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Féminisme


  • Marzano : La philosophie du corps

    Les philosophes ont souvent préféré méditer sur l’âme et ses passions, faire des enquêtes sur l’entendement humain, ou encore critiquer la raison pure, plutôt que se pencher sur la réalité du corps et sur la finitude de la condition humaine. Pourtant, même si le corps a souvent été considéré comme un fardeau entravant la connaissance et la vertu, aucune philosophie n’a jamais pu faire l’économie de sa présence. C’est dans et avec son corps que chacun de nous naît, vit, meurt c’est dans et par son corps qu’on s’inscrit dans le monde et qu’on ren-contre autrui. Cet ouvrage analyse les paradoxes de notre rapport au corps et la manière dont chaque époque invite à le repenser. Edition 2009; 127 pages

    9,00 €
  • Meillassoux : Femmes, greniers et capitaux

    Article de Jean Copans tiré du site "Cahiers d'Etudes Africaines" : C’est au milieu des années 1970 qu’il synthétise le plus clairement ses principes théoriques. En 1975, paraît en effet son ouvrage fondamental, Femmes, greniers et capitaux, qui examine d’une part les logiques du mode de production domestique et de l’autre les effets de sa surexploitation par le système impérialiste (Meillassoux 1975). De l’aveu même de son éditeur, F. Maspero, l’ouvrage est un best-seller et comportera plusieurs rééditions à l’époque. Cet ouvrage ne fait que poursuivre et développer les idées pionnières de l’article de 1960 et de leur explicitation dans Anthropologie économique des Gouro. La relecture de ces textes par les autres anthropologues marxistes français leur ont assigné une qualité quasiment biblique. Le commentaire le plus fameux, et qui à lui seul symbolise cette réception des idées de Meillassoux, est celui de E. Terray (1969) qui constitue l’un des deux textes de Le marxisme devant les sociétés « primitives » : « Le matérialisme historique devant les sociétés segmentaires et lignagères ». Cette réinterprétation althusserienne confirme, malgré les désaccords mis à jour, la portée historique de l’intrusion du marxisme de Meillassoux dans l’anthropologie. La communauté domestique, selon C. Meillassoux, est le premier mode de production qui assure, au sein même de la mécanique des rapports de production, la dialectique de la reproduction sociale (et par-là même démographique) d’une société humaine. C’est cette vertu que les modes de production ultérieurs, et notamment le mode capitaliste, utiliseront à leur propre profit, en exploitant en quelque sorte deux fois (en surexploitant) la force de travail originaire de la communauté domestique. Un débat secondaire s’enclenchera sur la réalité de l’existence ou non de classes sociales dans ce mode de production. 255 pages édition : décembre 2005

    22,35 €
  • Michel Andrée : Féminisme et antimilitarisme

    Avant, explique Andrée Michel, je me disais pacifiste. Aujourd’hui, je préfère me déclarer antimilitariste pour signifier mon opposition à toutes les opérations menées pour promouvoir la production et la vente d’armements.

    Composé en deux parties – "la guerre contre les femmes" et "résistances féministes" – ce recueil rassemble, à côté d'articles de fond publiés dès les années 1980, les textes inédits d'interventions dans des colloques internationaux, notamment en Colombie, à l'invitation d'organisations féministes.

    Pionnière des études sur le rôle et la place des femmes dans la famille et dans la société, féministe de la première heure, Andrée Michel est l'une des rares, en France, à travailler sur l'articulation du pouvoir d'État avec le puissant lobby de l'armement. Elle analyse la "culture de guerre" qui en découle en y introduisant les dimensions de la classe et du sexe, ce qui l'amène à qualifier l'industrie de l'armement de "formation sociale aggravée du patriarcat". Un modèle qui a pour conséquences inéluctables une extension des conflits armés et une aggravation des pauvretés qui frappent les hommes comme les femmes mais stigmatisent durablement les secondes. Les viols de guerre et la prostitution au service des armées ne sont que les exemples les plus connus, les plus frappants, des violences exercées à leur encontre.

    édition : novembre 2012 190 pages

    18,00 €
  • Millett Kate : Sexual Politics, la politique du mâle

    Écrit au plus vif du Women’s Lib américain, cet essai de Kate Millett, publié en 1970, est issu de sa thèse. Il a immédiatement rencontré un succès considérable et est devenu un classique mondial. Considéré comme le premier essai de critique littéraire féministe, il s’attache à dévoiler la dimension politique de la sexualité, à démasquer l’idéologie masculine à l’œuvre dans la littérature (D.H. Lawrence, Henry Miller, Norman Mailer, Jean Genet) et à démontrer que les relations entre les deux sexes sont organisées à la manière d’une politique destinée à tous les niveaux à maintenir la domination des hommes sur les femmes. Au-delà de sa dimension militante, il a contribué au développement des études et recherches féminines et féministes au niveau universitaire.

    édition poche févier 2020

    10,00 €
  • MLF : Textes premiers

    Voici donc des textes “premiers”. Ou plus exactement, quelques textes et documents parmi les premiers qui ont pu être lus en France, dans les années 1970, à propos de la libération des femmes. Premiers, comme on a cru pouvoir dire des arts : ceux qui vinrent à l’aube. Porteurs de questions inédites pour donner à voir cette histoire émergente, une histoire qui se fait dans ses premiers moments, dans ses premiers débats. Premiers, au sens où il y a des nombres premiers, qui ne peuvent être divisés que par un ou par eux-mêmes. Premiers, comme le sont les êtres qui naissent, premiers à eux-mêmes, uniques. Chaque texte unique avance alors sur son chemin unique mais sur le même terrain, où il croise d’autres chemins, crée d’autres voies avec eux, formant réseau, se déployant comme le font des troupes pour faire mouvement. Réunis et présentés par Cathy Bernheim, Liliane Kandel, Françoise Picq et Nadja Ringart 300 pages édition : décembre 2009

    24,00 €
  • Moatti-Gornet : Quest-ce qu'une femme ? préface : Badiou

    « Qu'est-ce qu'une femme? » Pourquoicette question est-elle devenue aujourd'hui une nécessité dans la pensée ? On aurait pu croire que la réponse avait été donnée par le mouvement de libération des femmes. Mais l'enlisement du féminisme vers la fin des années 70 a laissé inachevée la pensée de l'Etre qui s'ouvrait au féminin. La psychanalyse en a profité : pour elle la femme n'existe pas. Les sujets de la Réaction, quant à eux, se sont empressés de contester les acquis du mouvement des femmes. Quelques chose là qu'on avait cru révolutionnaire n'avait pas abouti. Paradoxalement, c'est dans le champ historique et non philosophique, que cette question a de nouveau fait irruption dans la pensée au début des année 90. Le travail de Michèle Perrot et Georges Duby a déclenché une prise de conscience parmi les chercheurs - et notamment les chercheuses – en Sciences Humaines. Cet essai philosophique a précisément pour finalité de construire le concept de femme. Il part des mythes fondateurs et de leur personnage féminins : Ève, Rébecca, la Sphinge, Jocaste, Antigone, Ismène. L'enjeu est donc de rendre opératoire le concept de femme sur ces trois actes déterminants de la pensée : la dialectique homme-femme, le rapport de la femme au désir, le rôle de la femme dans la politique. S'engage alors la modernité de la question " Qu'est-ce qu'une femme ? ". 415 pages édition : février 2006

    37,00 €
  • Montreynaud : Le roi des Cons, quand la langue française fait mal aux femmes

    Des mots et des tournures pour masquer les réalités, des désirs insatisfaits dérivant en « misère sexuelle », des achats de « services » cachant des prostitueurs, la réduction de la sexualité à la pénétration vaginale par un pénis, la confusion entre liberté sexuelle et libre accès à l’autre, les fantasmes du sans limite de la pornographie, les standards hétéronormatifs, l’asymétrique de l’amant et de la maitresse

    édition : février 2018

    12,90 €
  • Morand Roy : Libérer la colère

    Nous sommes en colère! Ce fut une révélation. Une épiphanie. Ce sentiment est tellement honni pour les femmes. Nous vivions dans le déni. Nous ravalions le grondement. Déjà le dire. Se l’avouer. L’écrire. Le hurler.
    Nous sommes en colère. C’est le début de la libération. Geneviève Morand et Natalie-Ann Roy croient que si les femmes manquent de pratique, leur colère est nécessaire. Elles ont décidé de la prendre au sérieux, et de lui ouvrir un espace.
    Cette colère accumulée, longtemps cachée pour préserver les apparences d’harmonie, se déploie ici comme une puissance politique méconnue. Ce livre rassemble les témoignages, les coups de gueule et les réflexions d’auteures aux réalités variées. Ensemble, elles pulvérisent le mythe de la femme supportant les outrages en silence, comme celui de l’hystérique aux emportements absurdes. Leur indignation s’explique et s’assume; encore faut-il avoir le courage de les écouter…

    édition : mars 2018

    16,00 €
  • Mouvements de presse, des années 70 à nos jours, luttes féministes et lesbiennes

    Ce livre propose de vous faire découvrir la richesse de la presse lesbienne et féministe francophone parue des années 1970 à nos jours. Au premier regard, une diversité graphique, une richesse inventive des couvertures, une diversité des formats : revues, magazines, bulletins ou bulletines, menstruelles, feuilles d’infos, fanzines... Des journaux se revendiquant du Mouvement de libération des femmes aux journaux des divers courants des mouvements féministe et/ou lesbien ; des journaux d’informations culturelles aux feuilles de liaisons entre groupes lesbiens... La lecture des éditoriaux témoigne de la formidable diversité politique de tous ces courants. Ces journaux, ces revues, qui foisonnent dès 1974, sont, en effet, pratiquement tous élaborés dans la non-mixité et sortis des presses d’imprimeries souvent associatives et militantes, certaines même tenues par des imprimeuses. Ils ont permis la circulation de pensées contradictoires ou croisées, lesbiennes, féministes, politiques "classiques", comme des entités entièrement élaborées. Les auteures ont voulu réunir, pour la première fois, des outils pour une lecture historique et critique de ces nombreux journaux où beaucoup d’entre nous se revendiquant féministes et/ou lesbiennes se sont impliquées. Nous souhaitons que ce document serve à une réflexion et une transmission la plus large possible. LAROCHE Martine, LARROUY Michèle (dir.), Mouvements de presse des années 1970 à nos jours. Luttes féministes et lesbienes, Paris, ARCL, Archives Recherches Cultures Lesbiennes, 2009, 30 euros.

    30,00 €
  • Nada : Encyclopédie des mauvais genres

    « Il est des professions étranges, non répertoriées, qui permettent d’entrouvrir les portes de mondes parallèles, intimes et fantasmatiques. Mauvais Genres, magazine radiophonique créé par François Angelier en 1997 sur France Culture, offre cette possibilité. Voilà des années maintenant que, tous les samedis soir, j’ouvre L’Encyclopédie pratique des mauvais genres sur les confessions de personnalités souvent peu familières du grand public, tantôt décalées, tantôt déroutantes, parfois sombres mais toujours sincères dans leur démarche.
    Au fil du temps et des rencontres, s’est dessiné un paysage créatif de pratiques artistiques et de modes de vie en marge dont j’ai souhaité rendre compte dans ce livre ; un paysage composé de vingt-six portraits comme autant de lettres de l’alphabet et traversé par une interrogation : qu’est-ce que le mauvais genre aujourd’hui ? »

    Fruit d'une chronique radiophonique que tient Céline du Chéné sur France Culture, ce livre, illustré d’une centaine de photographies, vous fera découvrir les univers de Karen Chessman, Nathalie Gassel, Isa Kaos, Yvette Néliaz, Jean-Michel Nicollet, Sébastien Lambeaux, Sarah Barthe, La Bourette, Alberto Sorbelli, Tom de Pekin, Maîtresse Françoise, Murielle Belin, Jean-Pierre Maury, Noël Herpe, Sabrina Gruss, Kristina Dariosecq, Marie L., Catherine Corringer, Paola Daniele, Éric Pougeau, Yann Minh, Yannick Unfricht, Camille Ducellier, Marie-Laure Dagoit, Marie Morel, Cyril Casmèze.

    édition : octobre 2017

    28,00 €
  • Nicole-Claude Mathieu : L'anatomie politique

    La réédition d’un livre majeur, publié en 1991 et devenu indisponible, augmentée d’un tableau synoptique sur les trois modes de l’identité sexuelle/sexuée/de sexe.
    « L’anatomie est politique », insiste Nicole-Claude Mathieu, ponctuant une interrogation sur le concept de « genre » et celui de « sexe social », qu’elle a forgé au début des années 1970.
    Co-fondatrice, en 1977, de la revue Questions féministes, Nicole-Claude Mathieu est l’une des grandes voix du féminisme matérialiste.
    édition : décembre 2013

    20,00 €
  • Notre corps, nous mêmes

    Ce livre s'adresse à toutes les femmes, et parle de ce qu'elles ont toutes en commun : le corps. Puberté, sexualité, contraception, avortement, accouchement, vieillesse, mais aussi riposte et émancipation... A travers de multiples récits d'expérience, des témoignages récoltés lors de groupes de parole et d'entretiens, mais aussi des données médicales et scientifiques, ce manuel féministe propose des outils permettant aux femmes de mieux se connaître et de se sentir plus sûres et plus fortes, ensemble.
    Paru pour la première fois aux Etats-Unis en 1973, rédigé par un collectif de femmes, Notre corps, nous-mêmes a été adapté dans trente-cinq langues, dont le français en 1977. Ce livre en est une version entièrement réactualisée, écrite par un nouveau collectif, formé de Mathilde Blézat, Naiké Desquesnes, Mounia El Kotni, Nina Faure, Nathy Fofana, Hélène de Gunzbourg, Marie Hermann, Nana Kinski et Méléna Perret.

    édition février 2020

    24,50 €
  • Nouvelles questions féministes. Vol.25 n°2/2006 Santé!

    Volume 25, numéro 2/ 2006 Marilène Vuille, Séverine Rey, Catherine Fussinger et Geneviève Cresson La santé est politique Monique Membrado Les femmes dans le champ de la santé: de l'oubli à la particularisation Marie Ménoret Prévention du cancer du sein: cachez ce politique que je ne saurais voir Ilana Ldwy et Jean-Paul Gaudillière Médicalisation de la ménopause, mouvements pour la santé des femmes et controverses sur les thérapies hormonales Marie-Laurence Poirel, avec la collaboration de Berthe Lacharité, de Ginette Rousseau et d'un comité de militantes pour la santé mentale des femmes Voix alternatives et féministes dans le champ de la santé mentale au Québec: un survol des expériences croisées des Ressources alternatives en santé mentale et des Centres de femmes Irène Jonas L'antiféminisme des nouveaux « traités de savoir-vivre à l'usage des femmes » Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille « S'approprier son corps et sa santé. » Entretien avec Rina Nissit Comptes redus : Magdalena Rosende, Céline Perrin, Eleni Varikas, Martine Chaponnière, Yvonne Guichard-Claudic, Fabienne Malbois Valérie Dupertuis Plate-forme romande Femmes-Dépendances: pour la prise en compte des spécificités des dépendances des femmes Marilène Vuille L'action de femmes africaines de Genève contre le VIH/sida et l'isolement

    19,00 €
  • Offen : Les feminismes en Europe

    Cet ouvrage ambitieux retrace l’histoire des défis féministes à l’hégémonie masculine à travers l’Europe continentale. Une grande place est accordée à la France mais l’auteure a rassemblé une riche documentation comparative. Son récit, qui se déroule sur deux cent cinquante ans, balaie tout l’espace européen, sans oublier les organisations féministes internationales et transnationales. À un autre niveau, cet ouvrage démêle un enchevêtrement d’idées fausses et démystifie des polémiques contemporaines : pour Karen Offen, la différence des sexes et ses conséquences sont au cœur même de la pensée et de la politique qui définissent la condition humaine.

    Nombre de pages : 544 p.

    24,00 €
  • Ouassak Fatima : La puissance des mères, pour un nouveau sujet révolutionnaire

    Depuis la naissance de la Ve République, l’État français mène une guerre larvée contre une partie de sa population. Les jeunes des quartiers populaires descendants de l’immigration postcoloniale subissent une opération, quotidiennement répétée, de « désenfantisation » : ils ne sont pas traités comme des enfants mais comme des menaces pour la survie du système.
    Combien d’entre eux sont morts à cause de cette désenfantisation ? Combien ont été tués par la police en toute impunité ? Combien de mères ont pleuré leurs enfants victimes de crimes racistes devant les tribunaux ?
    En s’appuyant sur les luttes menées par les Folles de la place Vendôme, dans les années 1980, comme sur les combats du Front de mères aujourd’hui, Fatima Ouassak montre, dans ce livre combatif et plein d’espoir, le potentiel politique stratégique des mères. En se solidarisant systématiquement avec leurs enfants, en refusant de jouer un rôle de tampon entre eux et la violence des institutions, bref, en cessant d’être une force d’apaisement social et des relais du système inégalitaire, elles se feront à leur tour menaces pour l’ordre établi.
    Ce livre a l’ambition de proposer une alternative politique portée par les mères, autour d’une parentalité en rupture alliant réussite scolaire et dignité, et d’un projet écologiste de reconquête territoriale. Son message est proprement révolutionnaire : en brisant le pacte social de tempérance qui les lie malgré elles au système oppressif, les mères se mueront en dragons.

    édition : septembre 2020

    14,00 €
  • Oudet-Dorin : Défendez-vous

    Vous êtes une femme et vous voulez prendre votre sécurité personnelle en main ? Ce livre est fait pour vous ! Vous voulez vous défendre contre les violences sexuelles et sexistes que subissent les femmes, mais aussi faire face aux autres formes d'agressions ? Voici le mode d'emploi complet pour vous protéger au quotidien. A travers des conseils illustrés, des techniques d'autodéfense de base et des exercices simples, ce guide vous aidera à vous sentir plus confiante et plus forte, quel que soit votre âge, votre mode de vie ou votre condition physique.
    Grâce aux méthodes utilisées par des professionnels de la protection personnelle, vous apprendrez comment vous défendre si vous êtes victime de violence, que ce soit dans la rue, au travail ou dans votre famille. Pratique et pédagogique, fondé sur des années d'expérience dans l'enseignement de l'autodéfense aux femmes, ce livre va devenir votre allié incontournable pour dire non à la violence. Alors ne subissez plus, défendez-vous !

    édition : novembre 2018

    14,95 €
  • Patien ce : Usage politique du genre

    Revue : Mots, les langages du politique - n° 78 juillet 2005 DOSSIER Jürgen Siess • Un discours politique au féminin. Le projet d'Olympe de Gouges Édith Tàieb • Le politique et le domestique. L'argumentation d'Hubertine Auclert sous la Troisième République Itsuko Fujimura • La féminisation des noms de métiers et des titres dans la presse française (1988-2001) Grégory Derville, Sylvie Pionchon • La femme invisible. Sur l'imaginaire du pouvoir politique Cécile Sourd • Femmes ou politiques? La représentation des candidates aux élections françaises de 2002 dans la presse hebdomadaire Julie Boudillon • Une femme d'extrême droite dans les médias. Le cas de Marine Le Pen MÉTHODES Gilles Gauthier • Une caractérisation opératoire du raisonnement à l'épreuve d'un corpus d'éditoriaux Serge Vassy • Ethos de femmes ministres. Recherche d'indices quantifiables VARIA Linda Pietrantonio • Égalité et norme. Pour une analyse du majoritaire social CHRONIQUES «DES MOTS EN POLITIQUE» Maurice Tournier De Barbare à Babel, des sons qui bredouillent et excluent Comptes rendus et actualité bibliographique 169 pages Edition : 2005

    16,00 €
  • Patou-Mathis : L'homme préhistorique est aussi une femme

    Non, les femmes préhistoriques ne consacraient pas tout leur temps à balayer la grotte et à garder les enfants en attendant que les hommes reviennent de la chasse ! S'appuyant sur les dernières découvertes en préhistoire et l'analyse des idées reçues que véhicule, jusqu'à notre époque, la littérature savante, cet essai pose les bases d'une autre histoire des femmes, débarrassée des préjugés sexistes, plus proche de la réalité.
    " Non, les femmes préhistoriques ne consacraient pas tout leur temps à balayer la grotte et à garder les enfants en attendant que les hommes reviennent de la chasse. Les imaginer réduites à un rôle domestique et à un statut de mères relève du préjugé. Elles aussi poursuivaient les grands mammifères, fabriquaient des outils et des parures, construisaient les habitats, exploraient des formes d'expression symbolique.
    Aucune donnée archéologique ne prouve que, dans les sociétés les plus anciennes, certaines activités leur étaient interdites, qu'elles étaient considérées comme inférieures et subordonnées aux hommes. Cette vision de la préhistoire procède des a priori des fondateurs de cette discipline qui naît au XIXe siècle. Il est temps de poser un autre regard sur l'histoire de l'évolution et de déconstruire les processus qui ont invisibilisé les femmes à travers les siècles. "
    M.P.M.

    S'appuyant sur les dernières découvertes en préhistoire et l'analyse des idées reçues que véhicule, jusqu'à notre époque, la littérature savante, cet essai pose les bases d'une autre histoire des femmes, débarrassée des préjugés sexistes, plus proche de la réalité.

    édition : octobre 2020

    21,90 €
  • Pavard : Si je veux, quand je veux

    Faire l'histoire de la contraception et de l'avortement en France, de 1956 à 1979, c'est faire l'histoire de l'un des changements majeurs du second XXe siècle. En un peu moins de vingt-cinq ans, l'interdit est remplacé par une nouvelle liberté de procréer, encadrée mais réelle, fondée sur ridée que les couples et surtout les femmes sont responsables de leur propre fécondité. Le slogan féministe des années 1970, " un enfant si je veux, quand je veux ", semble devenu une réalité. Pour autant, ce changement ne va pas de soi. Le résultat final, avec ses avancées et ses limites, ne doit pas faire oublier l'ensemble des controverses, des résistances, des compromis qui le construisent. Le parti pris de l'auteur est de replacer les actrices et acteurs au coeur du changement, celles et ceux qui luttent comme celles et ceux qui font la loi. L'ouvrage traite du Mouvement français pour le planning familial, du Mouvement de libération des femmes, du Mouvement pour la liberté de la contraception et de l'avortement, mais aussi de certaines figures politiques qui ont porté la réforme législative comme Lucien Neuwirth et Simone Veil. S'intéressant à la fois aux mobilisations, à l'écho médiatique et au changement législatif, il apporte un regard neuf à l'intersection entre histoire politique, histoire culturelle et histoire du genre. 358 pages édition :septembre 2012

    19,00 €
  • Pavard, Rochefort, Zancarini-Fournel : Ne nous libérez pas, on s'en charge

    Comment les féminismes ont-ils émergé en France ?
    Doit-on parler de « féminisme bourgeois » ?
    Quels liens ont existé entre féminismes et socialismes ?
    Y a-t-il eu des féminismes noirs ? /br>Les féministes étaient-elles toutes colonialistes ?
    Existe-t-il des féminismes religieux ? /br>Comment s’articulent mouvements lesbien, gay, trans et mouvements féministes ?
    Quel a été le rôle du féminisme institutionnel ?
    Qu’est-ce qui est nouveau dans les groupes féministes aujourd’hui ?
    Qu’est-ce que révèle #Metoo sur la capacité des femmes à se mobiliser ?

    Ce livre entend fournir quelques clés indispensables afin de penser les féminismes d’hier et d’aujourd’hui à la lumière des grands défis contemporains, des inégalités sociales, raciales et de genre. Cette sociohistoire renouvelée des féminismes rend compte des stratégies plurielles déployées par les femmes et les hommes féministes qui ont combattu les inégalités entre les sexes et l’oppression spécifique des femmes, de la Révolution française à nos jours.

    édition septembre 2020

    25,00 €
  • Perrot : Mon histoire des femmes

    " Mon " histoire des femmes est en réalité "notre" histoire des femmes. L'histoire des relations entre les hommes et les femmes.
    Comment changent les apparences, la sexualité, la maternité ? Quand est né le désir d'enfant ? Les histoires d'amour ont-elles une histoire ? La prostitution est-elle vraiment le "plus vieux métier du monde" ? Quel rôle ont joué les religions dans la vie des femmes ? Pourquoi a-t-on brûlé les sorcières ? Pourquoi l'accès au savoir, à la lecture et à l'écriture a-t-il été si difficile ? Comment ont changé les formes du travail ? Pourquoi la politique et la création, artistique surtout, sont-elles si hermétiques aux femmes ? Peut-on parler de " révolution sexuelle " dans le dernier demi-siècle? Celle-ci est-elle le fruit de la modernité? du désir des femmes? Quel rôle ces dernières ont-elles joué dans ces mutations? Quel est le poids du (des) féminisme(s) ? Ce livre, regroupant une série d'émissions diffusées sur France Culture, propose de retracer le combat des femmes pour exister à part entière, à égalité avec les hommes, un combat aujourd'hui encore nécessaire à mener...

    Biographie de l'auteur Michelle Perrot est professeure émérite d'histoire contemporaine à l'université Paris-VII. Elle a notamment dirigé avec Georges Duby l'Histoire des femmes en Occident, de l'Antiquité à nos jours.

    250 pages édition poche : avril 2008

    8,30 €
  • Perrot : Questions feministes

    26 août 1970, Arc de Triomphe, Paris. Neuf féministes munies de quatre banderoles déposent une imposante gerbe de fleurs à la mémoire de la femme du soldat inconnu. Le MLF était né. 20 novembre 1971. Elles sont des milliers à battre le pavé parisien et à scander: «Les femmes dans la rue, pas dans la cuisine», «Roulées par le patron, baisées à la maison», «Oui papa, oui chéri, oui patron... Y'en a marre ! », «Contraception et avortement libres et gratuits». 1977. Alors que les titres de la presse féministe foisonnent, paraît le premier numéro de Questions féministes, une revue de réflexion et de combat pour penser l'oppression et la libération. Directrice de publication: Simone de Beauvoir. Objectif: appréhender le système de genre, inscrire le féminisme dans une perspective matérialiste et abolir le système de domination patriarcal... Il s'agit de désigner clairement l'oppression, de la décrire dans tous ses aspects, d'en chercher les causes, les mécanismes et les outils pour en sortir. Il s'agit, en somme, de proposer une théorie de l'oppression des femmes. «La réédition des huit numéros de la revue intervient donc comme une piqûre de rappel et une occasion de renouer avec notre histoire», écrit Sabine Lambert dans sa préface. C'est en effet bien de cela dont il s'agit: renouer le fil de l'histoire et des histoires, et forger des armes pour se confronter aujourd'hui à une entreprise radicale: en finir avec le système de genre et ne plus être «presque égales» mais égales! Il étaittemps que ces textes fondateurs et introuvables retrouvent l'air du temps pour relever le défi du féminisme. Parution : mars 2012 Pages : 1022 pages

    40,00 €
  • Pfefferkorn : Inégalités et rapports sociaux, rapports de classe rapports de sexes

    Extraits de l’introduction de l’ouvrage de Roland Pfefferkorn, Inégalités et rapports sociaux. Rapports de classe, rapports de sexe, La dispute. Les signes du retour des classes sociales se multiplient [1]. Les expressions « classe sociale », « classe ouvrière », « classe salariale », ou d’autres, réapparaissent dans les titres de livres ou d’articles. (...) Parallèlement au renouveau des classes, la critique de la polarisation du regard sur les seuls rapports de classe s’est affirmée aussi. Les transformations de la place des femmes dans nos sociétés et l’émergence du genre en tant que catégorie d’analyse n’ont pas encore provoqué tous les effets escomptés, tant sur le plan politique que scientifique. Mais, la recherche portant sur les rapports sociaux de sexe s’est malgré tout imposée dans les sciences sociales. Les rapports de génération et les rapports ethniques ou les rapports de « race » sont également l’objet de davantage d’investigations depuis deux ou trois décennies [2]. Mais nous sommes encore loin d’une prise en compte systématique de l’ensemble des rapports sociaux dans les enquêtes et recherches portant sur une structure sociale qui est loin d’être figée. Celle-ci peut en effet davantage être appréhendée comme un entrecroisement dynamique complexe de l’ensemble des rapports sociaux, chacun d’entre eux imprimant sa marque sur les autres. Le retour des classes a été précédé et accompagné d’un retour récent de Marx. (...) Depuis le milieu des années 1990, son œuvre est dégagée progressivement des ornières positiviste et structuraliste dans lesquelles l’enfonçaient certaines lectures réductrices [3]. (...). Ces dernières années un grand nombre de travaux de philosophes et de sociologues ont contribué à relire l’œuvre de Marx dans sa cohérence d’ensemble débarrassée des déformations, des simplifications ou des interprétations problématiques [4]. Il faut rappeler ici que du point de vue de Marx, la réalité sociale est l’unité résultant de l’organisation de l’ensemble des rapports sociaux, unité n’excluant nullement les contradictions entre eux et n’impliquant donc nulle clôture de cette réalité sur elle-même. Ce concept de rapport social comme paradigme de l’intelligibilité de la réalité sociale permet d’éviter la plupart des apories communes aux modèles épistémologiques les plus courants dans le domaine des sciences sociales [5]. Tout rapport social est, par nature, source à la fois de cohésion et de conflit. Il unit (ou lie) les sujets sociaux qu’il médiatise, il constitue un des éléments à partir desquels se constitue l’architecture de la société globale. Mais, inversement, selon des formes et des contenus à chaque fois spécifiques, tout rapport social est, au moins potentiellement, source de tensions et de conflits entre ses acteurs ou agents, individuels ou collectifs. Le rapport social est en somme une tension qui traverse le champ social et qui érige certains phénomènes sociaux en enjeux autour desquels se constituent des groupes sociaux aux intérêts antagoniques. Par exemple le travail et ses divisions ou le partage des richesses produites sont des enjeux centraux autour desquels des groupes sociaux se sont constitués, notamment les classes sociales ou les classes de sexe [6]. Ces groupes sociaux sont en tension permanente autour de ces enjeux. L’articulation d’un rapport social avec d’autres rapports sociaux au sein de la totalité sociale est par ailleurs en même temps source potentielle de contradictions entre ces derniers. L’élément social, la réalité dernière à laquelle l’analyse doit s’arrêter, ce n’est donc pas l’individu (ou les individus) pris isolément, mais le rapport social (ou les rapports sociaux). Un individu seul est une abstraction mentale. C’est en ce sens que Marx a pu dire que l’individu est la somme de ses rapports sociaux ». Les individus doivent se concevoir comme les agents/acteurs de ces rapports sociaux qui en même temps les produisent comme tels dans et par les actes mêmes par lesquels ces individus les mettent en œuvre, en accomplissent les injonctions, dispositions, sollicitations et potentialités. L’analyse doit porter par ailleurs sur le processus de totalisation, toujours inachevé et contradictoire, de rapports sociaux, partiellement cohérents et partiellement incohérents – ce qui n’exclut pas l’existence d’« effets de totalité », c’est-à-dire des rétroactions de cette unité inachevée et contradictoire sur les rapports et processus partiels qui lui donnent naissance. Le social n’est donc pensable ni comme simple addition d’individus, ni comme substance surplombant ces derniers. Il opère comme une réalité produite à travers les interactions multiples entre individus et groupements. (...) La prise en compte du « sexe social » comme variable structurante est très récente. Elle n’intervient pas en tant que telle dans la littérature sociologique avant les années 1970. Cela a été montré dès 1970 par Nicole-Claude Mathieu : « Le critère de sexe utilisé à tout propos dans les enquêtes de sociologie empirique comme l’une des trois « variables fondamentales », ne possédait aucune cohérence sociologique. (...) Il n’existait pas de sociologie des sexes (des deux sexes), sauf dans le domaine de la famille » [7]. Dans la sociologie française des années d’après-guerre la variable « sexe » est prise en compte dans les études portant sur le mariage. L’enquête sur le choix du conjoint dirigée par Alain Girard à la fin des années cinquante avait spectaculairement démontré que ce choix était homogame, c’est-à-dire qu’il s’effectuait dans un milieu social semblable au sien, même en l’absence de contraintes familiales explicites, donc même quand ce choix était réputé « libre » et « dicté par l’amour ». Cette recherche semblait croiser la variable « sexe » et la variable « classe ». Mais c’est plutôt la profession du père de la femme qui était mise en rapport avec celle du mari [8]. De manière analogue, dans un passé encore récent, la construction des catégories statistiques permettant de mener des études portant sur la mobilité sociale ignorait purement et simplement les femmes, les mères, les filles et les épouses. Même quand les enquêtes n’excluaient pas les femmes, les résultats publiés ne s’intéressaient qu’aux hommes. Dominique Merllié et Jean Prévot signalent à ce propos que l’enquête britannique sur la mobilité sociale réalisée en 1949 portait sur les deux sexes, par contre l’analyse de la mobilité n’a été effectuée que sur les hommes de l’échantillon [9]. L’ouvrage de Claude Thélot paru en 1982 portant sur la position sociale et l’origine familiale s’intitule symptomatiquement : « Tel père, tel fils ? » [10]. (...) La prise en compte systématique d’autres variables structurantes, en dehors de la variable de classe, a été lente et partielle. L’âge (et la génération) feront assez tôt leur entrée en sociologie comme variable possédant une certaine cohérence sociologique [11]. Par contre le sexe, le sexe social bien sûr, construit socialement, et non considéré comme une variable naturelle, mettra du temps avant de devenir une telle variable structurante. On peut faire une remarque analogue en France à propos de l’ethnicité. Cela ne signifie pas que le sexe et l’origine ethnique ne soient pas pris en compte dans des études spécifiques. Madeleine Guilbert et ses collaboratrices ont pu recenser en 1977 plus de 1000 références de recherches consacrées au travail et à la « condition féminine » dans les sciences sociales depuis le XIXe siècle [12]. La littérature d’avant la Première Guerre mondiale est relativement abondante (près de 200 références). Par contre pour la période de l’entre-deux-guerres, on est frappé par « la rareté relative des titres concernant le travail des femmes » [13] tant en ce qui concerne les écrits datant de ces années que les études réalisées postérieurement. Les auteurs n’ont pu trouver que 35 références. L’essentiel des titres recensés dans cet ouvrage porte sur les trente années qui suivent la Seconde Guerre mondiale : plus de 800 références. Le petit nombre de productions intellectuelles centrées sur le travail des femmes semble faire écho au recul tendanciel de l’insertion professionnelle de ces dernières durant l’entre-deux-guerres. Le taux d’activité des femmes régresse de la Première Guerre mondiale à 1960. Ce retrait prend cependant place dans un mouvement de salarisation et d’urbanisation grandissant. Et si tout est mis en œuvre pendant les années trente, sous Vichy et après la Libération pour retirer les femmes mariées du marché du travail, il n’en reste pas moins que les femmes occupent dès cette époque de plus en plus d’emplois dans la santé, le travail social, les grands magasins ou les bureaux. A l’opposé, la montée de l’activité professionnelle des femmes à partir de 1960 va se traduire par une production exponentielle d’écrits. (...) Les analyses prenant en compte le sexe et l’âge social (ou la génération) vont se développer très tôt en ethnologie ou en anthropologie, disciplines privilégiant depuis longtemps l’étude des sociétés considérées comme « indifférenciées » [14]. C’est autour de la parenté entendue comme ensemble de relations définies par la filiation et par l’alliance que sont pensés les rapports entre les sexes et entre les classes d’âge. Dans cette perspective, les rapports sociaux reliant et opposant les hommes et les femmes d’une part et les classes d’âges d’autre part deviennent des rapports structurant centraux pour comprendre ces sociétés. La parenté est en effet le principe actif qui règle les relations sociales, ou du moins une partie d’entre elles, dans nombre de sociétés qualifiées aussi de « traditionnelles » ou de « primitives ». Maurice Godelier a montré que dans ces sociétés, ce sont précisément les rapports de parenté qui fonctionnent comme rapports de production et que c’est dans le cadre de ces rapports que les hommes affirment leur pouvoir et leur domination sur les femmes [15]. Les études d’anthropologie économique de Claude Meillassoux mettent l’accent sur la circulation des épouses et des dots, mais aussi sur celle des rejetons. Transposant l’analyse marxienne du fonctionnement du mode de production capitaliste, Meillassoux dissèque la « dialectique de l’égalité » dans ce type de société et conclut à l’exploitation, dans les sociétés agricoles d’autosubsistance, des femmes et des cadets [16]. La prégnance du mouvement ouvrier au cours des années 1960 et 1970 et l’influence corrélative de la tradition ouverte par Marx permet de comprendre aussi que pour théoriser les rapports entre hommes et femmes ce sont des approches en termes de « rapports sociaux de sexe » qui vont se développer dans la sociologie française dans le sillage d’une partie du mouvement des femmes [17]. Le système d’oppression et de domination spécifique des hommes sur les femmes sera également théorisé par plusieurs auteurs sous le nom de patriarcat [18]. Avec le reflux des conceptualisations en termes de classes (de rapport de classe et de rapports sociaux) et l’influence croissante des élaborations d’origine anglo-saxonne autour du concept de gender, le genre va se diffuser au cours des années suivantes, lentement en France, plus rapidement dans la plupart des autres pays. (...) Comme toute recherche sociologique, ce livre est à l’évidence un travail engagé. En effet, le sociologue est un sujet social inscrit dans la réalité sociale, l’ « extra-territorialité totale » [19] lui est impossible. La différence fondamentale entre les sciences sociales et les sciences de la nature tient précisément à cette caractéristique. Le chercheur ne peut pas se retrancher du monde, son esprit, comme son corps, y est inscrit et quand bien même le voudrait-il, il participerait malgré tout au cours du monde, y compris par son retrait. Cet engagement n’accroît pas forcément les difficultés dans la recherche. Cela est vrai pour celui qui s’engage dans le but d’améliorer le sort de l’humanité, pour celle qui s’engage dans une perspective féministe, comme pour tout autre engagement. L’engagement permet d’abord de poser des questions qui sans cela ne se posaient pas, ou du moins de manière plus confuse ou plus elliptique. L’idée de neutralité et de détachement a également été mise à mal par l’épistémologie de la connaissance située ou du point du vue développée par la critique féministe. Celle-ci insiste sur le fait que toute connaissance est nécessairement située dans le temps et dans l’espace et ancrée dans les conditions matérielles d’existence spécifiques à un groupe et à une époque donnée [20]. Sandra Harding par exemple questionne les présupposés et les conceptions de l’objectivité, de l’universalité et de la neutralité scientifiques dominantes à partir de positions féministes [21]. La recherche féministe en contribuant à dénaturaliser les sexes a permis des avancées scientifiques novatrices tant en sociologie de la famille qu’en sociologie du travail [22]. Les travaux portant sur les inégalités sociales, les rapports de classe ou les rapports de sexe ne sont donc pas moins ou plus objectifs et scientifiques que l’ensemble de la production en sciences humaines ou sociales. Dans un rapport à la direction du CNRS, Delphine Gardey rappelle que ces recherches « s’inscrivent directement dans ce qui fonde les sciences humaines, comme pensée critique et comme pensée humaine. Les préjugés ordinaires contre ces recherches sont aujourd’hui infondés » [23]. De son côté, Christian Baudelot s’oppose au mythe d’une possible neutralité axiologique et souligne que les sociologues pratiquent « tous une discipline qui oblige à prendre parti, que nous le reconnaissions ou non » [24]. Ce rappel est nécessaire contre l’illusion d’une sociologie pouvant rester neutre, au-dessus des conflits qui traversent les sociétés, conflits entre classes ou entre sexes sociaux. Impossible donc de se réfugier dans « la tour d’ivoire de l’objectivité savante », d’autant plus que les résultats des sciences sociales seront appropriés par les différents membres de la société et ne manqueront pas en outre de transformer leur vision du monde. Baudelot ajoute à juste titre, et nous sommes là au cœur de nos travaux antérieurs consacrés aux inégalités entre catégories sociales ou entre hommes et femmes : « Etudier la réalité sociale contemporaine, c’est nécessairement mettre en évidence des écarts, des disparités, des inégalités qui sont souvent des gouffres, entre des patrimoines, des revenus, des salaires, des niveaux d’éducation, des conditions de travail, des taux de chômage ou de suicide, des modes et des niveaux de vie, des espérances de vie et même (...) des différences de conditions entre les hommes et les femmes » [25]. Enfin, cherchant à expliquer et à comprendre ces écarts et ces inégalités, le sociologue doit prendre en compte les dynamiques des sociétés, dans la mesure où suivant la formule incisive de Baudelot « le bonheur des uns fait en grande partie le malheur des autres. Vice-versa ». En d’autres termes le sociologue rencontre obligatoirement selon les terminologies utilisées par les uns ou les autres : « exploitation, domination, oppression, déséquilibres, privilèges ». Et il conclut son propos consacré à l’engagement inévitable du sociologue : « N’inventons pas de tabous qui n’existent pas » [26]. Les remarques qui précèdent visent à rappeler que l’objectivité doit être distinguée clairement d’une prétendue neutralité. L’objectivité scientifique renvoie davantage aux méthodologies mises en œuvre et aux processus de recherche, ainsi qu’au travail critique collectif indispensable dans la production de connaissances. Pour des raisons d’exposition le livre est découpé en deux grandes parties, dans la première nous examinons les rapports de classe et les classes sociales (chapitres 1 à 3), dans la seconde le genre ou les rapports sociaux de sexe (chapitres 4 à 6), ce qui n’empêchera pas un certain nombre de chassés-croisés. Le chapitre 1 présente le paradoxe du tournant néo-libéral. En effet le discours de classe tel qu’il se déclinait, dans sa diversité, dans les sciences sociales, jusqu’à la fin des années 1970 s’efface au moment même où la polarisation sociale se renforce à travers la montée généralisée des inégalités sociales. Le chapitre 2 est consacré aux discours de substitution qui s’imposent au cours des années 1980 et 1990 : thèses de la « moyennisation », de l’individualisation du social, de l’invisibilisation des classes ou, plus particulièrement en France, de l’exclusion. Le point commun de ces thèses réside dans la commune occultation du schème du conflit. Dans le chapitre 3, je fais l’hypothèse que les classes amorcent un retour dans le discours sociologique depuis quelques années. Les défis à relever par les analyses en termes de classes ne manquent pas, notamment par rapport aux lacunes des analyses classistes antérieures et aux transformations de la structure sociale intervenues entre temps : modifications des contours et caractéristiques des différentes classes et fractions de classes, transformations induites par la montée de l’activité professionnelle des femmes et effets de la transnationalisation croissante de l’économie. La question de la subjectivité et de la conscience de classe mérite de ce point de vue une attention particulière. Le chapitre 4 porte sur la Révolution féministe des années 1969-1976, à certaines de ses contradictions et surtout à l’effervescence théorique qui en a résulté visant à penser l’oppression des femmes. Les concepts de patriarcat, de mode de production domestique, de travail domestique, de travail productif et reproductif, d’articulation production - reproduction et de division sexuelle du travail seront dégagés dans une première phase. L’émergence des deux principaux concepts, celui de genre et de rapports sociaux de sexe sera l’objet du chapitre 5. Dans les sciences sociales leurs définitions tendent à se rapprocher car tous deux insistent sur le caractère construit et antagonique des rapports hommes-femmes, même si le second insiste le plus souvent davantage que le premier sur le travail comme levier de la domination et de l’émancipation, et surtout, sur la nécessaire articulation des rapports de classe et de sexe. Enfin, le chapitre 6 dresse un bilan des changements majeurs qui sont intervenus dans les rapports sociaux de sexe au cours des dernières décennies au sein des sociétés occidentales, principalement à partir du cas français. Ces changements ont permis aux femmes d’accéder à une plus grande autonomie, mais les freins de toute nature pèsent en sens inverse : construction asymétrique des identités masculines et féminines, sexuation des filières de formation et des emplois, travail domestique toujours massivement à la charge des femmes, politiques contradictoires des Etats, etc. En conclusion nous présenterons un plaidoyer en faveur de l’articulation des différents rapports sociaux dans les recherches actuelles et à venir. Pour donner toute son intelligibilité à chacun d’eux et pour rendre compte de la complexité du social il est indispensable de prendre en compte l’ensemble de ces rapports entremêlés. Les différents niveaux, espaces ou champs de la réalité sociale doivent être distingués car cette dernière ne se présente jamais de manière univoque. La situation objective (du groupe considéré : classe sociale, sexe social, classe d’âge ou génération, « race » ou ethnie », etc.) et la subjectivité (des membres des différents groupes) sont à prendre en compte. Enfin, il est nécessaire d’inscrire ces rapports sociaux dans le temps et dans l’espace. Car il s’agit aussi pour nous de se placer dans la perspective de la transformation de ces rapports qui tous impliquent domination, discrimination, stigmatisation et exploitation. PFEFFERKORN Roland * Paru sous cette forme sur le site de l’Observatoire des inégalités. * Roland Pfefferkorn est professeur de sociologie à l’université Marc Bloch de Strasbourg et membre du laboratoire Cultures et Sociétés en Europe du CNRS. Notes [1] Cf. par exemple Paul Bouffartigue (sous la direction de), Le retour des classes. Inégalités, dominations, conflits, La Dispute, Paris, 2004. [2] Parler de rapports de « race » c’est mettre l’accent sur des différences « visibles ». Les rapports ethniques privilégient, en principe, les différences culturelles. Mais la référence à des ethnies renvoie parfois de manière euphémisée à des « races ». Ces dernières bien que n’ayant aucune signification scientifique sont produites par le racisme : c’est le racisme qui crée les « races ». [3] Nous pensons bien sûr ici à Louis Althusser. Le jugement formulé en octobre 2004 par l’historien marxiste Eric Hobsbawm est sans appel : « Ce personnage, qui à mon avis n’était pas du tout historien, d’abord, ne comprenait pas beaucoup l’histoire, ensuite, et finalement, n’était pas très calé dans la connaissance des textes et de la pensée de Marx », in Aron Cohen, Rosa Congost, Pablo F. Luna (coord.), Pierre Vilar. Une histoire totale. Une histoire en construction, Syllepse, Paris, 2006, p. 87. Mais il y eut pire, en termes de dogmatisme liturgique, du côté de Staline, de Mao et de ceux qui répétaient leurs catéchismes, ou en termes de déformations, par ignorance ou par calcul idéologique. [4] Cf. notamment Jacques Derrida, Spectres de Marx, Galilée, Paris, 1993 ; et Marx & Sons, Galilée et PUF, Paris, 2002 ; Daniel Bensaïd, Marx, l’intempestif. Grandeurs et misères d’une aventure critique (XIXe-XXe siècles), Fayard, Paris, 1995 ; et La discordance des temps. Essais sur les crises, les classes, l’histoire, Les éditions de la Passion, Paris, 1995 ; Henri Maler, Convoiter l’impossible. L’utopie avec Marx, malgré Marx, Albin Michel, Paris, 1995 ; Alain Bihr, La reproduction du capital. Prolégomènes à une théorie générale du capitalisme, 2 tomes, Editions Page deux, Lausanne, 2001 ; Jean-Marie Vincent, Un autre Marx. Après les marxismes, Page deux, Lausanne, 2001 ; Tran Hai Hac, Relire le Capital. Marx, critique de l’économie politique et objet de la critique de l’économie politique, 2 tomes, Page deux, Lausanne, 2003 ; Lucien Sève, Penser avec Marx aujourd’hui. Marx et nous, La Dispute, Paris, 2004 ; Antoine Artous, Marx, l’Etat et la politique, Syllepse, Paris, 1999 ; Travail et émancipation sociale. Marx et le travail, Syllepse, Paris, 2003 ; Le fétichisme chez Marx. Le marxisme comme théorie critique, Syllepse, Paris, 2006. [5] C’est pourquoi l’absence de l’entrée « rapport social » ou « rapports sociaux » dans de nombreux dictionnaires de sociologie ou de sciences sociales ne manque pas de surprendre (Exemples : Dictionnaire des sciences humaines. Anthropologie/Sociologie, Nathan Université, 1994 ; Dictionnaire de la sociologie, Encyclopaedia Universalis – Albin Michel, 1998 ; Dictionnaire d’économie et des sciences sociales, Nathan, 1993 ; Dictionnaire critique de la sociologie, PUF, 2000). On trouve certes parfois l’entrée « rapport de classe » (Dictionnaire de sociologie, Hatier, 1995), ailleurs l’entrée « rapports sociaux de sexes » associée à celle de « rapport salarial » (Dictionnaire de sociologie, Armand Colin, 1995). [6] Cf. Danièle Kergoat, « Division sexuelle du travail et rapports sociaux de sexe », in Helena Hirata, Françoise Laborie, Hélène Le Doaré, Danièle Senotier (coord.), Dictionnaire critique du féminisme, PUF, Paris, 2000, p. 39. [7] Nicole-Claude Mathieu, L’anatomie politique. Catégorisations et idéologies du sexe, Editions Côté-femmes, Paris, 1991, p. 8. [8] Alain Girard, Le choix du conjoint, 2e édition, PUF/INED, Paris, 1974 (1e édition, Cahiers de l’INED, n° 44, PUF, 1964). [9] Dominique Merllié, Jacques Prévot, La mobilité sociale, La Découverte, Collection repères, Paris, 1991, p. 80. David Glass (sous la direction de), Social mobility in Britain, Routledge & Kegan Paul, Londres, 1954. . [10] Claude Thélot, Tel père, tel fils ? Position sociale et origine familiale, Dunod, Paris, 1982. [11] Cf. Remi Lenoir « Objet sociologique et problème social », in Patrick Champagne, Remi Lenoir, Dominique Merllié, Louis Pinto, Initiation à la pratique sociologique, Dunod, Paris, 1989, p. 53-100 ; Gérard Mauger, « Introduction » in Karl Mannheim, Le problème des générations, Nathan, Paris, 1990 (1e éd. 1928), p. 7-21. [12] Madeleine Guilbert, Nicole Lowit, Marie-Helene Zylberberg-Hocquart, Travail et condition féminine, Editions de la Courtille, Paris, 1977. [13] Madeleine Guilbert, Nicole Lowit, Marie-Helene Zylberberg-Hocquart, Travail et condition féminine, Editions de la Courtille, Paris, 1977, p. 9. [14] Cependant une analyse fine de la littérature ethnologique des années 1970 montre que beaucoup d’auteurs développent une conception essentiellement biologisante de la « féminité » en regard avec une conception sociale de la catégorie masculine. Nicole-Claude Mathieu, L’anatomie politique. Catégorisations et idéologies du sexe, Editions Côté-femmes, Paris, 1991, p. 43-73. [15] Maurice Godelier, La production des grands hommes : pouvoir et domination masculine chez les Baruya de Nouvelle-Guinée, Fayard, Paris, 1982. [16] Claude Meillassoux, Femmes, greniers et capitaux, François Maspéro, Paris, 1975. [17] Danièle Kergoat, « Division sexuelle du travail et rapports sociaux de sexe », in Helena Hirata, Françoise Laborie, Hélène Le Doaré, Danièle Senotier (coord.), Dictionnaire critique du féminisme, PUF, Paris, 2000, p. 35-44. [18] Christine Delphy, « Théories du patriarcat » in Helena Hirata, Françoise Laborie, Hélène Le Doaré, Danièle Senotier (coord.), Dictionnaire critique du féminisme, PUF, Paris, 2000, p. 146. [19] Robert Castel, « La sociologie et la réponse à la « demande sociale », Sociologie du travail, 42, 2000, p. 281- 287. [20] Voir pour une synthèse : Ludovic Gaussot, « Des rapports sociaux de sexe à la connaissance de ces rapports : une vertu cognitive de la non-conformité ? », Cahiers du genre, n° 39, 2005, p. 153-172. [21] Sandra Harding (dir.), The Feminist Standpoint Theory Reader. Intellectual and political Controversies, New- York, Routledge, 2003. [22] Voir par exemple les travaux de Nicole-Claude Matthieu, Christine Delphy, Danièle Kergoat, Margaret Maruani et plus largement les travaux réalisés au sein de différents centres de recherche, du MAGE, du GEDISST/GERS/GTM, de Simone-Sagesse, etc. Le lecteur trouvera les références précises plus loin. [23] Delphine Gardey, Enjeux des recherches sur le genre et le sexe. Rapport à Mme la Présidente du Conseil scientifique du CNRS, Centre de recherche en histoire des sciences et des techniques, UMR 2139. CNRS/Cité des sciences et de l’industrie, mars 2004. [24] Christian Baudelot, « A l’école des femmes » in Jacqueline Laufer, Catherine Marry, Margaret Maruani (dir.), Le Travail du genre. Les sciences sociales du travail à l’épreuve de la différence des sexes, La Découverte, Paris, 2003, p. 43. [25] Christian Baudelot, « A l’école des femmes » in Jacqueline Laufer, Catherine Marry, Margaret Maruani (dir.), Le Travail du genre. Les sciences sociales du travail à l’épreuve de la différence des sexes, La Découverte, Paris, 2003, p. 43. [26] Christian Baudelot, « A l’école des femmes » in Jacqueline Laufer, Catherine Marry, Margaret Maruani (dir.), Le Travail du genre. Les sciences sociales du travail à l’épreuve de la différence des sexes, La Découverte, Paris, 2003, p. 44. 410 pages édition : juin 2007

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  • Picq et Storti : Le féminisme à l'épreuve des mutations géopolitiques

    Quels sont les effets, pour les femmes et pour le féminisme, des changements du monde, 40 ans après l'explosion des mouvements de libération des années 1970 ? Que veulent dire à l'heure de la mondialisation, "égalité des sexes" et "liberté des femmes" ? Comment traduire des mots d'ordre anciens (comme Notre corps nous appartient) dans l'actuelle division internationale et sexuée du travail : travail de production et de reproduction ? Entre marchandisation triomphante et retour du religieux que sont devenues les conquêtes faites à partir des années 1970 ? Qu'est-ce qu'une politique féministe, à l'heure du post (postcommunisme, postcolonialisme, postmodernisme) ? Telles sont quelques-unes des questions qui sont posées dans ce livre, issu du congrès féministe international qui s'est tenu à Paris en décembre 2010, comme en scansion finale de la célébration des 40 ans du MLF. Actualité de ces questions. Actualité des réflexions et des analyses que conduisent, chacune à leur manière mais dans l'affirmation d'une nécessité universelle des droits des femmes, des militantes, des chercheuses, des écrivaines, des syndicalistes venues du Nord et du Sud, de l'Est et de l'Ouest, au moment où sur la scène du monde des peuples mettent fin à des régimes dictatoriaux et corrompus et où les femmes, partie prenante et actrices des révolutions, refusent d'être - une fois encore - les oubliées de la démocratie. Tandis que se dessine une nouvelle visibilité des féministes, cet ouvrage répond à la nécessité des temps présents : considérer l'émancipation des femmes comme un enjeu principal, un enjeu de civilisation, bref la placer au rang du politique. ........................... 250 pages édition : février 2012

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