans ce nouveau contexte les notions de peuple, de souveraineté et de représentation sont plus que jamais l'objet d'une lutte aussi bien dans les discours que dans la rue. Comme le montre cet essai, ces questions et ces combats sont, en France, à l'origine même du principe de République.

    Spécialiste de la Révolution française, Yannick Bosc nous explique l'action de Robespierre, et plus largement celle de la Montagne, pour ce qu'elle est, c'est-à-dire une oeuvre politique en acte visant à fonder des rapports sociaux et de pouvoir à la mesure de la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen.
    L'auteur analyse ainsi comment les événements de 1789-1794 firent émerger deux visions : une république élitiste contre une république populaire.

    édition : octobre 2019

    15,00 €
  • Brossat : Bouffon imperator

    « Ce récit en forme de journal est une fiction. Le héros, par antiphrase, en est un danseur de corde, bonimenteur et escamoteur, rompu à tous les arts grotesques de la charlatanerie, d'où le nom que nous lui donnons: "Bouffon". Ce n'est certes pas notre faute si Bouffon ressemble comme un frère (Bouffon s'attribue quantité de "frères", dont aucun n'est recommandable) à un personnage public récemment hissé sur le pavois, dont le nom et les agissements n'en finissent pas d'occuper (dans tous les sens du terme) les espaces publics : on verra dans cette coïncidence la pure et simple manifestation de l'état déplorable des affaires publiques. » Alain Brossat Alain Brossat enseigne la philosophie à l'université de Paris-8 Saint-Denis. II a récemment publié Le Sacre de la démocratie. 80 pages édition : janvier 2008

    12,20 €
  • Brossat coll : Je suis Charlie, ainsi suit-il

    Il peut apparaître qu'un énoncé facile et consensuel ("Je suis Charlie") en cache un autre, plus ambigu et litigieux : "Je suis Charlie" - du verbe suivre. La formation dans l'instant d'une masse suiveuse, rassemblée par le plus impérieux des affects de l'attroupement sous la houlette de l'autorité a été, en effet, l'un des traits majeurs de la situation nouée en France au lendemain des attentats de janvier 2015.
    Le trait grégaire et intolérant de ce rassemblement placé sous le signe de la tolérance a frappé plus d'un observateur étranger. Pendant quelques semaines, il n'a pas fait bon, dans ce pays, ne pas "être Charlie" dans les écoles et les espaces publics, la censure a fait son oeuvre avec rigueur au nom de la liberté d'expression et toute faculté critique s'est éteinte dans la presse et les médias.
    Ce livre collectif s'attache, avec le recul nécessaire, à analyser la face cachée de ce moment inédit de notre histoire politique où le beau motif de la fraternisation prit le visage déconcertant d'un enseignant embrassant un policier sous le coup de l'émotion consécutive aux attentats et à la convocation du peuple par l'autorité publique.

    édition octobre 2015

    22,00 €
  • Burgat : Comprendre l'islam politique

    La tradition « orientaliste » des savants arabisants français, qui avaient accompagné l’entreprise coloniale au XIXe siècle, a progressivement laissé la place au XXe siècle à une génération de chercheurs résolument anticolonialistes, à l’image de Maxime Rodinson, Charles-André Julien, Jacques Berque ou Charles-Robert Ageron.
    Il revient aujourd’hui à leurs héritiers d’éclairer l’apparition, dans la période postcoloniale, d’un « islam politique » qui cristallise une très profonde défiance. C’est ce à quoi s’emploie François Burgat dans cet ouvrage, en replaçant ses analyses dans le parcours personnel qui les a nourries et l’environnement scientifique qui les a accueillies.
    Depuis les années 1980, la répression des acteurs politiques musulmans par les régimes autoritaires et leur mise au ban par les États occidentaux ont contribué à alimenter frustrations, polarisations, violences, radicalisations, terrorisme... À rebours des explications simplistes ignorant trop souvent les racines historiques de ces évolutions, ce livre apporte une note dissonante. Son auteur raconte comment, pour décoder l’incomprise altérité islamiste, sa trajectoire de recherche l’a conduit à forger ses propres outils. De l’Algérie à la Syrie, en passant par la Tunisie, le Yémen, la Libye, l’Égypte, la Palestine et la France, il restitue ses rencontres avec nombre d’islamistes. Il montre que leurs motivations sont plus banalement profanes et politiques que religieuses. Et donc très loin des explications essentialistes qui s’obstinent à chercher dans le Coran du VIIe siècle les clés de l’islam politique contemporain.
    L’auteur poursuit ici une démarche de recherche entamée depuis quatre décennies en confrontant ses premières hypothèses aux turbulences des « printemps arabes » et à l’affirmation djihadiste. En contextualisant ses observations sur le temps long, il offre un précieux éclairage sur les conditions du dépassement de ce « défi islamiste ».

    édition : octobre 2016

    22,00 €
  • Cervera-Marzal: Pour un suicide des intellectuels

    Une critique radicale des intellectuels mettant en cause la séparation entre réflexion et exécution.

    Les débats sur les intellectuels sont souvent vifs en France. Benda, Sartre, Aron, Foucault et Bourdieu ont tous consacré des pages fameuses à l’engagement politique des intellectuels. À partir d’une relecture critique de ces classiques, Manuel Cervera-Marzal, jeune universitaire engagé, n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat sans se laisser aller à l’anti-intellectualisme.
    Provocateur, il cherche à faire réfléchir dans une direction hérétique : la redistribution radicale des tâches de réflexion et d’exécution dans nos sociétés.

    Ce pamphlet, en plus de proposer une critique actualisée des intellectuels, pose de manière originale les bases d’une utopie reconstructrice entre mutualisation des savoirs et construction d’une intelligence collective. Un point de vue original, associant la polémique à l’imagination utopique.

    Manuel Cervera-Marzal est docteur en science politique. Il est attaché d’enseignement et de recherche à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. À 28 ans, ce jeune chercheur a déjà publié 5 ouvrages dont Gandhi. Politique de la non-violence et Désobéir en démocratie. La pensée désobéissante de Thoreau à Martin Luther King.

    édition : février 2016

    12,90 €
  • Chamayou : Les chasses à l'homme

    Chasse aux esclaves fugitifs, aux Peaux-Rouges, aux peaux noires ; chasse aux pauvres, aux exilés, aux apatrides, aux Juifs, aux sans-papiers : l’histoire des chasses à l’homme est une grille de lecture de la longue histoire de la violence des dominants. Ces chasses ne se résument pas à des techniques de traque et de capture : elles nécessitent de tracer des lignes de démarcation parmi les êtres humains pour savoir qui est chassable et qui ne l’est pas. Aux proies, on ne refuse pas l’appartenance à l’espèce humaine : simplement, ce n’est pas la même forme d’humanité. Mais la relation de chasse n’est jamais à l’abri d’un retournement de situation, où les proies se rassemblent et se font chasseurs à leur tour. Si la chasse à l’homme remonte à la nuit des temps, c’est avec l’expansion du capitalisme qu’elle s’étend et se rationalise. En Occident, « de vastes chasses aux pauvres concourent à la formation du salariat et à la montée en puissance d’un pouvoir de police dont les opérations de traque se trouvent liées à des dispositifs d’enfermement… Le grand pouvoir chasseur, qui déploie ses filets à une échelle jusque-là inconnue dans l’histoire de l’humanité, c’est celui du capital. » Grégoire Chamayou, agrégé de philosophie, est chercheur à l’Institut Max Planck à Berlin. Il a aussi publié Les corps vils. Expérimenter sur les êtres humains aux XVIIIe et XIXe siècles (2008). Mars 2010 246 pages

    13,20 €
  • Charpier : L'agent Jacques Duclos

    Frédéric Charpier est connu comme journaliste d’investigation : il a beaucoup écrit aussi bien sur les RG et le PCF, l’extrême gauche, que sur la droite et l’extrême droite, la CIA en France, etc. Cette étude très documentée a utilisé les archives de la police et les dossiers secrets du PCF ou du PCUS. À travers ces prismes, on retrouve toutes les grandes étapes du PCF : lors des débuts de la IIIe Internationale, avant la Seconde Guerre mondiale, pendant la Résistance, la période de déstalinisation en URSS et dans les « démocraties populaires ». Le récit fourmille de centaines de noms de militants, connus ou inconnus, qui ont souvent servi dans la clandestinité l’appareil de la IIIe Internationale, avec ses multiples sociétés commerciales et parfois avec la complicité des autorités.
    Dans tout cet enchevêtrement, Jacques Duclos, sous sa bonhomie bien connue, va jouer un rôle décisif. Très lié à Staline qu’il a toujours admiré, il sera clandestin une bonne partie de sa vie, notamment pendant la guerre en France, alors que le secrétaire général du PCF, Maurice Thorez, vivait à Moscou. Ainsi Duclos va participer aux exécutions des trotskistes en Espagne, comme à celle de collabos en France ou d’oppositionnels au sein du PCF. Il aidera notamment après la guerre le dénommé Courtois à lancer une feuille oppositionnelle dans le parti, « Unir », qui permettra ainsi à la direction du PCF de connaître tous ses opposants en téléguidant du début à la fin le fameux Courtois. Il participera à l’élimination du PCF d’anciens dirigeants du parti et de la Résistance, tels Marty, Tillon ou Guingouin.
    Ce livre a le mérite de sortir du secret une partie de l’histoire cachée du PCF dont la nouvelle génération n’a même pas idée. Aujourd’hui, le PCF n’a plus grand chose à voir avec son passé, même si de nombreux vestiges persistent. Pour le grand public, il s’agira plus d’un polar permettant de découvrir le passé du PCF que d’un livre d’histoire.
    Alain Krivine

    édition : novembre 2015

    23,00 €