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Bensaïd Daniel


  • Bensaïd : Jeanne de guerre lasse

    Je sais que tu m'attendais, maiss tu n'auras que ma voix. Les images m'ont joué trop de mauvais tours. Pourquoi maintenant? Parce que le pire c'est d'être annexée par ceux-là mêmes qui m'ont persécutée. Et qui osent prétendre que mon martyre fut mon apothéose! M'abandonner à mes vainqueurs, ce serait perpétuer mon bûcher. Vous n'allez pas me laisser à Le Pen?...

    Sous la plume amoureuse de Daniel Bensaïd, nous revient une figure familière et vague, suspendue entre histoire et légende : Jeanne d'Arc. Du 8 mai, anniversaire de son triomphe, au 30 mai, anniversaire de son supplice, Jeanne s'en vient ainsi visiter notre époque incertaine où s'émoussent les convictions et renaissent les fanatismes. Vingt-trois nuits de diaiogue complice et enchanteur, où s'entremêlent politique et philosophie, foi et hérésie, droit et force, guerre et paix. Vingt-trois, comme les heures d'une journée trop tôt interrompue d'une vie inachevée.

    Magnifique lieu et enjeu de mémoire, où s'éprouvent inlassablement les passions de l'épopée nationale, Jeanne séduit parce qu'elle incarne ce principe de résistance universelle qui anime la grande fraternité des vaincus. En des temps tortueux, elle est toute droiture. En des temps de bavardage médiatique, toute justesse de parole.

    re édition : 16 mars 2017

    19,90 €
  • Bensaïd : Contes et légendes de la guerre éthique

    De la guerre du Golfe à celle des Balkans, apparaît un nouveau discours de la guerre que dénonce ici Daniel Bensaïd. L'intervention militaire au Kosovo a été saluée comme un événement fondateur: la victoire de l'Humanité sans frontières. Une grande première, donc: la "guerre éthique" désintéressée! Une histoire à dormir debout! Pour l'auteur, cette guerre qui refuse de dire son nom se présente comme une simple descente policière de maintien de l'ordre mondial. Le droit est-il désormais soluble dans la morale? Les souverainetés politiques dans la souveraineté éthique? Sous prétexte du "droit du plus faible", c'est en réalité la morale du plus fort qui prend le relais du droit du plus fort. Un discours aux relents de guerre sainte! Sous le masque avenant de l'oecuménisme humanitaire, l'Europe et l'Amérique sont engagés dans une nouvelle course à l'hégémonie mondiale. Sur ces nouveaux sentiers de la guerre, nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Le monde de demain qui s'y invente s'annonce gros de périls inédits. 175 pages Edition : 1999

    17,10 €
  • Bensaîd : Eloge de la politique profane

    Alors que, depuis le XVIIe siècle, la modernité politique articulait un ordre territorial, un principe de souveraineté, un système de régulation internationale des conflits, ce modèle est entré récemment en crise sous le choc de la globalisation et de la privatisation du monde. L'espace public rétrécit à vue d'œil sous la poussée des appétits privés. La citoyenneté dépérit sous le règne anonyme des marchés financiers. Le droit international est mis à mal par la logique de la guerre globale, sans limites ni frontières. Les peuples se décomposent en meutes, les classes en masses. Les partis capitulent devant le despotisme des sondages et le tribunal des experts. Quand la politique s'efface ainsi devant les décrets d'une économie automate, la cote des idoles et des dieux est à la hausse : le sacré revient en force. Comment penser l'avenir d'une politique profane en ces temps obscurs ? Daniel Bensaïd est professeur de philosophie à l'université de Paris-VIII. Il a publié plusieurs ouvrages de philosophie politique, parmi lesquels Marx l'intempestif (1995), La Discordance des temps (1995), Le Pari mélancolique (1997) et Qui est le juge ? (1999). 360 pages édition :janvier 2008

    22,30 €
  • Bensaïd : Fragments mécréants, sur les mythes identitaires et la république imaginaire

    « La multiplication d’incidents racistes (antisémites ou arabophobes), appels, pétitions, dessine une spirale mortifère. En quête de frontières introuvables, l’Union européenne invoque ses racines chrétiennes. Désintégration sociale et désespérance politique alimentent le repli sur des identités mythiques, exclusives et vindicatives, religieuses, ethniques, ou communautaires.
    Affolé par les "invasions barbares" d’une société en miettes, le pouvoir politique prétend faire d’une République imaginaire, vidée de ses forces fondatrices, une ligne Maginot illusoire. Les pouvoirs religieux cherchent à réinvestir l’espace public en réactivant les "valeurs" les plus traditionnelles.
    […] L’Être éternel, la quête des origines, tendent à prendre le pas sur les incertitudes du devenir et l’ouverture des possibles. Les résistances à l’universalité marchande, aux nouvelles dominations impériales, à l’uniformisation culturelle, les résistances hésitent entre de nouvelles formes de solidarité et un déchaînement de la guerre des dieux. […] Quelles pourraient être les sources aujourd’hui d’une "laïcité militante" (qui ne soit pas l’alibi de la Raison d’État) et d’un athéisme athée (ou révolutionnaire) ?
    […] Il ne s’agit pas d’une thèse académique, mais bien de "fragments mécréants" (inspirés de faits divers, de controverses, de luttes, de textes et de livres) pour une mosaïque future. »

    Pourquoi republier ce livre, douze après sa première parution ? Parce qu’il est l’un des meilleurs de Daniel Bensaïd, allègre, tranchant, ne négligeant rien de ce qui se passait alors et qui change tout, très vite, changements difficiles à mesurer mais tous faits, si l’on n’y prend pas garde, pour éloigner la pensée de situations inédites, imprévues, fatales. Il s’agit à chaque page de ce livre que la pensée ne soit pas dessaisie, et qu’elle continue de documenter et constituer l’action qu’en militant autant qu’en intellectuel Bensaïd vise et poursuit (même si c’est par un intellectuel bien plus que par un militant que ce livre a été écrit, et bien écrit – où il s’adonne au libre plaisir de la littérature, qu’il aimait).

    Surtout, parce que ce livre est de la nécessité la plus grande aujourd’hui. Montre-t-on, à gauche de la gauche, dans son ancien parti même, des pudeurs regrettables, rechignant à nommer ce qui se passe et à dire comment y réagir ? Se divise-t-on même sur l’analyse qu’il y a lieu d’en faire (partageant les torts, oui, mais les tenant pour presque égaux) ? Veut-on qu’on se prive du droit, chèrement acquis, de rire des dieux, de les blasphémer, par égard pour ceux qui croient ? Lui, pas, qui tranche, qui anticipe ; qui anticipe si bien sur ce qui est depuis survenu (les attentas), et qui s’impose partout, que la position qu’il prend par avance vaut pour la position qu’il est pressant de soutenir aujourd’hui. Celle de la mécréance – auquel il en appelle dès le titre –, d’une mécréance de principe, celle de l’athéisme.
    Position qu’il soutient sans ambages ni inutiles précautions oratoires : contre la « quête pathologique des origines », et « une revanche de la filiation sur la citoyenneté », une « une relance et un approfondissement de la mécréance, un corps à corps profane avec nos fétiches cachés, une critique implacable de la tentation de croire ».
    « Si un étudiant catholique créationniste refuse de souiller ses oreilles par un cours blasphématoire sur Darwin, si un étudiant fondamentaliste juif se sent écorché par un cours non moins blasphématoire sur l’excommunié Spinoza, et si un étudiant musulman ne supporte pas la poésie de Baudelaire, qu’ils aillent se faire bénir ailleurs. Acquis de haute lutte, le droit de lire Spinoza et Darwin, Sade et Baudelaire, Flaubert et Bukowski, est désormais imprescriptible. »

    édition : janvier 2018

    16,00 €
  • Bensaid : Fragments radiophoniques

    Au cours de deux séances d’enregistrement en 2007 et 2008, Daniel Bensaïd se prête à un exercice radiophonique. Autour de 12 dates, souvent associées à des figures marquantes du mouvement ouvrier, il donne à entendre sa vision des évènements : Révolution d’octobre, guerre d’Espagne, assassinat de Lumumba, Chili 73... chute du mur de Berlin. Ces 12 dates retracent un « court vingtième siècle », avec des choix nécessairement partiels et partiaux. On entend, ou plutôt on lit, certaines des principales analyses qui structurent la pensée de Daniel Bensaïd, mais aussi celle d’une partie de la gauche radicale en ce tout début de 21e siècle. Exercice passionnant, Daniel Bensaïd y déploie un récit foisonnant de références et d’expériences personnelles. Lui, à qui «l’histoire a mordu la nuque» reste capable de nous embarquer avec autant d’érudition que de chaleur dans l’histoire et ses bifurcations pour penser la suite : « on entre dans une nouvelle étape, mais dans cette nouvelle étape, selon une formule qui m’est chère, on recommence par le milieu, on ne recommence pas à zéro ».

    Pour poursuivre l’aventure, 10 ans après la disparition du militant philosophe, nous avons demandé à certains amis de réagir à ces enregistrements : entre héritage, dette intellectuelle et politique ils et elles nous disent comment continuer à penser nos luttes pour l’émancipation dans un monde qui a définitivement basculé dans un autre siècle.

    Édition : Croquant mars 2020

    12,00 €
  • Bensaïd : L'anti-Rocard ou les haillons de l'utopie

    Ce livre est un bêtisier de la pensée réformiste. Rocard, qui l’incarne avec le plus d’enflure satisfaite, y sert de fil conducteur. L’originalité qu’il affiche et la différence à laquelle il prétend ne sont qu’un habillage idéologique rénové pour les vieilles politiques de collaboration de classe.
    C’est pourquoi il se trouve inévitablement au point de rencontre de la vieille social-démocratie, des courants eurocommunistes européens et de certaines tendances de la bureaucratie syndicale (dans la CFDT mais aussi dans la CGT). Ce « petit marquis » est passé maître dans l’art de conjuguer l’autogestion au futur et la gestion au présent, d’aller au-devant des projets néolibéraux de la bourgeoisie moderniste, d’escamoter le passé compromettant de la social-démocratie, au nom de la confrontation entre les « deux cultures » (autogestionnaire et stalino-jacobine) qui partageraient historiquement le mouvement ouvrier français.

    Économiste du désir et apôtre de l’auto-assistance, les « nouveaux utopistes » entrent avec lui dans la carrière de la mode, à la suite des nouveaux philosophes et des nouveaux économistes. À quoi sert Rocard ? Le marxisme est-il malade de l’État ? L’expérimentation sociale ou l’autogestion peuvent-elles tenir lieu de stratégie révolutionnaire ?

    Au fil de ces questions apparaissent les impasses politiques, les révisions théoriques, le néant stratégique du réformisme (social-démocrate ou d’origine stalinienne) face à la crise du capitalisme. Face à ces utopies en guenilles et haillons, pour temps de vaches maigres, la lutte pour un communisme authentiquement révolutionnaire est plus actuelle et nécessaire que jamais.

    188 pages Edition La Brèche : 1980

    11,00 €
  • Bensaïd : La discordance des temps. Essais sur les crises, les classes, l'

    Renversement du mur de Berlin et désintégration de l'Union soviétique, guerre du Golfe et guerres des Balkans, génocide rwandais et guerre civile algérienne : en quelques années, le décor d'un monde familier a basculé. Ce qui paraissait immuable est parti en fumée, dans une sorte d'indifférence et presque sans étonnement. Il est encore tôt pour évaluer la portée de cet anti-événement, sans élan ni rayonnement, qui défait sans fonder. La confusion de ces temps désaccordés exige de conjuguer la nécessaire lenteur de la réflexion et l'urgente impatience de l'action. Ce livre s'efforce d'y contribuer à partir de trois questions brûlantes : en s'appuyant sur une introduction aux lectures du Capital, il revient sur l'organisation conceptuelle des temporalités économiques et politiques, sur leurs catégories spécifiques de rotations, cycles, et crises, indispensables pour mettre en perspective les convulsions du présent. Puis, il s'efforce de saisir l'articulation spécifique et la transversalité du conflit de classes par rapport aux autres modes de conflictualité sociale : domination hiérarchique d'ordres et de castes, oppressions de sexe, affrontements communautaires (nationaux, ethniques ou religieux) dans le contexte inédit de la mondialisation en cours. Il revient enfin sur la déconstruction du fétichisme historique en se basant sur des études de textes de Charles Péguy, Ernst Bloch, Walter Benjamin et Jacques Derrida. Une contribution à la critique de la modernité marchande et de ses croyances ordinaires. 301 pages Edition : 1995

    28,00 €
  • Bensaïd : La politique comme art stratégique

    Hannah Arendt s’inquiétait que la politique puisse disparaître complètement du monde. Les désastres du siècle étaient tels que la question de savoir si « la politique a finalement encore un sens » devenait inévitable. Les enjeux de ces craintes étaient déjà éminemment pratiques : « Le non-sens auquel la politique tout entière est parvenue est attestée par l’impasse dans laquelle les questions politiques particulières se précipitent. » Pour elle, le totalitarisme était la forme de cette disparition redoutée. Nous avons aujourd’hui affaire à une autre figure du péril : le totalitarisme à visage humain du despotisme de marché. La politique s’y trouve laminée entre l’ordre naturalisé des marchés financiers et les prescriptions moralisantes du capital ventriloque. Fin de la politique et fin de l’histoire coïncident alors dans l’infernale répétition de l’éternité marchande. L’idée d’une autre société est devenue presque impossible à penser, et d’ailleurs personne n’avance sur le sujet dans le monde d’aujourd’hui. Nous voici condamnés à vivre dans le monde où nous vivons. Le philosophe Daniel Bensaïd, récemment disparu, tente ici de répondre à cette désespérance en portant son attention aux débats du mouvement altermondialiste, en interrogeant Marx, Lénine et les années 1970, notamment en Europe du Sud et en Amérique latine. Dans ce recueil de textes; il s’agit tout à la fois de souligner des continuités et des ruptures, afin de donner de la profondeur théorique et historique aux controverses actuelles. Pour Daniel Bensaïd une politique de l’opprimé ne pouvait contourner les questions stratégiques, mais devait, au contraire les mettre au centre. édition : février 2011 140 pages

    10,00 €
  • Bensaïd : Le nouvel internationalisme

    La mondialisation de l'époque victorienne avait eu pour contrepartie la fondation de la Première Internationale. La mondialisation libérale s'accompagne d'une globalisation planétaire des résistances, dont témoignent les contre-sommets de Porto Alegre ou de Gênes, les manifestations de Seattle ou de Florence, la multiplication des Forums sociaux par régions ou continents. Depuis une quinzaine d'années, un nouvel internationalisme prend ainsi son essor. Il s'oppose aussi bien au cosmopolitisme marchand qu'aux replis « souverainistes » et aux « paniques identitaires ». Rassemblant syndicats ouvriers ou paysans, mouvements écologistes et féministes, organisations non gouvernementales et mouvements culturels, clubs de réflexion et réseaux de revues, ce mouvement confronte pour la première fois les traditions anciennes du socialisme européen ou nord-américain aux expériences plus récentes d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique latine. DANIEL BENSAÏD, militant et philosophe a notamment publié : Le pari mélancolique , Marx l'intempestif : grandeurs et misères d'une aventure critique (XIXè, XXè siècles) ,et plus récemmentl Éloge de la résistance à l'air du temps, Contes et légendes de la guerre éthique, Les irréductibles, théorèmes de la résistance à l'air du temps et Passion Marx, les hiéroglyphes de la modernité (2001). 185 pages édition : avril 2003

    18,30 €
  • Bensaïd : Le pari mélancolique

    La politique est d'abord affaire d'espace et de temps. Chaque époque se définit ainsi par les coordonnées spatiales et temporelles qui s'imposent aux hommes et déterminent leur liberté d'agir. Tel est le point de départ de cet essai, tourné vers la compréhension des conditions dans lesquelles nous pouvons prétendre changer le monde. À quoi assistons-nous aujourd'hui ? Les espaces de l'économie, de l'écologie, du droit, de l'information se chevauchent et se contrarient. Les temps de la production, de la circulation, des messages s'enchevêtrent et se contredisent. Dans ce dérèglement général, les repères familiers de la souveraineté et de la représentation se dérobent, les promesses de progrès s'obscurcissent. Ces métamorphoses appellent une redéfinition de l'échelle et des rythmes de l'action publique. Suspendue entre «déjà plus» et «pas encore», l'époque hors de ses gonds connaît une transformation des procédures guerrières. Elle voit naître une nouvelle figure de l'étranger. Elle s'égare devant l'énigme géopolitique de l'«humanité européenne». Agir au plus près de ce monde nouveau, sans les garanties illusoires de la Providence divine, de l'Histoire universelle ou de la Science toute-puissante, exige un sens profane de la responsabilité indissociablement éthique et politique. Aux certitudes de la foi ou de la raison succèdent les incertitudes humaines du parieur mélancolique, compagnon de jeu de Pascal et de Mallarmé. Car il est mélancolique, et pourtant nécessaire, ce pari sur les possibles contre le sens unique du réel et la résignation à ses contraintes. 301 pages Edition : 1997

    20,30 €
  • Bensaïd : Les dépossédés. K.Marx, les voleurs de bois et le droit des pauvres

    En 1842, Karl Marx publie une série d’articles concernant les débats à la Diète rhénane à propos du vol de bois. Droit de propriété, liberté de la presse, rapport du délit à la peine : tels sont les enjeux de ces articles. L’essor du capitalisme entraînait alors un déplacement de la ligne de partage entre le droit coutumier des pauvres (glanage ou ramassage du bois mort) et le droit de plus en plus envahissant des propriétaires. Deux ans plus tôt, le fameux pamphlet de Proudhon Qu’est-ce que la propriété ? avait fait scandale en s’en prenant aux justifications libérales de l’appropriation privée. Plus d’un siècle et demi plus tard, les controverses en cours sur le brevetage du vivant, la propriété intellectuelle, le droit opposable au logement, etc., donnent aux questions théoriques et juridiques soulevées à l’époque une troublante actualité. À partir d’une lecture des articles de Marx, Daniel Bensaïd revient sur les sources philosophiques du débat pour en dégager les enjeux actuels. Aujourd’hui comme hier, les dépossédés se soulèvent contre la privatisation du monde et la logique glaciale du calcul égoïste. 130 pages édition : septembre 2007

    9,20 €
  • Bensaïd : Les trotskysmes

    S'opposant à Staline dès les années 1920, Léon Trotsky, théoricien marxiste et chef de l'Armée rouge, a tenté de perpétuer le souffle de la révolution communiste internationale. Exilé puis assassiné en 1940, il a légué un héritage que se sont disputés les divers courants se réclamant de son combat. Aussi est-il préférable, pour retracer l'histoire de ce mouvement protéiforme, de parler aujourd'hui de trotskysmes au pluriel. Des controverses théoriques aux épreuves historiques, en passant par la double répression fasciste et stalinienne, la politique singulière de l'« entrisme » et l'effort pour s'orienter dans le labyrinthe d'une histoire plus sinueuse que prévu, c'est l'aventure de ceux et celles qui ont cherché avec passion à sauver l'honneur du communisme révolutionnaire qui est retracée ici. Daniel Bensaïd. Enseignant en philosophie à l'Université de Paris VIII Saint-Denis, Daniel Bensaïd est également membre de la direction de la Ligue communiste révolutionnaire depuis sa création. 128 pages Edition : 2002

    9,00 €
  • Bensaïd : Marx l'intempestif. Grandeurs et misères d'une aventure critique

    L'effondrement des dictatures de l'Est européen n'est pas seulement une bonne nouvelle politique. C'en est une aussi pour la pensée, et notamment pour la tradition critique qui, depuis des siècles, travaille à mettre au jour le fondement du règne de la marchandise. Marx fut longtemps considéré comme le plus perspicace analyste de ce pouvoir-là. Et puis le dogmatisme s'empara de sa légende, lui construisit un mausolée, et annexa son oeuvre. Que l'on n'attende pas pour autant de ce livre la révélation d'une pensée pure, enfin débarrassée de ses scories politiques. Car à y regarder de près, il apparaît clairement que Marx aura passé sa vie à se chamailler avec son ombre, à se débattre avec ses propres spectres. Et il s'agit bien moins ici d'opposer un Marx originel à ses contrefaçons que de secouer le lourd sommeil des orthodoxies afin de dégager la cohérence théorique d'une entreprise critique dont l'actualité ne fait pas de doute: le fétichisme marchand n'a-t-il pas conquis jusqu'aux confins de la planète ? En montrant d'abord ce qu'à coup sûr la pensée de Marx n'est pas : ni une philosophie de la fin de l'histoire, ni une sociologie empirique des classes annonçant l'inévitable victoire du prolétariat, ni une science propre à mener les peuples du monde sur les chemins de l'inexorable progrès. Ces trois critiques - de la raison historique, de la raison économique, de la positivité scientifique - se répondent et se complètent. Elles sont au coeur de l'entreprise critique de Marx, et forment donc logiquement l'armature de ce livre. En expliquant ensuite, et du même mouvement, à quoi peut servir aujourd'hui la relecture des grands textes (Le Capital surtout), en quoi ils contribuent à répondre aux interrogations contemporaines sur le sens de l'histoire et la représentation du temps, sur le rapport qu'entretiennent les contradictions sociales et les autres modes de conflictualité (selon le sexe, la nationalité, la religion), sur la validité du modèle scientifique dominant, ébranlé par les pratiques scientifiques elles-mêmes. De ce Marx intempestif - n'hésitant pas à rompre en son temps avec les canons scientifiques et politiques les plus largement partagés, ressuscité quand on croyait ses cendres définitivement dispersées -, il fallait dresser le bilan après inventaire. Voilà qui est fait avec science, esprit de suite et verve critique. 415 pages Edition : 246

    27,50 €
  • Bensaïd : Marx mode d'emploi

    Dans les années 80, en pleine offensive néolibréale, le magazine Newsweek pouvait titrer, triomphalement : « Marx est mort. »
    Mais les spectres ont la peau dure. Aujourd'hui, Marx est de retour. En ces temps de crise fracassante du capitalisme et de grande débandade idéologique, on le redécouvre. Même le très libéral conseiller de l'Élysée, Alain Minc, s'est récemment déclaré « marxiste » - sans rire - en matière d'analyse économique.
    Mais qui fut Marx ? Qu'a-t-il vraiment dit ? Ce petit ouvrage offre une introduction ludique à sa pensée, sa vie, son œuvre. Un panorama clair et souvent drôle qui associe bande dessinée et philosophie, humour et esprit de synthèse pour présenter dans toute son actualité la pensée du principal théoricien de l'anticapitalisme.
    Marx est resté célèbre pour son explication des contradictions et des crises du capitalisme. Pour en savoir plus, on suivra le roman policier du Capital : à la recherche de la valeur perdue, on retracera les mécanismes de l'accumulation du capital jusqu'à percer le secret du fétichisme de la marchandise.
    À la fois aide-mémoire, cours d'introduction et lecture récréative, Marx, mode d'emploi, offre une petite trousse à outils pour la pensée et pour l'action

    Daniel Bensaïd, professeur de philosophie à l'université Paris-VIII, est militant du Nouveau parti anticapitaliste. Il est l'auteur de plusieurs essais, dont Marx l'intempestif et Passion Marx, ou les hiéroglyphes de la modernité .

    215 pages édition poche septembre 2014

    9,50 €
  • Bensaïd : Moi la révolution

    Daniel Bensaïd hait les compromis et la tiédeur, et reproche profondément à l’Histoire d’arracher sa ferveur à l’événement, d’éradiquer consciemment de son récit l’irruption passionnée des enjeux sociaux et politiques, pour ne laisser à notre mémoire qu’une carcasse vidée de son enthousiasme et de sa puissance créatrice. Derrière la passion du ton, l’auteur se veut objectif et cherche à ne rien gommer, à tout dire en clair, à jouer la franchise, en somme ; ainsi fait-il dire à la Révolution : « La Terreur, j’en ai ma part… c’est mon fardeau et mon destin », conduisant sur ce thème d’astucieux développements.
    Tout le monde ne tombera pas d’accord sur ce livre, il n’est d’ailleurs pas fait pour cela. Polémique et ravageuse, cette Révolution-là, si vif argent soit-elle, a le salutaire mérite de créer la surprise et de proclamer bien haut qu’aplanir les passions et édulcorer l’effraction du quotidien a parfois des couleurs de détournement de sens. Quoi qu’on en pense, c’est un vrai débat. (Arlette Farge)

    édition : septembre 2017

    20,00 €
  • Bensaïd : Octobre 17

    ATTENTION : DISPONIBILITE LE 22 AOUT

    -Préface de Sophie Wahnich
    -Questions d'Octobre
    -Lénine ou la politique du temps brisé
    -L'Etat, la démocratie et la révolution, retour sur Lénine et 1917
    -Le petit doigt de Staline
    -L'héritage inachevé de la IIIè Internationale

    édition : septembre 2017

    17,00 €
  • Bensaïd : Passion Karl Marx, les hiéroglyphes de la modernité

    C'est un Marx profane que Daniel Bensaïd fait revivre ici.

    Un Marx libéré de l'icône religieuse qui a pétrifié sa théorie en dogme. Un Marx en prise avec les misères matérielles, les servitudes familiales, avec les épreuves de l'amitié comme les passions politiques. Conjuguant l'image et le texte, avec plus de 45o documents et une riche correspondance avec Engels bien sûr, mais aussi avec sa mère et ses proches, ce livre met en lumière le face à face entre un extraordinaire penseur et l'époque dont il cherche à dévoiler les secrets. C'est à la construction d'une oeuvre prométhéenne que nous assistons ici, celle du « livre maudit » que Marx porte en lui, déchiffrant les hiéroglyphes de la modernité en proie avec le fétichisme tyrannique de la marchandise.

    192 pages

    25,00 €
  • Bensaïd : Penser Agir, pour une gauche anticapitaliste

    À l’heure où une véritable gauche de combat prend corps (le congrès fondateur d’un « nouveau parti anticapitaliste » est prévu en janvier 2009), Daniel Bensaïd propose sa réflexion sur les évolutions de la « gauche de gauche » intervenues depuis la chute du mur de Berlin et qui ont conduit à sa présente « recomposition ». Penser, Agir explicite les raisons qui ont poussé la LCR à décider de sa dissolution et pose des jalons pratiques et théoriques pour le nouveau parti. « Assez pensé maintenant ! ». Cette injonction de la ministre en exercice de l’économie et de finances, restera peut-être comme la maxime d’une époque obscure; : assez pensé, place aux marchés ventriloques et aux marchands de temps de cerveau disponible. Pensons au contraire à ce qui nous est advenu et qui n’est jamais tout à fait dernière nous, mais nous attend encore au prochain tournant. Pourquoi et comment les grandes espérances du XXe siècle ont-elles fait naufrage ? Comment les rêves d’émancipation ont-ils pu virer au cauchemar? Qu’en est-il de la grande idée communiste après l’effondrement de sa contrefaçon bureaucratique? Qu’en est-il de la validité contemporaine de l’héritage marxiste? Et de la- dialectique comme travail subversif de l’ordre despotique du capital ? Pensons, mais pensons pour agir au présent. Pour ne pas céder aux fatalités d’une économie automate et d’une histoire réduite à la célébration du fait accompli. Les textes en grande partie inédits ou introuvables rassemblés dans ce volume occupent une séquence de vingt années, de la chute du Mur et de la désintégration de l’Union soviétique aux combats actuels pour la construction d’un nouveau parti anticapitaliste, en passant par l’effondrement de l’orthodoxie stalinienne et la conversion de la social-démocratie à l’idolâtrie marchande. Les va-et-vient que ce recueil propose entre théorie et pratique font de lui la véritable « boite à idées » (et à outils) du Nouveau Parti Anticapitaliste (« N.P.A. », dont le nom définitif sera décidé en janvier prochain). Penser Agir 1. Qu’ont il fait des rêves de gauche (1991) 2. Renouer le fil (1993) 3. La mutation improbable du parti communiste (1996) 4. Histoire et politique (1998) 5. Troisième voie : le calvaire de la gauche du centre (1998) 6. Les révolutions du 21e siècle (2001) 7. Après le désastre (2002) 8. Le nouveau et l’ancien (2003 9. Une nouvelle gauche européenne (2003) 10. Retour de la question politique (2006) 11. Dialectique et révolution (2006) 12. Réponse au groupe russe Vpered (2006) 13. Une crise stratégique (2007) 14. Une reconstruction sociale et politique (2007) 15. Nouvelle époque, nouveau parti 16. Questions pour un nouveau parti anticapitaliste 17. Requiem pour une gauche défunte ... À suivre * La citation complète est la suivante : « Que de détours pour dire une chose au fond si simple : il faut que le travail paye. Mais c’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant. Retroussons nos manches. » Assemblée nationale, le 10 juillet 2007 Épreuves, renseignements : nous écrire Imprimer cette page 350 pages édition : novembre 2008

    17,30 €
  • Bensaïd : Qui est le juge ?

    Un mal hante l'époque : la manie compulsive de juger. Tout le monde semble vouloir juger tout le monde, comme si cette escalade judiciaire était de nature à pallier l'obscurcissement de la politique et l'affaissement du civisme.
    Pourtant, qu'il s'agisse des grands procès pour crime contre l'humanité ou de l'expérience des tribunaux pénaux internationaux, le jugement sonne faux. Sa justice manque de justesse.
    Des événements récents à fort retentissement médiatique permettent de prendre la mesure du problème. L'affaire Pinochet : à quelles conditions l'humanité peut-elle devenir source de droit et comment juger les dictateurs ? Les procès pour crime contre l'humanité : quel usage en faire, quand sa définition évolue tant ? Le procès Papon : comment, cinquante ans après, démêler les faits, distinguer les responsabilités individuelles de celles de l'État ? La table ronde des historiens organisée par le journal Libération pour soumettre à l'examen les accusations de Gérard Chauvy contre Lucie et Raymond Aubrac : peut-on éviter que l'expertise historique dégénère en instruction ? Ce malaise n'est pas seulement celui du droit, il est tout autant celui de l'histoire : plutôt que d'accepter la fragile incertitude du jugement humain, la tentation reste forte en effet d'en appeler à de vieux fétiches majuscules, l'Histoire ou l'Humanité, de glisser du jugement historique toujours en appel au tribunal définitif de l'Histoire.
    Contre cette tentation, je me suis efforcé tout au long de ce livre de définir les conditions politiques d'un juste exercice du jugement en matière historique, où mémoire, deuil et oubli contribuent chacun à sa façon à l'institution d'une société consciente et responsable.
    D. B. 264 pages Edition : 1999

    20,00 €
  • Bensaïd : Résistances. Essai de taupologie générale

    De Shakespeare à Marx, la taupe est la métaphore de ce qui chemine obstinément, des résistances souterraines et des irruptions soudaines. Creusant avec patience ses galeries dans l'épaisseur obscure de l'histoire, elle surgit parfois au grand jour, dans l'éclat solaire de l'événement. Elle incarne le refus de se résigner à toute idée que l'histoire serait parvenue à son terme. Cet essai de taupologie générale explore les figures philosophiques de cette résistance à travers de grands penseurs contemporains, notamment Louis Althusser, Alain Badiou, Jacques Derrida, Antonio Negri ou Françoise Proust. Si les désastres du siècle écoulé ont ruiné les grandes espérances d'antan, il n'en est que plus nécessaire de déchiffrer le rapport entre l'histoire et l'événement, où s'enracine la possibilité d'une action politique rebelle aux déraisons d'une économie érigée en destin implacable. Car elle creuse encore, cette vieille amie la taupe. Daniel Bensaïd est maître de conférences de philosophie à l'université de Paris-VIII. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels Walter Benjamin, sentinelle messianique (1990), Marx l'intempestif (1995), Le Pari mélancolique (1997), Qui est le juge ?(1999). Pierre Wiaz a apporté sa collaboration taupologique à cet essai (dix dessins in-texte). 250 pages Edition : 2001

    18,90 €
  • Bensaïd : Stratégie et parti

    Des années 1960 à sa mort, en 2010, la question stratégique a été au coeur de la réflexion de Daniel Bensaïd.
    La brochure Stratégie et parti, publiée en 1986, proposait de faire le bilan d’un siècle d’expériences révolutionnaires, dans une période marquée par un fort recul du mouvement ouvrier, et où la perspective d’une crise révolutionnaire semblait de plus en plus lointaine. Il s’agit de cerner au plus près les différents moments et contextes dans lesquels les révolutionnaires ont mis leurs hypothèses à l’épreuve de la réalité, parfois pour le meilleur et souvent pour le pire…
    Au cours de cet exposé pédagogique, il présente un marxisme vivant, nourri des luttes sociales et politiques réelles. À l’heure où l’on voit réapparaître à gauche des débats sur la démocratie (représentative ou directe ?), l’organisation (la forme parti est-elle dépassée ?) et le pouvoir politique (faut-il construire une alternative en marge de l’État ou bien aspirer à conquérir l’appareil d’État ?), il nous semblait nécessaire de rendre à nouveau disponible ce petit ouvrage. Ugo Palheta et Julien Salingue ont rédigé pour cette occasion un long texte introductif, qui revient sur la place de la stratégie dans la pensée de Bensaïd et esquisse des pistes pour la gauche radicale contemporaine.

    Daniel Bensaïd (1946-2010), philosophe et militant trostkiste, est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Éloge de la politique profane et Walter Benjamin, sentinelle messianique. Ugo Palheta est maître de conférences en sciences de l’éducation à l’Université Lille-3. Il est l’auteur de La Domination scolaire. Sociologie de l’enseignement professionnel et de son public (PUF, 2012). Julien Salingue est docteur en sciences politique, spécialiste de la Palestine.

    édition : Prairies ordinaires mars 2016

    18,00 €