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Allemagne


  • Larissa Reisner (intro Radek) : Hambourg 1923, Sur les barricades, une bolchévique dans la Révolution allemande

    Larissa Reisner a rejoint volontairement l'Armée rouge comme combattante, elle seconde Trotsky à la bataille de Sviajsk, point tournant de la guerre civile.
    En 1923, ne tenant pas en place elle exige et obtient d'être envoyée là où les choses sérieuses se passent : en Allemagne où le sort de la révolution russe et mondiale se joue.
    Les scènes que Larissa Reisner décrit sans ce livre de façon si vivante, ont pour toile de fond la crise économique qui sévit alors.
    Car la Révolution allemande c'est d'abord les gens d'en bas qui souffrent. Les révoltes, les insurrections et contre insurrections armées, les manifestations et contre manifestations, les grèves, les occupations, s'enchaînent. En complète immersion dans la classe ouvrière, elle nous fait vivre, comme elle l'a vécu elle-même, ce moment où tout peut basculer.

    édition : aout 2020

    8,00 €
  • Mattick Paul : La révolution fut une belle aventure, de Berlin aux USA 1918-1934

    Le grand penseur Paul Mattick raconte sa traversée de l’âge des extrêmes, d’un continent à l’autre, et restitue l’ambiance de mondes disparus secoués par un puissant désir de liberté.
    Gamin révolté des rues du Berlin de l’après-Grande guerre, Paul Mattick commence par s’engager dans le mouvement spartakiste avant de devenir communiste anti-bolchevique. Au coeur des années de feu de la révolution allemande (1918-24), il nous raconte son incroyable parcours, entre action directe et répression, illégalisme et clandestinité. Le reflux du mouvement révolutionnaire et la montée en puissance des forces autoritaires – stalinisme et nazisme –, le poussent, comme tant d’autres, à l’émigration. Aux états-Unis, il s’engage aux côtes des IWW et d’autres groupes radicaux, puis il participe au grand mouvement des chômeurs des années 1930 où se mêlent hobos, syndicalistes et révolutionnaires. Il nous plonge dans ces moments d’intense agitation sociale, aujourd’hui méconnus.
    La belle aventure, ce fut, d’un continent à l’autre, la traversée des années bouillonnantes de l’« âge des extrêmes ». Paul Mattick la raconte avec une sagacité qui laisse toute la place à ses camarades de lutte, à ses ennemis aussi, aux débats d’idées qui accompagnent toujours l’action, à la rencontre des ouvriers radicaux avec les avant-gardes artistiques de l’époque, expressionnistes et dadaïstes. Ce témoignage exceptionnel restitue l’ambiance de mondes disparus secoués par le puissant désir d’une société libérée de l’exploitation. Désir qui court au fil de ces pages et qui est, lui, d’une fraîcheur et d’une actualité saisissante.
    Né à Berlin et mort à Boston, Paul Mattick (1904-1981) est connu comme théoricien du communisme de conseils. Il laisse une oeuvre importante traduite en de nombreuses langues
    .édition octobre 2013

    17,00 €
  • Mehring : Histoire de la social-démocratie allemande 1863-1891

    Histoire de la social-démocratie allemande de 1863 à 1891 Cet ouvrage n'avait jamais été traduit en français. Cette édition le rend enfin accessible, ce qui est d'autant plus important que très peu d'écrits sont disponibles en France sur la riche histoire de ce grand parti ouvrier socialiste qui fut, avant la Première Guerre mondiale, le plus important propagateur des idéaux de transformation sociale. Ce volume est consacré à la naissance du mouvement socialiste, à son développement, à sa transformation en parti de masse pendant la période 1863-1891, que l'on appelle l'ère Bismarck.

    Face à l'hostilité du gouvernement et de nombre d'industriels qui usèrent contre lui de l'intimidation, des licenciements, de la calomnie et, pour finir, des lois d'exception, les militants socialistes empruntèrent différentes voies : la propagande bien sûr, l'agitation politique et le travail parlementaire, puisque malgré l'interdiction, les socialistes conservaient le droit de se présenter aux élections ; le parti existait également au travers de ses syndicats, de ses coopératives, de ses caisses de secours, de ses associations culturelles et sportives.

    Les décennies 1870 et 1880 furent donc celles d'un fort développement du mouvement socialiste qui, malgré la répression, s'est enraciné dans une classe ouvrière de plus en plus nombreuse, dans le cadre d'un pays en plein essor économique. En 1890, une importante radicalisation ouvrière, une montée socialiste aux élections et l'éviction du chancelier Bismarck se conjuguèrent pour imposer la fin des lois d'exception. Le parti revenu à la légalité put alors se donner un nouveau nom : SPD, Parti social-démocrate d'Allemagne.

    edition : mai 2013, 766 pages

    35,00 €
  • Meinhof Ulrike : Tout le monde parle de la pluie et du beau temps PAS NOUS

    Les mouvements de contestation des années 1960-1970 exercent encore aujourd’hui une réelle fascination, en particulier auprès de jeunes militants qui y trouvent un écho à leurs propres questionnements.
    Cette sélection de textes d’Ulrike Meinhof révèle, par-delà les mythes entourant la terroriste de la bande à Baader, les qualités d’écriture et la cohérence d’une pensée critique qui s’élabore au fil de ces chroniques parues de 1960 à 1968.

    " Nous y sommes ! Tout le monde recommence à parler de la pluie et du beau temps ! Ce que l’on juge apolitique, c’est l’oppression presque entièrement internalisée des femmes, une oppression qui demeure absolument incomprise."

    édition : mars 2019

    17,00 €
  • Muhsam : La République des conseils de Bavière. Munich du 7 novembre 1918 au 13 avril 1919

    II y a 80 ans, en 1919, le peuple allemand épouvanté par les désastres de la guerre de 14-18, écrasé d'impôts, affamé, opta pour la voie révolutionnaire suivant en cela l'exemple russe, à l'inverse, la France préféra élire la Chambre bleue.
    Dans nombre de villes allemandes il y aura des conseils ouvriers et de soldats ou une commune comme à Berlin. Le peuple lassé par l'union sacrée (gouvernement impérial plus les socialistes) et après la déroute du militarisme inventa une nouvelle forme de gouvernement : les conseils. La société sera démocratique « horizontale » et directe plutôt que parlementaire et de délégation.
    Evidemment l'issue sera tragique : l'alliance des forces armées aux ordres des sociaux-démocrates (les aurochs) tue et jette en prison un grand nombre d'anarchistes, de spartakistes, de communistes et de socialistes... ti4ühsam, en prison écrit ce texte précis sur le déroulement politique de cette révolution unique : la République des Conseils de Bavière.
    Vers une société libérée de l'Etat, interdit par le gouvernement allemand en 1932 sera l'un des derniers textes de Mühsam. Il réfléchit aux principes d'une société idéale anarchiste communiste, et émet des thèses pour se libérer de l'Etat bourgeois, du socialisme social-démocrate ou du communisme bureaucratique.
    Mühsam est l'archétype du militant anarchiste allemand. Journaliste et écrivain, il assure pratiquement seul la revue Kain, dénonce très tôt le militarisme, participe à la grève de janvier 1918, puis au Conseil de Bavière, condamné à quinze ans de forteresse, amnistié en 1924, membre actif du Secours Rouge, publie de 1926 à 1931 Fanal, organe de l'Anarchistische Vereinigung. Ami de Landauer mais aussi de Rudolf Rocker et de Nettlau, il fut un des dénonciateurs les plus virulents du nazisme. Il sera arrêté dans la nuit de l'incendie du Reichstag...
    195 pages Edition : 1999

    15,15 €
  • Mühsam : Une vie de révolte

    ARTICLE TIRE DU SITE : "drapeaunoir.org" : Avant tout, Muhsam a été un agitateur, doué d'un sens prononcé pour la provocation, avec une bonne composante d'humour, habitué des cafés littéraires, il savait y faire apprécier ses poèmes caustiques. Ecrivain et journaliste de combat, souvent en conflit avec les autorités à cause de sa liberté de parole, il greffait de préférence sa réflexion sur les événements de la vie quotidienne. Son existence d'"en-dehors", comme on disait alors en France, l'amenait selon des témoignages de contemporains à se tourner d'abord vers les exclus, chômeurs, repris de justice. Un de ses essais est consacré à l'homosexualité. Mais ce littérateur était aussi un homme d'action, confiant dans les vertus du "détonateur". Condamné à quinze ans de détention pour sa participation à la République des conseils de Munich, libéré après cinq ans, il a été également une des premières victimes du régime hitlérien auquel il s'était opposé dès le départ avec énergie et lucidité.
    Erich Muhsam est né le 6 avril 1878 à Berlin, d'une famille juive. Son père est pharmacien. Dès ses études secondaires, à Lubeck, il manifeste son esprit de révolte et son sens critique en publiant dans un journal social-démocrate de la ville plusieurs articles anonymes sur la vie d'internat. Il est renvoyé du collège pour "activités socialistes". Après son baccalauréat, il est quelque temps apprenti puis aide-pharmacien.
    Bientôt, il fait la connaissance de Gustav Landauer et s'associe avec lui aux activités de la "Nouvelle Communauté", un groupe littéraire libéral qui exercera par la suite une assez grande influence sur la vie intellectuelle allemande. Il fait quelques voyages en Suisse, en Italie, en Autriche et an France. En 1909, il s'installe à Munich où il gagne sa vie en collaborant à divers journaux, notamment à "Jugend" et à "Simplicissimus". Au mois d'avril 1911, il fonde la revue mensuelle "Kain" qu'il arrive à maintenir jusqu'à la guerre et dont il publie une nouvelle série de novembre 1918 à avril 1919.
    En janvier 1918, au moment de la grève générale déclenchée dans toute l'Allemagne par les ouvriers des fabriques de munitions pour manifester contre la guerre, Muhsam harangue à Munich les travailleurs des usines Krupp. De plus, Il a refusé d'être incorpore dans le service auxiliaire patriotique qui vient d'être instauré. La police l'arrête et l'envoie en résidence surveillée. Libéré le 5 novembre, il tient au cours des trois journées suivantes des discours pacifistes devant les casernes munichoises.
    Après la proclamation de la République de Bavière et la constitution du Conseil des ouvriers, des soldats et des paysans, il est un des partisans les plus actifs du "pouvoir des conseils" et combat avec acharnement le retour à l'ancien parlementarisme. Le 7 décembre, 400 hommes conduits par Muhsam et Rudolf Egelhoffer, l'un des principaux responsables de la mutinerie de KIEL, occupent les locaux de la presse munichoise. Eisner intervient personnellement, en pleine nuit, pour faire cesser l'occupation. L'opération se poursuit alors au ministère de l'Intérieur, où ils arrachent sa démission au ministre social-démocrate Aber. Mais les troupes gouvernementales les dispersent.
    Le 10 janvier 1919, craignant des troubles à l'occasion des élections législatives, Eisner fait arrêter Muhsam et onze autres militants du Conseil ouvrier révolutionnaire et du K.P.D., mais une manifestation l'oblige à les libérer. L'un d'entre eux, le communiste Max Levien qui adhère aussi au Conseil ouvrier révolutionnaire animé par Muhsam, est arrêté à nouveau début février pour un discours prononcé au Conseil central où il appelait à la lutte décisive contre la bourgeoisie. On fait état contre lui d'un article de l'ancien code pénal concernant l'"excitation". les déléguée du Conseil ouvrier révolutionnaire (R.A.R.), dont Landauer et Muhsam, se rendent au ministère de la Justice pour obtenir sa libération en menaçant d'une manifestation de masse. Il est relâché le même jour, le 9 février, et rejoint immédiatement une réunion du R.A.R. destinée à organiser la manifestation. Sur proposition de Landauer, le R.A.R. se rend, drapeau rouge en tête, vers le théâtre ou le Conseil central délibère lui aussi sur les décisions à prendre pour défendre la liberté d'expression et faire abroger l'article sur l'"excitation". La réunion sera agitée, au moment où le R.A.R. et les communistes réclament d'ajouter aux mots d'ordre de la démonstration, la démission de certains ministres et la non-convocation de l'Assemblée nationale, les socialistes majoritaires quittent la salle. Ils sont remplacés aussitôt par les "hommes de confiance" des entreprises munichoises, et la très importante manifestation du 16 février est décidée.
    Début avril, les Conseils d'ouvriers d'Augsbourg déclenchent une grève politique avec les mots d'ordre "dictature illimitée du prolétariat, création d'une République des conseils, alliance avec la Russie et le Hongrie soviétiques, rupture des relations avec le gouvernement central de Berlin formation d'une armée révolutionnaire. Muhsam est un des instigateurs de la grève.
    Plusieurs villes de Bavière suivent le mouvement. A Munich, Muhsam est de ceux qui interviennent avec le plus de détermination pour inciter à la proclamation de la République des conseils de Bavière, dans la nuit du 6 au 7 avril. Selon les souvenirs du social-démocrate Niskisch, qui préside alors le Conseil central (il démissionnera après cette séance et sera remplacé par Ernst Toller) Muhsam se propose comme délégué du peuple aux Affaires extérieures. Il est contré amicalement par Landauer, ce qui ne l'empêche pas de soutenir chaleureusement celui-ci pour la délégation à l'Education.
    Le 13 avril, au cours du putsch social-démocrate, Muhsam est arrêté avec certains délégués du peuple, et conduit à la prison d'Ebrach, près de Bamberg, Cette arrestation lui évite sans doute d'être abattu après le 1er mai. Le procès du Muhsam et de ses douze camarades a lieu en juillet, à Munich. Il se défend de manière courageuse et sarcastique. La cour martiale le condamne à quinze ans de détention, Il est emprisonné à Ansbach, puis à Niederschonenfeld. Durant son incarcération, il écrit un "Hommage à Landauer", des poèmes et son drame "Judas" qui figurera au répertoire de Piscator.
    Muhsam, à qui il arrivait de se dire bolchevik, croyait que la Révolution d'Octobre réconcilierait le marxisme et l'anarchisme. En 1920, il écrit notamment "Les thèses théoriques et pratiques de Lenine sur l'accomplissement de la révolution et les tâches communistes du prolétariat ont donné à notre action une nouvelle base... Plus d'obstacles insurmontables à une unification du prolétariat révolutionnaire tout entier". L'écrasement de Kronstadt et de la Makhnovtchina sapent ses espoirs. Mais jusqu'à la fin de sa vis, il s'efforce d'unir l'action des anarchistes et des marxistes révolutionnaires contre la bourgeoisie et le national-socialisme.
    Il est libéré le 21 décembre 1924, à l'occasion d'une mesure d'amnistie destinée d'abord à remettre en liberté un certain Adolf Hitler. Le lendemain, Ces milliers d'ouvriers berlinois l'attendent à la gare. Pendant six mois, il parcourt l'Allemagne et parle en faveur des prisonniers politiques. Il s'occupe ensuite des cas individuels, celui en particulier du militant communiste Max Holz condamné à la détention à vie. Il participe aussi à la campagne pour Sacco et Vanzetti. En octobre 1926, il fonde la revue mensuelle "Fanal" qui tient jusqu'en 1931. (Elle doit être prochainement republiée en fac-similé). Il crée également sa propre maison d'édition et publie plusieurs ouvrages : ses souvenirs sur la République des conseils, un récit de ses rencontres littéraires, un essai sur l'anarchisme communiste. Jusqu'à l'avènement du 111ème Reich il participe à de nombreux meetings contre le nazisme.
    Le 28 février 1933, quelques heures après l'incendie du Reichstag il est arrêté alors qu'il s'apprête à quitter l'Allemagne. Il séjourne dans plusieurs geôles hitlériennes avant d'aboutir au camp de concentration d'Oranienburg. Il est pendu par les S. S. dans la nuit du 9 au 10 juillet 1934. Les nazis prétendent qu'il s'est suicidé, mais plusieurs témoignages prouvent qu'il a été froidement assassiné.
    Le jour de son enterrement, le 16 juillet, sa femme se réfugie en Tchécoslovaquie. Quelques mois plus tard, elle est invitée en Russie où elle emporte tous les manuscrits de Muhsam car on lui promet une édition de ses oeuvres complètes. Les documents vont aux archives soviétiques, et la censure autorise seulement la parution de quelques poèmes et de souvenirs littéraires. Lors des purges staliniennes, en 1936, Zesnt Muhsam est arrêtée, condamnée a huit ans de travaux forcés et déportée. Elle sera libérée une quinzaine d'années plus tard, malade et commençant à perdre la raison, pour être envoyée en Allemagne de l'Est. Elle meurt à Berlin-est le 10 mars 1962.
    (La plupart des informations ci-dessus sont tirées de la biographie de Muhsam par Roland Lewin )
    À partir d'août 1914, il n'échappa pas au délire nationaliste, mais, dès 1916, il s'engagea résolument dans la lutte contre la guerre, tentant vainement, et non sans quelque naïveté, de rassembler tous ses opposants dans une même organisation.
    En 1918, il participa à la grève de janvier, puis à la révolution de novembre à Munich. Coopté au Conseil ouvrier révolutionnaire de la ville, il appartint au gouvernement de la république des conseils de Bavière aux côtés de Gustav Landauer et Ernst Toller. Après son arrestation, le 13 avril 1919, il fut condamné à quinze ans de forteresse où il subit de mauvais traitements. Libéré à la faveur de l'amnistie du 21 décembre 1924, il s'installa à Berlin et milita à l'Union anarchiste, une scission de la Föderation Kommunistischer Anarchisten Deutschland, dont il devint l'un des leaders.
    Parallèlement, il participa quelque temps à la campagne de la branche allemande du Secours rouge international pour obtenir la libération des milliers de militants emprisonnés suite à la révolution de novembre 1919. Après une brève adhésion de trois mois au KPD en 1919, ce compagnonnage avec une organisation du mouvement communiste international lui valut de nombreuses critiques dans les milieux anarchistes. Cependant, par l'intermédiaire de Rudolf Rocker, il adhéra à l'organisation anarcho-syndicaliste, la Freie Arbeiterunion Deutschlands (FAUD) et prit définitivement ses distances avec un mouvement communiste en voie de rapide stalinisation. De 1926 à 1931, il fit paraître la revue Fanal où il traitait aussi bien de l'actualité que de théorie, d'art ou de littérature. Soucieux d'utiliser d'autres moyens de propagande, il s'exprima aussi à la radio dès la fin des années 20.
    Pressentant les dangers du fascisme, il préconisa vainement un front commun des antifascistes. Après l'arrivée de Hitler au pouvoir, il resta en Allemagne et fut arrêté lors de l'incendie du Reichstag, le 28 février 1933. Interné au camp de concentration d'Orianenburg, il y subit tortures et humiliations avant d'être "suicidé" par ses geôliers.
    Sa compagne, Kreszentia (dite Zensl), se réfugia à Prague en 1934. Elle fut invitée à se rendre à Moscou par Helena Stassova du Secours rouge international avec la promesse de publier les Ïuvres complètes d'Erich Mühsam. Comme de nombreux allemands, réfugiés communistes ou antifascistes, elle fut arrêtée au début des "grandes purges". En Europe, la presse anarchiste s'en fit l'écho; ainsi, en France, Le Libertaire (n° 502, 25 juin 1936), établissait un parallèle entre les persécuteurs d'Erich et Zensl Mühsam:
    "Staline et Hitler ont prouvé plus d'une fois qu'ils étaient capables des crimes les plus crapuleux, et ceux qui ont assassiné Erich Mühsam il y a deux ans, comme ceux qui ont emprisonné Zensl Mühsam il y a quelques semaines, oppriment de la même façon la pensée révolutionnaire".

    Margarete Buber-Neumann fut pendant quelque temps sa compagne de cellule à Boutyrki, la prison centrale du N.K.V.D. à Moscou, avec les ressortissants du Reich qui allaient être livrés à l'Allemagne, à la suite du pacte soviéto-nazi. Contrairement à sa compagne de détention, Zensl Mühsam ne fut pas livrée aux nazis, mais resta en détention en U.R.S.S. Après la Seconde Guerre mondiale, elle fut envoyée en Allemagne orientale alors qu'elle était gravement malade et intellectuellement épuisée. Le régime est-allemand lui octroya une pension et utilisa plusieurs fois son nom. À l'annonce de sa mort à Berlin-Est, le 10 mars 1962, la presse libertaire lui rendit hommage en soulignant qu'elle avait été "victime des persécutions de Hitler, Staline et Ulbricht".

    Sources:
    C. Jacquier, "Une lettre de Jean-Paul Samson à Romain Rolland sur Zensl Mühsam", La Nouvelle Alternative, n° 38, juin 1995
    – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier international (Allemagne), Editions ouvrières, 1990
    – Roland Lewin, "Erich Mühsam 1878-1934", supplément du Monde libertaire (n° 143, juin 1968

    245 pages édition : septembre 2008

    18,00 €
  • Ni parlement, ni syndicats : les conseils ouvriers ! Les communistes de gauche dans la Révolution allemande (1918-1922)

    " Anéantir la totalité de l'appareil d'Etat avec son armée, sa police, ses geôliers et ses juges, avec ses curés et ses bureaucrates, voilà la première tâche de la révolution prolétarienne ". Ce programme net sans ambages était celui du Parti communiste ouvrier d'Allemagne (KAPD), en ces année de 1918 à 1923, où l'on put croire que ce pays allait suivre l'exemple russe de 1917 et assurer ainsi le triomphe de la révolution mondiale. Ses militants, qualifiés de " gauchistes " par Lénine, avalent leurs conceptions propres (antiparlementaristes et antisyndicalistes) qui les séparaient tant des bolcheviks autoritaires spartakistes indécis, et, plus tard, de la PC officiel, bien vite inféodée à Moscou. Les auteurs des textes et discours ici reproduits sont pour la plupart tombés dans l'oubli. A l'exception peut-être du psychologue Otto Rühle ; des futurs "nationaux-bolcheviks " Laufenberg et Wolffhieim, dirigeants de la révolution de 1918 à Hambourg ; du poète hollandais Gorter ; de l'astronome, théoricien des conseils ouvriers, Anton Pannekoek ; ou enfin de Franz Pfemfert, directeur du journal expressionniste Die Aktion. 324 pages Edition : 2003

    14,20 €
  • Papp : De l'Autriche-Hongrie en guerre à la République hongroise des Conseils (1914-1920)

    édition : octobre 2015L'empire d'Autriche-Hongrie a vu son sort complètement bouleversé par la guerre de 1914-1918. L'aigle à deux têtes, symbole de la « double monarchie » dirigée par la dynastie des Habsbourg, ne résistera pas aux conséquences de la défaite militaire de la triple alliance. Qu'était-ce cet énorme empire aux multiples nationalités ? Comment la guerre fut-elle imposée aux peuples ? Quelle fut l'attitude des courants socialistes face à la guerre ?
    Mais l'histoire de cette région ne s'arrêta pas au lendemain de l'armistice. Car la révolution russe de 1917 suscita un immense espoir de changements sociaux, qui culmina, en mars 1919, avec la République des Conseils de Hongrie.
    Cette histoire foisonnante de ce qui était au centre historique et politique de l'Europe reste largement méconnue en France. Cet ouvrage contribuera à la faire connaître à ceux qui veulent comprendre le passé pour préparer l'avenir.édition : septembre 2015
    édition : octobre 2015

    16,50 €
  • Pliever : L'empereur partit, les généraux restèrent

    SORTIE : LE 15 MARS

    L’Empereur partit, les généraux restèrent, ou Histoire d’une révolution manquée. Avec en filigrane le programme d’une caste militaire décidée, quel qu’en soit le prix, à s’accrocher au pouvoir malgré son écrasante responsabilité dans la barbarie montante de ce jeune XXe siècle, l’action de ce « roman-documentaire » s’étend du 16 octobre au soir du 9 novembre 1918, c’est-à-dire de l’effondrement du front à la proclamation de la Ire République allemande.
    Le récit commence dans la boue d’une tranchée, s’attache à la révolte des matelots de la marine impériale, il s’achève sur le pacte secret scellé entre le social-démocrate Ebert et le chef de l’armée, Groener.
    Il trouve son unité et son esthétique narrative dans la brutale accélération des événements révolutionnaires au cours des dernières semaines de la guerre.
    On comparera cet ouvrage à ceux d’Alfred Döblin à la même époque. On pensera au roman d’Adam Scharrer Les Sans-patrie, mais aussi au livre de Remarque À l’Ouest rien de nouveau. Mais en en refermant les pages, il ne restera plus qu’à méditer les mots de Plievier lui-même : « Ceci n’est pas un roman, mais un document ! »

    édition : mars 2021

    21,00 €
  • Prudhommeaux : Spartacus et la Commune de Berlin (1918-1919)

    Même si l’Allemagne avait connu dès janvier 1918 un vaste mouvement de grèves avec formation de conseils ouvriers, c’est la mutinerie des marins de Kiel, à la fin du mois d’octobre, qui sera l’évènement déclencheur de la révolution. Dès ce moment s’organise aussi la contre-révolution, sous la direction du parti social-démocrate. Friedrich Ebert, qui sera le premier président de la république allemande, dira « qu’il hait la révolution comme le péché ». Et c’est un autre social-démocrate, Gustav Noske, qui annoncera que « s’il faut un chien sanglant, je serai celui-là » et qui dirigera l’action des milices contre-révolutionnaires. Désireux d’élucider les causes de l’échec de la révolution prolétarienne en Allemagne, André et Dori Prudhommeaux ont enquêté sur place des années 1920 au début des années 1930 et ont traduit à cette époque une première série de documents, que René Lefeuvre publia en 1934 sous forme d’un numéro spécial de la revue Masses. Ils les enrichirent pour la nouvelle édition qu’en firent, en 1949, les Cahiers Spartacus. Après un exposé des principales étapes de la révolution en Allemagne en 1918–1919, on y trouvera les documents suivants : - Le compte rendu du congrès qui, à la fin de décembre 1918, aboutit à la création du Parti communiste par la Ligue Spartacus, animée en particulier par Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, et les groupes communistes internationalistes – Le discours sur le programme qu’y tint Rosa Luxemburg – Le programme de la Ligue Spartacus – Les deux derniers articles écrits par Karl Liebknecht (Malgré tout !) et Rosa Luxemburg (L’ordre règne à Berlin) avant leur assassinat le 15 janvier 1919.127 pages Edition : 1977

    7,00 €
  • Richez : Une révolution oubliée, Alsace-Lorraine 1918

    Novembre 1918 : la guerre s'achève, l'empire allemand s'effondre et la révolution éclate en Allemagne avec ses conseils ouvriers et de soldats, en écho aux soviets au pouvoir en Russie. En Alsace-Lorraine, la France et l'Allemagne entendent organiser en bon ordre l'évacuation des troupes allemandes et l'arrivée de l'armée française. Cependant, le vent de la révolution souffle en Alsace-Lorraine comme dans toute l'Allemagne.
    Les soldats arrachent leurs insignes aux officiers, des grèves éclatent. Le drapeau rouge flotte sur la cathédrale de Strasbourg. Les conseils d'ouvriers et de soldats s'emparent du pouvoir dans les principales villes de la région. Ils organisent la vie quotidienne : transports, finances, ravitaillement, mais se divisent profondément à la fois sur la question du socialisme et sur la question nationale.
    Affolé, le gouvernement français, en accord avec les autorités allemandes, précipite l'arrivée de ses troupes, ce qui signe la fin du mouvement révolutionnaire et des espoirs d'un monde meilleur. L'agitation sociale va cependant perdurer au cours des deux années qui suivent, au-delà de l'accueil triomphal, mais non partagé par tous, réservé aux troupes françaises. Jean-Claude Bichez nous propose le récit détaillé de cet épisode méconnu de la fin de la Première Guerre mondiale.

    édition : juin 2020

    20,00 €
  • Rustico/Etchebehere : 1933, la tragédie du prolétariat allemand

    Dans les mois qui suivirent la révolution d'Octobre, Lénine et les plus lucides des bolcheviks l'affirmèrent avec force : si la Russie restait isolée, si les pays les plus industrialisés, et en premier lieu l'Allemagne, n'étaient pas gagnés par la révolution socialiste, alors celle-ci périrait. C'est dans cette perspective qu'ils créèrent l'Internationale communiste au début de 1919. Même si celle-ci et sa subordination au parti bolchevik furent contestées dès sa fondation, même si, très vite, des révolutionnaires dénoncèrent la dictature du parti russe sur le prolétariat, elle représenta pendant des années encore pour de nombreux militants la lumière qui s'était allumée à l'Est, la perspective toute proche d'un monde libéré du capitalisme et des immenses massacres impérialistes. Pour Hippolyte Etchebehere, dit Rustico, l'Allemagne en crise du début des années 1930 restait le champ de bataille où se jouait l'avenir de la révolution, aussi bien par la puissance de son industrie que par celle de ses organisations ouvrières. A Berlin, aux côtés de ces communistes qui sont pour lui des révolutionnaires, il va vivre ces semaines de l'hiver 1932-1933 dont on s'apercevra que s'y décida le sort d'au moins une génération. Mobilisation des militants, immobilisme des partis et des syndicats, alliance des nazis et de l'appareil d'Etat : Rustico les vit jour après jour et témoigne que le nazisme fut d'abord une contre-révolution, avec, parmi ses premières victimes, une social-démocratie pourtant devenue un rouage de l'Etat allemand et un parti communiste instrument dévoué de l'Etat soviétique. 84 pages Edition 2003

    9,00 €
  • Steiner : RAF, la guérilla urbaine en Europe occidentale

    En 1972, alors que la jeunesse occidentale poursuit sa mobilisation contre la guerre du Viêtnam, des bombes explosent aux quartiers généraux américains de Francfort et Heidelberg. Des soldats sont tués et des ordinateurs chargés d'assurer une partie de la logistique de l'armée américaine au Viêtnam sont détruits. Pour la première fois, un groupe de lutte armée, la RAF, affirme qu'il ne représente que lui-même, qu'il est sujet révolutionnaire. Il attaque l'impérialisme au coeur même des métropoles, en Allemagne fédérale. Pour les militants de la Fraction armée rouge, le mot d'ordre du mouvement étudiant, « Il faut lutter ici et maintenant », est devenu une prescription éthique qu'ils ont assumée jusqu'en prison, dans les conditions les plus dures. D'autres attentats suivront, contre des juges, des policiers, un groupe de presse. En 1977, le groupe s'attaque au « chef » du patronat allemand, un ancien SS chargé de hautes responsabilités sous le Troisième Reich. Cet ouvrage accorde une place déterminante aux écrits de la RAF et aux enjeux qu'ils sous-tendent car c'est avant tout la production théorique du groupe qui éclaire le mieux sa cohérence et sa singularité. Les entretiens menés avec d'anciens militants, sympathisants et avocats permettent de retracer des itinéraires et de. montrer l'importance des rencontres et du contexte pour l'émergence d'un groupe porteur d'une pratique aussi radicale.
    Anne Steiner, maître de conférences au département de sociologie de l'université de Nanterre, a soutenu en 1985 une thèse sur la violence révolutionnaire en Allemagne de l'Ouest. Ses dernières recherches portent sur le mouvement anarchiste individualiste. Loïc Debray, professeur de mathématiques, écrit depuis plusieurs années dans la revue Temps critiques où il développe une analyse politique de l'individu. 255 pages. Edition : juin 2021

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