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Féminisme


  • Perrot : Mon histoire des femmes

    " Mon " histoire des femmes est en réalité "notre" histoire des femmes. L'histoire des relations entre les hommes et les femmes.
    Comment changent les apparences, la sexualité, la maternité ? Quand est né le désir d'enfant ? Les histoires d'amour ont-elles une histoire ? La prostitution est-elle vraiment le "plus vieux métier du monde" ? Quel rôle ont joué les religions dans la vie des femmes ? Pourquoi a-t-on brûlé les sorcières ? Pourquoi l'accès au savoir, à la lecture et à l'écriture a-t-il été si difficile ? Comment ont changé les formes du travail ? Pourquoi la politique et la création, artistique surtout, sont-elles si hermétiques aux femmes ? Peut-on parler de " révolution sexuelle " dans le dernier demi-siècle? Celle-ci est-elle le fruit de la modernité? du désir des femmes? Quel rôle ces dernières ont-elles joué dans ces mutations? Quel est le poids du (des) féminisme(s) ? Ce livre, regroupant une série d'émissions diffusées sur France Culture, propose de retracer le combat des femmes pour exister à part entière, à égalité avec les hommes, un combat aujourd'hui encore nécessaire à mener...

    Biographie de l'auteur Michelle Perrot est professeure émérite d'histoire contemporaine à l'université Paris-VII. Elle a notamment dirigé avec Georges Duby l'Histoire des femmes en Occident, de l'Antiquité à nos jours.

    250 pages édition poche : avril 2008

    8,30 €
  • Perrot : Questions feministes

    26 août 1970, Arc de Triomphe, Paris. Neuf féministes munies de quatre banderoles déposent une imposante gerbe de fleurs à la mémoire de la femme du soldat inconnu. Le MLF était né. 20 novembre 1971. Elles sont des milliers à battre le pavé parisien et à scander: «Les femmes dans la rue, pas dans la cuisine», «Roulées par le patron, baisées à la maison», «Oui papa, oui chéri, oui patron... Y'en a marre ! », «Contraception et avortement libres et gratuits». 1977. Alors que les titres de la presse féministe foisonnent, paraît le premier numéro de Questions féministes, une revue de réflexion et de combat pour penser l'oppression et la libération. Directrice de publication: Simone de Beauvoir. Objectif: appréhender le système de genre, inscrire le féminisme dans une perspective matérialiste et abolir le système de domination patriarcal... Il s'agit de désigner clairement l'oppression, de la décrire dans tous ses aspects, d'en chercher les causes, les mécanismes et les outils pour en sortir. Il s'agit, en somme, de proposer une théorie de l'oppression des femmes. «La réédition des huit numéros de la revue intervient donc comme une piqûre de rappel et une occasion de renouer avec notre histoire», écrit Sabine Lambert dans sa préface. C'est en effet bien de cela dont il s'agit: renouer le fil de l'histoire et des histoires, et forger des armes pour se confronter aujourd'hui à une entreprise radicale: en finir avec le système de genre et ne plus être «presque égales» mais égales! Il étaittemps que ces textes fondateurs et introuvables retrouvent l'air du temps pour relever le défi du féminisme. Parution : mars 2012 Pages : 1022 pages

    40,00 €
  • Pfefferkorn : Inégalités et rapports sociaux, rapports de classe rapports de sexes

    Extraits de l’introduction de l’ouvrage de Roland Pfefferkorn, Inégalités et rapports sociaux. Rapports de classe, rapports de sexe, La dispute. Les signes du retour des classes sociales se multiplient [1]. Les expressions « classe sociale », « classe ouvrière », « classe salariale », ou d’autres, réapparaissent dans les titres de livres ou d’articles. (...) Parallèlement au renouveau des classes, la critique de la polarisation du regard sur les seuls rapports de classe s’est affirmée aussi. Les transformations de la place des femmes dans nos sociétés et l’émergence du genre en tant que catégorie d’analyse n’ont pas encore provoqué tous les effets escomptés, tant sur le plan politique que scientifique. Mais, la recherche portant sur les rapports sociaux de sexe s’est malgré tout imposée dans les sciences sociales. Les rapports de génération et les rapports ethniques ou les rapports de « race » sont également l’objet de davantage d’investigations depuis deux ou trois décennies [2]. Mais nous sommes encore loin d’une prise en compte systématique de l’ensemble des rapports sociaux dans les enquêtes et recherches portant sur une structure sociale qui est loin d’être figée. Celle-ci peut en effet davantage être appréhendée comme un entrecroisement dynamique complexe de l’ensemble des rapports sociaux, chacun d’entre eux imprimant sa marque sur les autres. Le retour des classes a été précédé et accompagné d’un retour récent de Marx. (...) Depuis le milieu des années 1990, son œuvre est dégagée progressivement des ornières positiviste et structuraliste dans lesquelles l’enfonçaient certaines lectures réductrices [3]. (...). Ces dernières années un grand nombre de travaux de philosophes et de sociologues ont contribué à relire l’œuvre de Marx dans sa cohérence d’ensemble débarrassée des déformations, des simplifications ou des interprétations problématiques [4]. Il faut rappeler ici que du point de vue de Marx, la réalité sociale est l’unité résultant de l’organisation de l’ensemble des rapports sociaux, unité n’excluant nullement les contradictions entre eux et n’impliquant donc nulle clôture de cette réalité sur elle-même. Ce concept de rapport social comme paradigme de l’intelligibilité de la réalité sociale permet d’éviter la plupart des apories communes aux modèles épistémologiques les plus courants dans le domaine des sciences sociales [5]. Tout rapport social est, par nature, source à la fois de cohésion et de conflit. Il unit (ou lie) les sujets sociaux qu’il médiatise, il constitue un des éléments à partir desquels se constitue l’architecture de la société globale. Mais, inversement, selon des formes et des contenus à chaque fois spécifiques, tout rapport social est, au moins potentiellement, source de tensions et de conflits entre ses acteurs ou agents, individuels ou collectifs. Le rapport social est en somme une tension qui traverse le champ social et qui érige certains phénomènes sociaux en enjeux autour desquels se constituent des groupes sociaux aux intérêts antagoniques. Par exemple le travail et ses divisions ou le partage des richesses produites sont des enjeux centraux autour desquels des groupes sociaux se sont constitués, notamment les classes sociales ou les classes de sexe [6]. Ces groupes sociaux sont en tension permanente autour de ces enjeux. L’articulation d’un rapport social avec d’autres rapports sociaux au sein de la totalité sociale est par ailleurs en même temps source potentielle de contradictions entre ces derniers. L’élément social, la réalité dernière à laquelle l’analyse doit s’arrêter, ce n’est donc pas l’individu (ou les individus) pris isolément, mais le rapport social (ou les rapports sociaux). Un individu seul est une abstraction mentale. C’est en ce sens que Marx a pu dire que l’individu est la somme de ses rapports sociaux ». Les individus doivent se concevoir comme les agents/acteurs de ces rapports sociaux qui en même temps les produisent comme tels dans et par les actes mêmes par lesquels ces individus les mettent en œuvre, en accomplissent les injonctions, dispositions, sollicitations et potentialités. L’analyse doit porter par ailleurs sur le processus de totalisation, toujours inachevé et contradictoire, de rapports sociaux, partiellement cohérents et partiellement incohérents – ce qui n’exclut pas l’existence d’« effets de totalité », c’est-à-dire des rétroactions de cette unité inachevée et contradictoire sur les rapports et processus partiels qui lui donnent naissance. Le social n’est donc pensable ni comme simple addition d’individus, ni comme substance surplombant ces derniers. Il opère comme une réalité produite à travers les interactions multiples entre individus et groupements. (...) La prise en compte du « sexe social » comme variable structurante est très récente. Elle n’intervient pas en tant que telle dans la littérature sociologique avant les années 1970. Cela a été montré dès 1970 par Nicole-Claude Mathieu : « Le critère de sexe utilisé à tout propos dans les enquêtes de sociologie empirique comme l’une des trois « variables fondamentales », ne possédait aucune cohérence sociologique. (...) Il n’existait pas de sociologie des sexes (des deux sexes), sauf dans le domaine de la famille » [7]. Dans la sociologie française des années d’après-guerre la variable « sexe » est prise en compte dans les études portant sur le mariage. L’enquête sur le choix du conjoint dirigée par Alain Girard à la fin des années cinquante avait spectaculairement démontré que ce choix était homogame, c’est-à-dire qu’il s’effectuait dans un milieu social semblable au sien, même en l’absence de contraintes familiales explicites, donc même quand ce choix était réputé « libre » et « dicté par l’amour ». Cette recherche semblait croiser la variable « sexe » et la variable « classe ». Mais c’est plutôt la profession du père de la femme qui était mise en rapport avec celle du mari [8]. De manière analogue, dans un passé encore récent, la construction des catégories statistiques permettant de mener des études portant sur la mobilité sociale ignorait purement et simplement les femmes, les mères, les filles et les épouses. Même quand les enquêtes n’excluaient pas les femmes, les résultats publiés ne s’intéressaient qu’aux hommes. Dominique Merllié et Jean Prévot signalent à ce propos que l’enquête britannique sur la mobilité sociale réalisée en 1949 portait sur les deux sexes, par contre l’analyse de la mobilité n’a été effectuée que sur les hommes de l’échantillon [9]. L’ouvrage de Claude Thélot paru en 1982 portant sur la position sociale et l’origine familiale s’intitule symptomatiquement : « Tel père, tel fils ? » [10]. (...) La prise en compte systématique d’autres variables structurantes, en dehors de la variable de classe, a été lente et partielle. L’âge (et la génération) feront assez tôt leur entrée en sociologie comme variable possédant une certaine cohérence sociologique [11]. Par contre le sexe, le sexe social bien sûr, construit socialement, et non considéré comme une variable naturelle, mettra du temps avant de devenir une telle variable structurante. On peut faire une remarque analogue en France à propos de l’ethnicité. Cela ne signifie pas que le sexe et l’origine ethnique ne soient pas pris en compte dans des études spécifiques. Madeleine Guilbert et ses collaboratrices ont pu recenser en 1977 plus de 1000 références de recherches consacrées au travail et à la « condition féminine » dans les sciences sociales depuis le XIXe siècle [12]. La littérature d’avant la Première Guerre mondiale est relativement abondante (près de 200 références). Par contre pour la période de l’entre-deux-guerres, on est frappé par « la rareté relative des titres concernant le travail des femmes » [13] tant en ce qui concerne les écrits datant de ces années que les études réalisées postérieurement. Les auteurs n’ont pu trouver que 35 références. L’essentiel des titres recensés dans cet ouvrage porte sur les trente années qui suivent la Seconde Guerre mondiale : plus de 800 références. Le petit nombre de productions intellectuelles centrées sur le travail des femmes semble faire écho au recul tendanciel de l’insertion professionnelle de ces dernières durant l’entre-deux-guerres. Le taux d’activité des femmes régresse de la Première Guerre mondiale à 1960. Ce retrait prend cependant place dans un mouvement de salarisation et d’urbanisation grandissant. Et si tout est mis en œuvre pendant les années trente, sous Vichy et après la Libération pour retirer les femmes mariées du marché du travail, il n’en reste pas moins que les femmes occupent dès cette époque de plus en plus d’emplois dans la santé, le travail social, les grands magasins ou les bureaux. A l’opposé, la montée de l’activité professionnelle des femmes à partir de 1960 va se traduire par une production exponentielle d’écrits. (...) Les analyses prenant en compte le sexe et l’âge social (ou la génération) vont se développer très tôt en ethnologie ou en anthropologie, disciplines privilégiant depuis longtemps l’étude des sociétés considérées comme « indifférenciées » [14]. C’est autour de la parenté entendue comme ensemble de relations définies par la filiation et par l’alliance que sont pensés les rapports entre les sexes et entre les classes d’âge. Dans cette perspective, les rapports sociaux reliant et opposant les hommes et les femmes d’une part et les classes d’âges d’autre part deviennent des rapports structurant centraux pour comprendre ces sociétés. La parenté est en effet le principe actif qui règle les relations sociales, ou du moins une partie d’entre elles, dans nombre de sociétés qualifiées aussi de « traditionnelles » ou de « primitives ». Maurice Godelier a montré que dans ces sociétés, ce sont précisément les rapports de parenté qui fonctionnent comme rapports de production et que c’est dans le cadre de ces rapports que les hommes affirment leur pouvoir et leur domination sur les femmes [15]. Les études d’anthropologie économique de Claude Meillassoux mettent l’accent sur la circulation des épouses et des dots, mais aussi sur celle des rejetons. Transposant l’analyse marxienne du fonctionnement du mode de production capitaliste, Meillassoux dissèque la « dialectique de l’égalité » dans ce type de société et conclut à l’exploitation, dans les sociétés agricoles d’autosubsistance, des femmes et des cadets [16]. La prégnance du mouvement ouvrier au cours des années 1960 et 1970 et l’influence corrélative de la tradition ouverte par Marx permet de comprendre aussi que pour théoriser les rapports entre hommes et femmes ce sont des approches en termes de « rapports sociaux de sexe » qui vont se développer dans la sociologie française dans le sillage d’une partie du mouvement des femmes [17]. Le système d’oppression et de domination spécifique des hommes sur les femmes sera également théorisé par plusieurs auteurs sous le nom de patriarcat [18]. Avec le reflux des conceptualisations en termes de classes (de rapport de classe et de rapports sociaux) et l’influence croissante des élaborations d’origine anglo-saxonne autour du concept de gender, le genre va se diffuser au cours des années suivantes, lentement en France, plus rapidement dans la plupart des autres pays. (...) Comme toute recherche sociologique, ce livre est à l’évidence un travail engagé. En effet, le sociologue est un sujet social inscrit dans la réalité sociale, l’ « extra-territorialité totale » [19] lui est impossible. La différence fondamentale entre les sciences sociales et les sciences de la nature tient précisément à cette caractéristique. Le chercheur ne peut pas se retrancher du monde, son esprit, comme son corps, y est inscrit et quand bien même le voudrait-il, il participerait malgré tout au cours du monde, y compris par son retrait. Cet engagement n’accroît pas forcément les difficultés dans la recherche. Cela est vrai pour celui qui s’engage dans le but d’améliorer le sort de l’humanité, pour celle qui s’engage dans une perspective féministe, comme pour tout autre engagement. L’engagement permet d’abord de poser des questions qui sans cela ne se posaient pas, ou du moins de manière plus confuse ou plus elliptique. L’idée de neutralité et de détachement a également été mise à mal par l’épistémologie de la connaissance située ou du point du vue développée par la critique féministe. Celle-ci insiste sur le fait que toute connaissance est nécessairement située dans le temps et dans l’espace et ancrée dans les conditions matérielles d’existence spécifiques à un groupe et à une époque donnée [20]. Sandra Harding par exemple questionne les présupposés et les conceptions de l’objectivité, de l’universalité et de la neutralité scientifiques dominantes à partir de positions féministes [21]. La recherche féministe en contribuant à dénaturaliser les sexes a permis des avancées scientifiques novatrices tant en sociologie de la famille qu’en sociologie du travail [22]. Les travaux portant sur les inégalités sociales, les rapports de classe ou les rapports de sexe ne sont donc pas moins ou plus objectifs et scientifiques que l’ensemble de la production en sciences humaines ou sociales. Dans un rapport à la direction du CNRS, Delphine Gardey rappelle que ces recherches « s’inscrivent directement dans ce qui fonde les sciences humaines, comme pensée critique et comme pensée humaine. Les préjugés ordinaires contre ces recherches sont aujourd’hui infondés » [23]. De son côté, Christian Baudelot s’oppose au mythe d’une possible neutralité axiologique et souligne que les sociologues pratiquent « tous une discipline qui oblige à prendre parti, que nous le reconnaissions ou non » [24]. Ce rappel est nécessaire contre l’illusion d’une sociologie pouvant rester neutre, au-dessus des conflits qui traversent les sociétés, conflits entre classes ou entre sexes sociaux. Impossible donc de se réfugier dans « la tour d’ivoire de l’objectivité savante », d’autant plus que les résultats des sciences sociales seront appropriés par les différents membres de la société et ne manqueront pas en outre de transformer leur vision du monde. Baudelot ajoute à juste titre, et nous sommes là au cœur de nos travaux antérieurs consacrés aux inégalités entre catégories sociales ou entre hommes et femmes : « Etudier la réalité sociale contemporaine, c’est nécessairement mettre en évidence des écarts, des disparités, des inégalités qui sont souvent des gouffres, entre des patrimoines, des revenus, des salaires, des niveaux d’éducation, des conditions de travail, des taux de chômage ou de suicide, des modes et des niveaux de vie, des espérances de vie et même (...) des différences de conditions entre les hommes et les femmes » [25]. Enfin, cherchant à expliquer et à comprendre ces écarts et ces inégalités, le sociologue doit prendre en compte les dynamiques des sociétés, dans la mesure où suivant la formule incisive de Baudelot « le bonheur des uns fait en grande partie le malheur des autres. Vice-versa ». En d’autres termes le sociologue rencontre obligatoirement selon les terminologies utilisées par les uns ou les autres : « exploitation, domination, oppression, déséquilibres, privilèges ». Et il conclut son propos consacré à l’engagement inévitable du sociologue : « N’inventons pas de tabous qui n’existent pas » [26]. Les remarques qui précèdent visent à rappeler que l’objectivité doit être distinguée clairement d’une prétendue neutralité. L’objectivité scientifique renvoie davantage aux méthodologies mises en œuvre et aux processus de recherche, ainsi qu’au travail critique collectif indispensable dans la production de connaissances. Pour des raisons d’exposition le livre est découpé en deux grandes parties, dans la première nous examinons les rapports de classe et les classes sociales (chapitres 1 à 3), dans la seconde le genre ou les rapports sociaux de sexe (chapitres 4 à 6), ce qui n’empêchera pas un certain nombre de chassés-croisés. Le chapitre 1 présente le paradoxe du tournant néo-libéral. En effet le discours de classe tel qu’il se déclinait, dans sa diversité, dans les sciences sociales, jusqu’à la fin des années 1970 s’efface au moment même où la polarisation sociale se renforce à travers la montée généralisée des inégalités sociales. Le chapitre 2 est consacré aux discours de substitution qui s’imposent au cours des années 1980 et 1990 : thèses de la « moyennisation », de l’individualisation du social, de l’invisibilisation des classes ou, plus particulièrement en France, de l’exclusion. Le point commun de ces thèses réside dans la commune occultation du schème du conflit. Dans le chapitre 3, je fais l’hypothèse que les classes amorcent un retour dans le discours sociologique depuis quelques années. Les défis à relever par les analyses en termes de classes ne manquent pas, notamment par rapport aux lacunes des analyses classistes antérieures et aux transformations de la structure sociale intervenues entre temps : modifications des contours et caractéristiques des différentes classes et fractions de classes, transformations induites par la montée de l’activité professionnelle des femmes et effets de la transnationalisation croissante de l’économie. La question de la subjectivité et de la conscience de classe mérite de ce point de vue une attention particulière. Le chapitre 4 porte sur la Révolution féministe des années 1969-1976, à certaines de ses contradictions et surtout à l’effervescence théorique qui en a résulté visant à penser l’oppression des femmes. Les concepts de patriarcat, de mode de production domestique, de travail domestique, de travail productif et reproductif, d’articulation production - reproduction et de division sexuelle du travail seront dégagés dans une première phase. L’émergence des deux principaux concepts, celui de genre et de rapports sociaux de sexe sera l’objet du chapitre 5. Dans les sciences sociales leurs définitions tendent à se rapprocher car tous deux insistent sur le caractère construit et antagonique des rapports hommes-femmes, même si le second insiste le plus souvent davantage que le premier sur le travail comme levier de la domination et de l’émancipation, et surtout, sur la nécessaire articulation des rapports de classe et de sexe. Enfin, le chapitre 6 dresse un bilan des changements majeurs qui sont intervenus dans les rapports sociaux de sexe au cours des dernières décennies au sein des sociétés occidentales, principalement à partir du cas français. Ces changements ont permis aux femmes d’accéder à une plus grande autonomie, mais les freins de toute nature pèsent en sens inverse : construction asymétrique des identités masculines et féminines, sexuation des filières de formation et des emplois, travail domestique toujours massivement à la charge des femmes, politiques contradictoires des Etats, etc. En conclusion nous présenterons un plaidoyer en faveur de l’articulation des différents rapports sociaux dans les recherches actuelles et à venir. Pour donner toute son intelligibilité à chacun d’eux et pour rendre compte de la complexité du social il est indispensable de prendre en compte l’ensemble de ces rapports entremêlés. Les différents niveaux, espaces ou champs de la réalité sociale doivent être distingués car cette dernière ne se présente jamais de manière univoque. La situation objective (du groupe considéré : classe sociale, sexe social, classe d’âge ou génération, « race » ou ethnie », etc.) et la subjectivité (des membres des différents groupes) sont à prendre en compte. Enfin, il est nécessaire d’inscrire ces rapports sociaux dans le temps et dans l’espace. Car il s’agit aussi pour nous de se placer dans la perspective de la transformation de ces rapports qui tous impliquent domination, discrimination, stigmatisation et exploitation. PFEFFERKORN Roland * Paru sous cette forme sur le site de l’Observatoire des inégalités. * Roland Pfefferkorn est professeur de sociologie à l’université Marc Bloch de Strasbourg et membre du laboratoire Cultures et Sociétés en Europe du CNRS. Notes [1] Cf. par exemple Paul Bouffartigue (sous la direction de), Le retour des classes. Inégalités, dominations, conflits, La Dispute, Paris, 2004. [2] Parler de rapports de « race » c’est mettre l’accent sur des différences « visibles ». Les rapports ethniques privilégient, en principe, les différences culturelles. Mais la référence à des ethnies renvoie parfois de manière euphémisée à des « races ». Ces dernières bien que n’ayant aucune signification scientifique sont produites par le racisme : c’est le racisme qui crée les « races ». [3] Nous pensons bien sûr ici à Louis Althusser. Le jugement formulé en octobre 2004 par l’historien marxiste Eric Hobsbawm est sans appel : « Ce personnage, qui à mon avis n’était pas du tout historien, d’abord, ne comprenait pas beaucoup l’histoire, ensuite, et finalement, n’était pas très calé dans la connaissance des textes et de la pensée de Marx », in Aron Cohen, Rosa Congost, Pablo F. Luna (coord.), Pierre Vilar. Une histoire totale. Une histoire en construction, Syllepse, Paris, 2006, p. 87. Mais il y eut pire, en termes de dogmatisme liturgique, du côté de Staline, de Mao et de ceux qui répétaient leurs catéchismes, ou en termes de déformations, par ignorance ou par calcul idéologique. [4] Cf. notamment Jacques Derrida, Spectres de Marx, Galilée, Paris, 1993 ; et Marx & Sons, Galilée et PUF, Paris, 2002 ; Daniel Bensaïd, Marx, l’intempestif. Grandeurs et misères d’une aventure critique (XIXe-XXe siècles), Fayard, Paris, 1995 ; et La discordance des temps. Essais sur les crises, les classes, l’histoire, Les éditions de la Passion, Paris, 1995 ; Henri Maler, Convoiter l’impossible. L’utopie avec Marx, malgré Marx, Albin Michel, Paris, 1995 ; Alain Bihr, La reproduction du capital. Prolégomènes à une théorie générale du capitalisme, 2 tomes, Editions Page deux, Lausanne, 2001 ; Jean-Marie Vincent, Un autre Marx. Après les marxismes, Page deux, Lausanne, 2001 ; Tran Hai Hac, Relire le Capital. Marx, critique de l’économie politique et objet de la critique de l’économie politique, 2 tomes, Page deux, Lausanne, 2003 ; Lucien Sève, Penser avec Marx aujourd’hui. Marx et nous, La Dispute, Paris, 2004 ; Antoine Artous, Marx, l’Etat et la politique, Syllepse, Paris, 1999 ; Travail et émancipation sociale. Marx et le travail, Syllepse, Paris, 2003 ; Le fétichisme chez Marx. Le marxisme comme théorie critique, Syllepse, Paris, 2006. [5] C’est pourquoi l’absence de l’entrée « rapport social » ou « rapports sociaux » dans de nombreux dictionnaires de sociologie ou de sciences sociales ne manque pas de surprendre (Exemples : Dictionnaire des sciences humaines. Anthropologie/Sociologie, Nathan Université, 1994 ; Dictionnaire de la sociologie, Encyclopaedia Universalis – Albin Michel, 1998 ; Dictionnaire d’économie et des sciences sociales, Nathan, 1993 ; Dictionnaire critique de la sociologie, PUF, 2000). On trouve certes parfois l’entrée « rapport de classe » (Dictionnaire de sociologie, Hatier, 1995), ailleurs l’entrée « rapports sociaux de sexes » associée à celle de « rapport salarial » (Dictionnaire de sociologie, Armand Colin, 1995). [6] Cf. Danièle Kergoat, « Division sexuelle du travail et rapports sociaux de sexe », in Helena Hirata, Françoise Laborie, Hélène Le Doaré, Danièle Senotier (coord.), Dictionnaire critique du féminisme, PUF, Paris, 2000, p. 39. [7] Nicole-Claude Mathieu, L’anatomie politique. Catégorisations et idéologies du sexe, Editions Côté-femmes, Paris, 1991, p. 8. [8] Alain Girard, Le choix du conjoint, 2e édition, PUF/INED, Paris, 1974 (1e édition, Cahiers de l’INED, n° 44, PUF, 1964). [9] Dominique Merllié, Jacques Prévot, La mobilité sociale, La Découverte, Collection repères, Paris, 1991, p. 80. David Glass (sous la direction de), Social mobility in Britain, Routledge & Kegan Paul, Londres, 1954. . [10] Claude Thélot, Tel père, tel fils ? Position sociale et origine familiale, Dunod, Paris, 1982. [11] Cf. Remi Lenoir « Objet sociologique et problème social », in Patrick Champagne, Remi Lenoir, Dominique Merllié, Louis Pinto, Initiation à la pratique sociologique, Dunod, Paris, 1989, p. 53-100 ; Gérard Mauger, « Introduction » in Karl Mannheim, Le problème des générations, Nathan, Paris, 1990 (1e éd. 1928), p. 7-21. [12] Madeleine Guilbert, Nicole Lowit, Marie-Helene Zylberberg-Hocquart, Travail et condition féminine, Editions de la Courtille, Paris, 1977. [13] Madeleine Guilbert, Nicole Lowit, Marie-Helene Zylberberg-Hocquart, Travail et condition féminine, Editions de la Courtille, Paris, 1977, p. 9. [14] Cependant une analyse fine de la littérature ethnologique des années 1970 montre que beaucoup d’auteurs développent une conception essentiellement biologisante de la « féminité » en regard avec une conception sociale de la catégorie masculine. Nicole-Claude Mathieu, L’anatomie politique. Catégorisations et idéologies du sexe, Editions Côté-femmes, Paris, 1991, p. 43-73. [15] Maurice Godelier, La production des grands hommes : pouvoir et domination masculine chez les Baruya de Nouvelle-Guinée, Fayard, Paris, 1982. [16] Claude Meillassoux, Femmes, greniers et capitaux, François Maspéro, Paris, 1975. [17] Danièle Kergoat, « Division sexuelle du travail et rapports sociaux de sexe », in Helena Hirata, Françoise Laborie, Hélène Le Doaré, Danièle Senotier (coord.), Dictionnaire critique du féminisme, PUF, Paris, 2000, p. 35-44. [18] Christine Delphy, « Théories du patriarcat » in Helena Hirata, Françoise Laborie, Hélène Le Doaré, Danièle Senotier (coord.), Dictionnaire critique du féminisme, PUF, Paris, 2000, p. 146. [19] Robert Castel, « La sociologie et la réponse à la « demande sociale », Sociologie du travail, 42, 2000, p. 281- 287. [20] Voir pour une synthèse : Ludovic Gaussot, « Des rapports sociaux de sexe à la connaissance de ces rapports : une vertu cognitive de la non-conformité ? », Cahiers du genre, n° 39, 2005, p. 153-172. [21] Sandra Harding (dir.), The Feminist Standpoint Theory Reader. Intellectual and political Controversies, New- York, Routledge, 2003. [22] Voir par exemple les travaux de Nicole-Claude Matthieu, Christine Delphy, Danièle Kergoat, Margaret Maruani et plus largement les travaux réalisés au sein de différents centres de recherche, du MAGE, du GEDISST/GERS/GTM, de Simone-Sagesse, etc. Le lecteur trouvera les références précises plus loin. [23] Delphine Gardey, Enjeux des recherches sur le genre et le sexe. Rapport à Mme la Présidente du Conseil scientifique du CNRS, Centre de recherche en histoire des sciences et des techniques, UMR 2139. CNRS/Cité des sciences et de l’industrie, mars 2004. [24] Christian Baudelot, « A l’école des femmes » in Jacqueline Laufer, Catherine Marry, Margaret Maruani (dir.), Le Travail du genre. Les sciences sociales du travail à l’épreuve de la différence des sexes, La Découverte, Paris, 2003, p. 43. [25] Christian Baudelot, « A l’école des femmes » in Jacqueline Laufer, Catherine Marry, Margaret Maruani (dir.), Le Travail du genre. Les sciences sociales du travail à l’épreuve de la différence des sexes, La Découverte, Paris, 2003, p. 43. [26] Christian Baudelot, « A l’école des femmes » in Jacqueline Laufer, Catherine Marry, Margaret Maruani (dir.), Le Travail du genre. Les sciences sociales du travail à l’épreuve de la différence des sexes, La Découverte, Paris, 2003, p. 44. 410 pages édition : juin 2007

    25,00 €
  • Picq et Storti : Le féminisme à l'épreuve des mutations géopolitiques

    Quels sont les effets, pour les femmes et pour le féminisme, des changements du monde, 40 ans après l'explosion des mouvements de libération des années 1970 ? Que veulent dire à l'heure de la mondialisation, "égalité des sexes" et "liberté des femmes" ? Comment traduire des mots d'ordre anciens (comme Notre corps nous appartient) dans l'actuelle division internationale et sexuée du travail : travail de production et de reproduction ? Entre marchandisation triomphante et retour du religieux que sont devenues les conquêtes faites à partir des années 1970 ? Qu'est-ce qu'une politique féministe, à l'heure du post (postcommunisme, postcolonialisme, postmodernisme) ? Telles sont quelques-unes des questions qui sont posées dans ce livre, issu du congrès féministe international qui s'est tenu à Paris en décembre 2010, comme en scansion finale de la célébration des 40 ans du MLF. Actualité de ces questions. Actualité des réflexions et des analyses que conduisent, chacune à leur manière mais dans l'affirmation d'une nécessité universelle des droits des femmes, des militantes, des chercheuses, des écrivaines, des syndicalistes venues du Nord et du Sud, de l'Est et de l'Ouest, au moment où sur la scène du monde des peuples mettent fin à des régimes dictatoriaux et corrompus et où les femmes, partie prenante et actrices des révolutions, refusent d'être - une fois encore - les oubliées de la démocratie. Tandis que se dessine une nouvelle visibilité des féministes, cet ouvrage répond à la nécessité des temps présents : considérer l'émancipation des femmes comme un enjeu principal, un enjeu de civilisation, bref la placer au rang du politique. ........................... 250 pages édition : février 2012

    21,00 €
  • Piton : C'est possible, une femme au coeur de la lutte des Lip

    En avril 1973, l'entreprise Lip de Besançon, fleuron de l'industrie horlogère française, est rachetée par une multinationale et soumise à un plan de délocalisation entraînant son démantèlement et le licenciement des 1200 employés. Grâce à un Comité d'action qui libère la parole, l'imagination et la créativité de toutes et tous, en lien avec les syndicats, les travailleuses et travailleurs de Lip résistent d'une manière exemplaire, inventant ou réinventant des pratiques de lutte, d'action et de démocratie directes qui trouvent un écho national et international avec le slogan : «On fabrique, on vend, on se paie !»
    Ils s'emparent du stock de montres, mis en lieu sûr ; celles-ci sont vendues dans toute la France pour leur assurer un salaire. Un restaurant convivial est créé ; des meetings sont organisés, des comités de soutien voient le jour ; une grande marche rassemble 100 000 personnes à Besançon.
    En janvier 1974, la promesse de reprendre tous les salariés est obtenue et Lip redémarre : c'est la fin du premier conflit. Deux ans plus tard, l'Etat s'emploie à saborder systématiquement l'entreprise et à briser des vies pour détruire ce symbole de l'autogestion et d'une lutte victorieuse contre les licenciements. Une postface inédite revient sur le second conflit Lip, à partir de 1976.
    D'avril 1973 à janvier 1974, Monique Piton a tenu le journal de ce combat, publié aux Editions des femmes en 1975, où elle mêle le récit de cette lutte et sa vie quotidienne.
    Voici à nouveau disponible ce témoignage passionnant d'une belle aventure collective qui démontre que la crise n'est pas une fatalité.

    édition : mai 2015

    22,00 €
  • Rapport CSTS : La lutte contre les violences faites aux femmes

    TABLE DES MATIÈRES Introduction PARTIE 1 Connaître les violences faites aux femmes réalité sociale et contexte 1.1. Mieux connaître les violences faites aux femmes au travers d'enquêtes notoires 1. 1 .1.L.'enquête nationale sur les violences envers les femmes en France métropolitaine (ENVEFF) : une mesure de l'ampleur du problème_ 1.1.2. Le rapport Henrion: dimensions médicales et sociales des violences conjugales 1. 1.3. Le rapport d"Amnesty International: « Les violences faites aux femmes en France,une affaire d'État » 1.1.4. L'enquête du ministère de l'intérieur sur les décès au sein du couple: un phénomène en augmentation partout en France_ . 1.1.5. L`enquête Insee de 2008 ou l'absence de frontières pour les violences faites aux femme 1.1.6. Des lois essentielles mais des faits persistants ________ 1.2. Adieux connaître et définir les violences, ce qui les accompagne et le processus en oeuvre 1.2.1. Définir la violence contre les femmes 1.2.2. La victimisation : un processus entraînant dépendance et clivage 1.2.3. Le sexisme : une discrimination propice au développement de la violence __________ 1.3. Les sources des violences des hommes sur les femmes dans le champ de la société 1.3.1. La domination masculine, une des premières sources de la violence faite aux femmes 1.3.2. La violence comme attribut de la de la supériorité masculine : un présupposé consensuel 1.3.3. La domination dans le champ politique et législatif 1.3.4.Les adolescents sont inscrits dans les rapports de pouvoir et de séduction qui ont aussi un impact sur leur sexualité _____________________________________________________ PARTIE 2 : Les réponses actuelles 2.1. L'impact des conférences internationales:des conventions signées par de nombreux Etats 2.2.2. La législation française: répression et prévention des violences au sein du couple et de la famille 2.2.1. La loi n° 2006-399 du] avril 2006 2.2.2. Les limites de la loi de 2006 2.3. Le dispositif institutionnel : des missions et des orientations claires, une mise en oeuvre difficile 2.3. 1. Un plan triennal étayé sur la prise en compte des besoins 2.3.2. Des commissions locales en place et opérationnelles 2.3.3. Des protocoles départementaux pour élargir le champ des acteurs de la prévention. 2.3.4. Des limites et des inquiétudes sur les moyens mobilisables sur le terrain 2.4. Le secteur associatif: diversification, dynamisme, mobilisation 2.4.1 Le Centre national d'information sur les droits des femmes et des familles et son réseau 2.4.2. La Fédération nationale Solidarité Femmes: un mouvement spécifiquement engagé sur la question des violences faites aux femmes 2.4.3. Des structures multiples fortement mobilisées sur la question des violences faites aux femmes 2.5. Les réponses et contributions du travail social : des carences à combler mais aussi des pratiques et une connaissance à valoriser 2.5.1. Les carences: un défaut de formalisation, une absence d'écrits professionnels 2.5.2. Les acquis et l'expérience des travailleurs sociaux: des leviers importants insuffisamment activés _____________________________________________________ PARTIE 3 L'intervention sociale d'aide à la personne auprès des femmes victimes de violence et avec elles 3.1. Les spécificités (le l'intervention sociale d'aide à la personne dans la lutte contre les violences faites aux femmes 3.1.1 Repérer les mécanismes liés à la victimisation 3.1.2. Nécessité d'une réflexion professionnelle élargie 3.1.3. Une écoute compréhensive 3.2. Les limites de l'intervention sociale d'aide à la personne dans ce contexte 3.3. De la nécessaire articulation et complémentarité entre ISAP et ISIC _____________________________________________________ PARTIE : 4 L'intervention collective et la lutte contre les violences faites aux femmes 4.1. Actions collectives de resocialisation : le travail en groupe 4.I.I. Sortir du repli sur soi avec le groupe 4.1.2. Le groupe favorise le processus de dévictirnisation 4.1.3. Les actions thématiques collectives : une ouverture vers l'autonomie 4.1.4. Dédramatiser par l'action créative 4.1.5. Une pédagogie d'émancipation 4.1.6. Une valorisation de la citoyenneté 4.2. Vers une optimisation des partenariats et une coordination des réseaux 4.3. Actions collectives de sensibilisation et de formation 4.3.1. Un rôle de formation assuré par les associations 4.3.2. Sensibiliser la population 4.4. Les établissements scolaires, lieux essentiels pour le développement de la prévention 4.5. L'intervention envers les conjoints violents : au-delà de la répression, un travail de responsabilisation et d'accompagnement 4.6. Vers un développement des pratiques de I'ISIC auprès des femmes victimes de violences _____________________________________________________ PARTIE 5 : La prise en compte des spécificités de la violence conjugale dans les zones rurales 5.1. L'absence de structures d'accueil et d'écoute spécialisées _ 5.2. Les difficultés de mobilité e t l'isolement géographique 5.3. Offrir une garantie d"anonynat et pouvoir répondre à la crainte du regard des proches _____________________________________________________ PARTIE : 6 Préconisations 6.1. Favoriser l'élaboration de savoirs spécifiques sur les violences faites aux femmes, mettre en place les conditions d'une formalisation des pratiques professionnelles 6.2. Sortir d'une forme d'empirisme et structurer des outils opérationnels propres au travail social 6.3. Permettre la qualification des professionnels en développant des modules spécifiques tant dans les formations initiales que dans la formation continue 6.4. Reconnaître la pluridisciplinarité dans l'intervention collective 6.5. Utiliser la philosophie de l'ISIC pour produire des diagnostics partagés sur les conditions de prise en compte des violences faites aux femmes à l'échelle de chaque entité territoriale rurale ou urbaine dans les départements 6.6. Mettre en oeuvre I'ISIC dans les domaines qui favorisent l'autonomie des femmes 6.l. Garantir la régularité et la pérennité des actions 6.8. Eviter d'inscrire les femmes dans des ateliers à vocation uniquement techniques et réparatrices en oubliant les valeurs d'engagement et de convivialité de l'action collective 6.9. Prendre en charge les homme> violents, eux aussi concernés 6.10. Appliquer intégralement la législation 6.11. Faire confiance aux capacité des femmes CONCLUSION Bibliographie GLOSSAIRE 136 pages édition : avril 2010

    20,00 €
  • Richard Gabrielle : Hétéro l'école ? Plaidoyer pour une éducation antioppressive

    L’école enseigne-t-elle l’hétérosexualité? Y apprend-on les bonnes et les mauvaises manières d’être une fille ou un garçon? Dans la cour de récréation comme en classe, les jeunes ont tôt fait de comprendre quels corps, quels comportements et quelles attirances sont admissibles. Et c’est peut-être dans les cours d’éducation à la sexualité que ces messages sont transmis le plus directement.
    Ce livre passe au crible une culture scolaire qui contribue à reconduire des normes de genre et de sexualité, souvent à son insu. Il montre comment les programmes, les manuels et les pratiques enseignantes peuvent maintenir les élèves dans l’ignorance quant à leur identité et leurs désirs, voire alimenter la violence. Dressant un portrait sans complaisance de l’éducation à la sexualité en France et au Québec, il propose des pistes d’intervention afin de rendre les contenus scolaires véritablement inclusifs, positifs et antioppressifs.

    édition : février 2020

    14,00 €
  • Riot-Sarcey : Histoire du féminisme

    Contrairement aux idées reçues, l'histoire du féminisme en France ne diffère guère de celle des autres pays occidentaux: fragmentée et en décalage avec l'histoire politique. Depuis la Révolution française, les femmes, mises à l'écart de la citoyenneté, ont cherché à sortir de la sphère du privé qui leur était destinée 4 (par nature». Lentement, ponctuellement, avec difficulté, elles ont surmonté les obstacles et conquis peu à peu des fonctions longtemps réservées aux hommes. Mais la barrière la plus insurmontable fut sans doute celle du politique. Les droits civiques «accordés» très tardivement (octobre 1944) au «deuxième sexe» ne mirent pas un terme aux interdits, particulièrement celui de l'exercice du pouvoir qui est resté un privilège de la masculinité. L'ouvrage retrace les itinéraires conflictuels et les multiples aspects des luttes en faveur de l'égalité jusqu'à l'actualité de la «parité » dont le succès peut masquer le maintien des inégalités. Michèle Riot-Sarcey, professeure d'histoire contemporaine à l'université Paris-VIIISaint-Denis, est auteure de plusieurs ouvrages et articles sur le féminisme et sur la question du genre. Ses travaux portent aussi sur l'histoire politique et celle des utopies de la première moitié du xixe siècle. 123 pages Edition : 2002

    10,00 €
  • Romito : Un silence de mortes, la violence masculine occultée

    Alors que les hommes exercent des violences contre les femmes et les enfants, la société met tout en oeuvre pour occulter cette réalité.Si les progtrès dans la lutte contre les violences masculines sont indéniables, la violence, elle, continue bel et bien d'exist,er. Pour l'auteure, cette violence est un des moyens d'entretenir en bon état de marche le système de domination patriarcale, système dont profitent la majorité des hommes et une minorité de femmes. C'est donc la société patriarcale dans son ensemble qui élabore activement l'occultation de la violence, afin d'éviter qu'elle cesse. Ce livre établit et décrit, à partir d'un matériel aussi vaste que diversifié, les différents types de violences masculines et les différentes manières de les occulter, tant au niveau social, qu'il s'agisse des lois, du fonctionnement des services socio-sanitaires, de la police et des tribunaux, des théories psychologiques et psychiatriques en vigueur, qu'au niveau des individus et de leurs ressorts psychologiques. Patrizia Romito est professeure de psychologie sociale à l'université deTrieste (Italie). Elle travaille sur la santé mentale des femmes et les réponses sociales aux violences qu'elles subissent. Auteure de nombreux articles en anglais et de plusieurs livres en italien, elle a publié en français : La naissance du premier enfant Étude psychosociale de l'expérience de la maternité et de la dépression postpartum (Delachaux et Niestlé, 1990). 300 pages édition : novembre 2006

    26,00 €
  • Rubin : Surveiller et jouir

    Chérir, plutôt qu'éradiquer la diversité des pratiques sexuelles, tel est le programme d'une théorie politique radicale de la sexualité selon Gayle Rubin. Sa mise en oeuvre s'est heurtée à la volonté permanente d'imposer une bonne sexualité : hétérosexuelle, monogame, conjugale, gratuite, intragénérationnelle, génitale, à deux, procréative, sans sex toys ni usage de pornographie. Gayle Rubin, féministe et lesbienne militante, est ainsi devenue la cible de la droite états-unienne comme de pans entiers des mouvements féministes et lesbiens. Écrivant sous forme d'articles clairs et décisifs, elle a ouvert la voie au développement d'outils d'analyse spécifiques pour comprendre les oppressions matérielles et symboliques subies par les hors-la-loi du sexe et a contribué à la fondation de la théorie féministe, des études de genre et de la théorie queer. Les réflexions de Michel Foucault sur l'éthique du sadomasochisme masculin se trouvent ici éclairées par celte qu'il appelle " notre amie Gayle Rubin ". Parution 13/01/2011, 484 pages

    28,00 €
  • Scholz : Le sexe du capitalisme

    Avec son théorème de la « valeur-dissociation », Roswitha Scholz propose une critique féministe du patriarcat capitaliste au-delà du progressisme politique, du marxisme traditionnel et de tous les développements postmodernes.
    Elle effectue une critique radicale de la modernité comprise comme patriarcat producteur de marchandises, ce qui la conduit à refuser de se laisser enfermer aussi bien dans la croyance en un progrès immanent de la modernité, que dans les « contradictions secondaires », l’essentialisme naturalisant ou le différentialisme post-structuraliste.
    Les essais rassemblés dans ce volume mènent une discussion critique de divers courants et auteures féministes - de Judith Butler, Nancy Fraser et Maria Mies à Silvia Federici - afin d’analyser l’essence de la modernité comme totalité sociale brisée, où les deux pôles de la « valeur » et de la « dissociation » reproduisent le rapport patriarcal du masculin et du féminin jusque dans la barbarisation postmoderne et l’effondrement du patriarcat producteur de marchandises. Ce dernier, déjà entamé, n´aura aucune portée émancipatrice.
    Roswitha Scholz est, aux côtés de Robert Kurz et des membres de la revue Exit !, l’une des principales théoriciennes en Allemagne du courant de la critique de la valeur-dissociation (Wert-Abspaltungskritik). Elle s’attache à théoriser le lien entre capitalisme et patriarcat moderne ainsi que les métamorphoses de ce patriarcat, et à dépasser les féminismes de l’égalité et de la différence, comme les féminismes intersectionnels, déconstructionnistes, matérialistes, écoféministes ou de la « lutte des classes »

    .édition : novembre 2019

    18,00 €
  • Scott : La politique du voile

    « Ce livre ne traite pas des musulmans de France : il porte sur la perception dominante des musulmans dans le paysage français. Je m’intéresse à la manière dont le voile est devenu un écran sur lequel sont projetés des images d’étrangeté et des fantasmes de dangerosité – dangerosité pour le tissu social français et pour l’avenir de la nation républicaine. Je m’intéresse, en outre, à la manière dont la représentation d’un « autre » homogène et dangereux est venue conforter une vision mythique de la République française une et indivisible. J’explore les multiples facteurs qui alimentent ces représentations fantasmatiques : racisme, culpabilité et peur postcoloniales, idéologies nationalistes, notamment le républicanisme, le sécularisme, l’individualisme abstrait et, tout particulièrement, les normes françaises en matière de conduite sexuelle, considérées comme étant à la fois naturelles et universelles. »
    Joan W. Scott

    Joan W. Scott est historienne, professeure à l’Institute for Advanced Study de Princeton. Son travail, principalement consacré à la France, interroge la catégorie de genre et la différence des sexes. Elle a notamment publié en français Théorie critique de l’histoire (2009) et De l’utilité du genre (2012).

    édition septembre 2017

    17,00 €
  • Sohn : Une histoire sans les hommes est-elle possible.

    On ne naît pas homme, on le devient. Cet ouvrage se propose de déconstruire ce qui a fait longtemps figure d'invariant et de montrer que la masculinité a une histoire. Les contributions, qui courent de la préhistoire à nos jours, peignent ainsi des masculinités à la fois multiples et changeantes.
    Ce livre examine en premier lieu les signes et marqueurs de la masculinité qui permettent d'emblée de savoir qui est un homme. Il analyse ensuite les preuves et épreuves de masculinité, qu'elles soient professionnelles, sexuelles ou militaires. Les hommes, en effet, se doivent de démontrer, toute leur vie durant, qu'ils remplissent bien les critères de « bonne masculinité » attendus d'eux. Sont en jeu ici les processus sociaux et éducatifs qui transforment le sexe en genre et la nature en culture. Ces preuves et épreuves non seulement font « l'homme » mais construisent également les hiérarchies masculines, opposant dominants et dominés, gagnants et perdants de la masculinité.
    Une histoire des hommes et des masculinités fondée sur le genre permet ainsi de mieux comprendre la résistance de la domination masculine et les inégalités présentes entre hommes et femmes.

    édition : février 2014

    21,00 €
  • Thiébaut : Ceci est mon sang

    Ceci est mon sang Petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font Élise THIÉBAUT

    Avoir ses « ourses », ses « ragnagnas », ses « coquelicots » ou « l’Armée rouge dans sa culotte »… : quelle que soit la façon dont on l’appelle, ce phénomène naturel qui consiste, pour les femmes, à perdre un peu de sang tous les mois (sans en mourir !) reste un tabou dans toutes les sociétés. Pour en finir avec cette injustice, Élise Thiébaut nous propose d’explorer les dessous des règles de manière à la fois documentée, pédagogique et pleine d’humour : à partir de son histoire personnelle, elle nous fait découvrir les secrets de l’ovocyte kamikaze et de la mayonnaise, l’histoire étonnante des protections périodiques (ainsi que leurs dangers ou plaisirs), les usages étranges que les religions ont parfois fait du sang menstruel…
    Et bien d’autres choses encore sur ce fluide, qui, selon les dernières avancées de la science, pourrait bien être un élixir de jouvence ou d’immortalité.
    Alors, l’heure est-elle venue de changer les règles ? La révolution menstruelle, en tout cas, est en marche. Et ce sera probablement la première au monde à être à la fois sanglante et pacifique.

    Edition : février 2017

    16,00 €
  • Thiebaut/Malle : Les règles, quelle aventure

    Si tu fais partie de l'espèce humaine et que tu as un utérus, tu auras un jour tes règles, comme 3,5 milliards de personnes dans le monde. C'est normal, avoir ses règles est une chose naturelle et un signe de bonne santé! Pourtant, tu entendras peut-être dire que c'est sale et que tu ne dois surtout pas en parler. Les tabous, la peur, la honte... il est temps d'en finir avec tout ça et de faire enfin tes propres règles !

    édition : novembre 2017

    12,00 €
  • Thomas Édith : Les Pétroleuses

    Longtemps, au mot de « communarde » on a préféré celui de « pétroleuse », qui pourtant est une fiction. Une flétrissure misogyne qui raconte d’abord la façon dont on a dévalué, disqualifié et réprimé les femmes engagées dans la Commune de Paris au printemps 1871. En pionnière, Édith Thomas s’est attachée en 1963 à faire sortir de l’ombre ces femmes mobilisées pour la révolution sociale. Chartiste, elle a fouillé des archives fragiles et lacunaires, et excavé des traces qui n’avaient jamais été regardées comme des objets légitimes. En débusquant ce stigmate qui charrie une foule de représentations sur la violence féminine, et euphémise l’épaisseur politique de leur lutte pour déplacer les frontières de l’émancipation, l’autrice n’a pas seulement élargi l’histoire de la Commune de Paris. Elle a aussi enrichi l’histoire des féminismes. Figure centrale de la Résistance intellectuelle sous Vichy, qui fit elle-même les frais d’une puissante invisibilisation, Édith Thomas restaure les femmes de 1871 dans une souveraineté proprement politique, aux antipodes de cette image d’hystériques du baril à quoi les ont longtemps reléguées les récits habituels ou virilistes de la Commune de Paris.

    édition : mars 2021

    9,40 €
  • Toutes à y gagner, 20 ans de féminisme

    Ce livre est à la fois un cadeau, une mémoire et une promesse.
    Un cadeau d'abord, parce qu'il fête les vingt ans des Journées intersyndicales femmes. A l'initiative de l'intersyndicale Femmes qui regroupe des militantes de la Confédération générale du travail (CGT), de la Fédération syndicale unitaire (FSU, principal syndicat enseignant) et de l'Union syndicale Solidaires, tous les ans depuis 1997 se réunissent au mois de mars entre 300 et 400 personnes, venues du monde entier, issues du monde de la recherche et du militantisme syndical, associatif, politique.
    L'ouvrage reprend ce long travail commun qui au quotidien place au premier plan la question des droits des femmes : un heureux mélange d'analyses "universitaires", de témoignages et de réflexions de syndicalistes, d'ici ou d'ailleurs. Une mémoire, car ce livre permet de revenir sur vingt ans de combats féministes, de luttes difficiles et de batailles gagnées. Avec ses 65 contributions retenues, l'ouvrage éclaire tous les champs du réel : le travail, le corps, la poli - tique, le langage...
    65 contributions qui permettent de mesurer, dans certains cas, le chemin parcouru, les avancées obtenues. Dans d'autres, la comparaison entre les textes de 1998 et celles de 2015 par exemple soulignent une stagnation, voire des régressions. Le parti pris de l'ouvrage est de partir des inégalités vécues par les femmes sur les lieux de travail, en les reliant aux inégalités existantes dans tous les domaines de la vie sociale et personnelle des femmes.
    Il s'agit bien de voir comment la domination patriarcale s'exerce sur des vies entières et comment l'engagement syndical peut relier inégalités sociales et inégalités de genre. Toutes à y gagner est une promesse enfin : ne jamais abandonner l'espoir. Les contributrices l'affirment : quels que soient les vents contraires, il est toujours possible d'étonner la catastrophe et de dégager la route vers un monde différent, où femmes et hommes pourront vivre en égaux, plus libres et plus heureux.

    Edition : mars 2017

    20,00 €
  • Trat : L'autonomie des femmes en question. Antiféminismes et résistances en Amérique et en Europe

    Dans les sociétés américaines et européennes marquées, pour la plupart d'entre elles, par les acquis du féminisme au cours des années 1970, comment se présente la situation des femmes ? Depuis des années on assiste à une floraison de discours antiféministes ou se présentant comme « postféministes ». Tandis que la droite conservatrice et les intégrismes religieux cherchent à remettre en cause l'autonomie matérielle et la liberté reproductive des femmes, le postféminisme affirme que le temps du féminisme est dépassé : l'égalité entre les sexes serait un fait accompli et les inégalités constatées entre les hommes et les femmes disparaîtraient sous l'effet de l'évolution « naturelle » des sociétés d'aujourd'hui. Comment analyser ces réactions antiféministes ? A l'heure de la mondialisation néo-libérale, où en est leur autonomie matérielle ? Quelle est l'évolution de la scolarisation et de la salarisation des femmes et du contrôle. par elles-mêmes, de leurs sexualité et maternité ? Quelles résistances offrent les mouvements féministes à la vague de fond réactionnaire ? Telles sont quelques-unes des questions traitées dans ce livre qui éclaire les confrontations sociales et politiques contemporaines autour des rapports sociaux de sexe. Ont contribué à cet ouvrage : Marie-Jeanne Da Col Richert, Jeanne Fagnani, Marie France Labrecgue, Diane Lamoureux, Roland Pfefferkorn, Maria-Lucia da Silveira, Sophie Stoffel, Josette Trat, Katia Vladimirova, Monika Wator 243 pages Edition : 2006

    21,50 €
  • Travail des femmes et pouvoir des hommes. Aux origines de l'oppression des femmes

    L'oppression des femmes paraît absente des premières communautés humaines. Elle semble pourtant s'être développée avant l'apparition des premières formes de propriété privée. Dans quelles circonstances et selon quels processus cette subordination a-t-elle pu advenir ? La domination masculine a-t-elle profité d'emblée à tous les hommes ou à quelques-uns d'entre eux seulement ? En quoi est-elle liée à l'émergence de l'Etat et des classes sociales ? Dans quelle mesure certaines femmes ont-elles pu parfois s'intégrer aux couches dominantes ? Telles sont les principales questions abordées dans ce livre. Loin d'être simplement théoriques, elles ont leur place dans le combat contre les discriminations qui pèsent, aujourd'hui encore, sur les femmes, qu'elles soient salariées ou non, qu'elles appartiennent au monde occidental ou aux pays de l'Est. Cet ouvrage résulte d'une démarche inhabituelle. A la fois collectif, pluridisciplinaire, franco-américain, il utilise la méthode marxiste d'investigation des phénomènes sociaux. C'est aussi une recherche sans volonté dogmatique qui ouvre un débat, se prête aux discussions. Déjà publié en langue anglaise, ce livre a reçu un accueil favorable aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne: « Un nouveau livre remarquable... », The Guardian, octobre 1985. « Un livre comme celui-ci aide à combattre l'idée que l'oppression des femmes est inévitable et naturelle... », Socialist Organiser, juillet 1986. 187 pages Edition : 1987

    14,00 €
  • Vergès : Féminisme décolonial

    Dans le débat public, être décolonial est une infamie. Dans les universités, dans les partis de gauche et d’extrême gauche, les syndicats, les associations féministes, partout on traque une « pensée décoloniale » infiltrée et funeste pour le vivre-ensemble.
    Dans ce livre, Françoise Vergès élucide l’objet du scandale. Le féminisme décolonial révèle les impensés de la bonne conscience blanche ; il se situe du point de vue des femmes racisées : celles qui, travailleuses domestiques, nettoient le monde ; il dénonce un capitalisme foncièrement racial et patriarcal.
    Ces pages incisives proposent un autre récit du féminisme et posent toutes les questions qui fâchent : quelles alliances avec les femmes blanches ? Quelle solidarité avec les hommes racisés ? Quelles sont les première vie menacées par le capitalisme racial ? Pourquoi les néofascismes s’attaquent-ils aux femmes racisées ?
    Ce livre est une invitation à renouer avec la puissance utopique du féminisme, c’est-à-dire avec un imaginaire à même de porter une transformation radicale de la société.

    Françoise Vergès
    Féministe antiraciste, présidente de l’association « Décoloniser les arts », Françoise Vergès est l’auteure de plusieurs ouvrages et articles en français et en anglais sur l’esclavage colonial, le féminisme, la réparation, le musée. Dernier ouvrage paru : Le ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme (2017).

    édition : février 2019

    12,00 €
  • Vergès : Une théorie féministe de la violence

    Le langage officiel à propos de l’égalité hommes-femmes est un répertoire de violences : harcèlement, viol, maltraitance, féminicide.
    Ces mots désignent une cruelle réalité. Mais n’en dissimulent-ils pas une autre, celle des violences commises avec la complicité de l’État ? Dans cet ouvrage, Françoise Vergès dénonce le tournant sécuritaire de la lutte contre le sexisme. En se focalisant sur des « hommes violents », on omet d’interroger les sources de cette violence. Pour l’autrice, cela ne fait aucun doute : le capitalisme racial, les populismes ultra-conservateurs, l’écrasement du Sud par les guerres et les pillages impérialistes, les millions d’exilé•es, l’escalade carcérale, mettent les masculinités au service d’une politique de mort.
    Contre l’air du temps, Françoise Vergès nous enjoint de refuser l’obsession punitive de l’État, au profit d’une justice réparatrice.

    édition : novembre 2020

    12,00 €
  • Véronica Gago : Économies populaires et luttes féministes en Amérique du Sud

    L’Amérique du Sud est, depuis plusieurs décennies, un lieu d’expérimentation des politiques néolibérales. L’originalité du travail de Verónica Gago est de les observer et de montrer comment les classes populaires détournent les normes de compétitivité et de rentabilité en faveur d’autres formes de vie et de sociabilité.
    Dans les économies informelles des marchés populaires, les groupes subalternes s’approprient la rue, inventent d’autres pratiques économiques et mettent en cause la légitimité politique du néolibéralisme.
    C’est ce qui se joue dans l’incroyable marché de La Salada à Buenos Aires, lieu par excellence des sociétés bigarrées que décrit Verónica Gago, ou encore dans les ateliers textiles qui emploient l’essentiel des travailleurs migrants.
    Les luttes féministes contre les violences domestique et économique, contre l’endettement ou la précarité suscitent des formes d’organisation et de contestation locales capables de subvertir de l’intérieur des modes de domination imposés à l’échelle internationale.

    édition : juin 2020

    11,00 €
  • Vidal Aude : La conjuration des égo, féminisme et individualisme

    « Le mouvement #MeToo, qui se déploie depuis l'automne 2017, ne vient pas de nulle part. Il est l'héritier d'autres mouvements féministes : surgissement de l'acronyme LGBT et de ses extensions, de mots comme grossophobie, mecsplication ou manspreading, visibilité croissante des féminismes non-occidentaux ou décoloniaux et des cultures queer, des revendications trans et non-binaires, politisation du harcèlement de rue ou de l'écriture inclusive.
    Au milieu de ce foisonnement, il m'est arrivé de m'inquiéter de la destruction de certains acquis du féminisme. Car ceux-ci ne me semblent avoir perdu ni de leur pertinence, ni de leur urgence.
    L'individualisme, qui nous fait perdre de vue interdépendances et solidarités, et le libéralisme, qui suppose des libertés qui ne sont pas toujours partagées, infusent partout. Nous les avons bien intégrés, jusque dans les milieux les plus attachés à l'émancipation.
    Leur succès, et une convergence fortuite entre politiques libérales et milieux radicaux sur ce sujet, constitue une conjuration des ego, soit un dévoiement des idéaux d'égalité et de justice sous les coups d'un égoïsme ayant accédé à la dignité d'idéologie politique. »

    édition : octobre 2019

    7,00 €
  • Wollstonecraft : Défense des droits des femmes

    «J’espère que, quand on reverra la Constitution, les droits de la femme seront enfin comptés pour quelque chose et respectés comme ils doivent l’être, surtout quand il sera bien prouvé, comme cela ne peut manquer de l’être, que la raison exige que l’on fasse attention à leurs plaintes et réclame hautement justice pour une moitié de l’espèce.»
    Directement inspiré par la pensée des Lumières, un texte puissant et original, par une figure majeure du féminisme anglo-saxon.

    édition : mars 2016

    2,00 €